Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont-ils relevé le défi du débat d'entre-deux tours ?

Capture d'écran du débat de l'entre-deux tours de la présidentielle 2022 : Emmanuel Macron (g) et Marine Le Pen (d)
Capture d'écran du débat de l'entre-deux tours de la présidentielle 2022 : Emmanuel Macron (g) et Marine Le Pen (d) ©AFP - Ludovic MARIN
Capture d'écran du débat de l'entre-deux tours de la présidentielle 2022 : Emmanuel Macron (g) et Marine Le Pen (d) ©AFP - Ludovic MARIN
Capture d'écran du débat de l'entre-deux tours de la présidentielle 2022 : Emmanuel Macron (g) et Marine Le Pen (d) ©AFP - Ludovic MARIN
Publicité

À quatre jours du second tour de la présidentielle, les deux finalistes abattaient leurs dernières cartes hier soir. Quand Emmanuel Macron devait montrer qu’il a entendu les Français Marine Le Pen devait rassurer sur les aspects extrémistes de son programme.

Avec

Comme à chaque entre-deux tours ce devait LE rendez-vous, sinon décisif à tout le moins déterminant. Et comme à chaque entre-deux tours, le débat présidentiel d'hier soir ce sera surtout révélé sans surprise. En réalité, parce qu'il opposait a priori deux France impossibles à réconcilier on ne sera guère surpris de constater que pendant près de 3 heures chacun des deux candidats aura pour l'essentiel campé sur ses positions. Mais sans jamais réussir à faire la différence. Quand Marine le Pen, tout en cultivant une contenance courtoise et souriante aura dressé le constat d’une France qui va mal cernée par l’insécurité ; Emmanuel Macron, tout en assumant le risque de paraître arrogant aura lui esquissé le portrait d’une France qui s’en sort mieux.

Pour le reste et sur le fond, l'actuel locataire de l’Élysée et la candidate d’extrême droite étaient en désaccord sur presque tous les sujets : l'économie, le social, l'écologie, la politique européenne. Un contraste saisissant, révélé d'ailleurs par certains accrochages parfois acides même si, à rebours de leur joute de 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen auront plutôt joué la retenue. Bref, l’impression que l’un comme l’autre sont restés dans leurs couloirs.

Publicité

Et pourtant, parce qu'une éventuelle forte abstention pourrait bien venir brouiller le jeu dimanche prochain, tout l'enjeu pour les deux finalistes n'était certainement pas de convaincre leurs électeurs respectifs de l'intérêt de leurs programmes, mais plutôt de donner des gages à ceux qui ne souhaitent voter ni pour l'un ni pour l'autre. Or, à cet égard, le pari semble bel et bien perdu. D'un côté, la candidate du Rassemblement national qui devait absolument se défaire de l’héritage raciste et europhobe de son père n'aura probablement pas rassuré tous ceux qui l'accusent de camoufler un programme d’extrême droite anti-immigration. De l'autre, rien ne dit que le ton souvent professoral et les sourires parfois moqueurs du président sortant auront su donner de lui l'image d'un chef d'État qui a entendu les Français.

Invité de la rédaction : Brice Teinturier, enseignant à Sciences Po et directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos France.

Brice Teinturier : Ce débat n’a pas permis, ni d’un côté ni de l’autre, d’élargir substantiellement la mobilisation."

6 min

Dans cette élection présidentielle, on fait un peu "comme si" : comme si les rituels étaient respectés, le débat de l’entre-deux-tours, la scène politique et électorale qui, évidemment, est fondamentale, avec un second tour… Sans voir à quel point ce second tour est sans espérance. On a eu trois France à l’issue du premier tour, on cherche à les faire rentrer dans deux France seulement et ça coince. Cela veut dire que des pans entiers de la société ne se sentent pas représentés et quand vous regardez l’image d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, notamment auprès d’électeurs du premier tour qui ont voté pour [Jean-Luc] Mélenchon ou [Valérie] Pécresse ; cette image est exécrable dans les deux cas.

Journal de 7 h
12 min

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Les autres titres de l'actualité

Depuis ce matin la ville martyre de Marioupol incarne plus que jamais le destin tragique des ukrainiens, victimes de l'agression des forces russes. La cité portuaire est désormais sous contrôle quasi total de l'ennemi.

Une salve de roquettes, la seconde cette semaine, a été tirée hier soir depuis la bande de Gaza. Dans la foulée, l'armée israélienne a mené une série de frappes sur l'enclave sous contrôle des islamistes du Hamas.  Ces échanges de tirs sont parmi les plus intenses depuis la fin de la guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas l'an dernier et la question que tout le monde se pose, à présent, est de savoir si le même scénario est susceptible ou non de se répéter ?

L'équipe