Une femme retirant le masque de protection déambule dans les rues de Paris .
Une femme retirant le masque de protection déambule dans les rues de Paris .
Une femme retirant le masque de protection déambule dans les rues de Paris . ©AFP - Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Une femme retirant le masque de protection déambule dans les rues de Paris . ©AFP - Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Une femme retirant le masque de protection déambule dans les rues de Paris . ©AFP - Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Résumé

Depuis ce matin, masques et pass vaccinal peuvent enfin rester dans la poche. La plupart des restrictions anti-Covid ont été levées en France, sur fond d'appel toutefois à la prudence face au "rebond" de l'épidémie.

avec :

Arnaud Fontanet (Directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris).

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Si depuis 19 jours maintenant l’actualité ne s’écrivait pas en lettres de sang aux portes de l'Europe dans ce que l'on qualifiera d'enfer ukrainien, sans doute n’aurions-nous pas manquer de célébrer une véritable libération aujourd'hui : le fait de pouvoir respirer à nouveau tout en se souriant les uns les autres à visage découvert. Mais quand la sortie tant espérée de ce long et profond tunnel débouche sur une nouvelle crise, difficile évidemment de parler d'un retour serein à la vie d'avant. Toujours est-il que depuis ce matin, la plupart des restrictions sanitaires qui rythmaient notre quotidien depuis deux ans ont été levées. Désormais, toute personne qui le désire peut donc accéder aux cinémas, théâtres, restaurants, sans justifier d'un pass vaccinal. Ou bien encore arpenter visage découvert les couloirs des écoles et les rayons des commerces. Il n'est pas pour autant question de la fin du masque, qui reste obligatoire dans les transports et dans les établissements de santé. Les entreprises peuvent toujours décider de l'imposer à leurs employés et le ministère de l'Education le recommande "fortement" aux cas contacts "en intérieur pendant 7 jours après la survenue du cas confirmé. Et puis de son côté, le pass sanitaire lui est maintenu dans les établissements de santé et les Ehpad.

Pour autant, la levée de l'essentiel des restrictions s'accompagne aussi d'un appel à la prudence, face au "rebond" de l'épidémie. Ces derniers jours, le nombre de nouveaux cas positifs est reparti à la hausse, avec une moyenne hebdomadaire de 65 000 cas contre 50 000 la semaine précédente. Une inversion de tendance qui reste toutefois sans effet, pour l'heure, dans les services de soins critiques, même si une hausse du nombre d'hospitalisations a été enregistrée hier.

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L'invité de la rédaction : Arnaud Fontanet, directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris.

Arnaud Fontanet : "Il devrait y avoir un rebond de cas d'ici fin mars avant une redescente".

6 min

Il faut analyser les causes de la reprise des contaminations. On pense qu'il s'agit d'une part de la progression du sous variant d'Omicron, qu'on appelle BA.2, qui est plus contagieux que ses prédécesseurs et qui, du coup, devient majoritaire en Europe de façon assez générale. Cela participe à cette augmentation. 
Il y a aussi des relâchements des comportements, qui ont souvent lieu un peu en anticipation d'annonces. Comme la date du 14 mars avaient été annoncée, il est vraisemblable que les Français ont un peu modifié leurs comportements. La rentrée scolaire a joué un rôle. On a bien vu que ce redémarrage épidémique a eu lieu d'abord dans les régions revenues de vacances le 21 février.
Et mars est un mois propice à la circulation du virus. On l'avait vu malheureusement en mars 2020 et mars 2021. Il avait à chaque fois fallu confiner pour bloquer la progression. Cette fois-ci, on n'est pas heureusement dans la même configuration. Il existe une immunité populationnelle beaucoup plus forte, qu'elle soit due aux vaccinations passées ou aux infections. Et on s'attend, selon les projections de l'équipe de Simon Cauchemez de l'Institut Pasteur, à un rebond qui ira peut-être jusqu'à 100 000 contaminations, un peu plus éventuellement fin mars. Mais après, on devrait repartir vers la descente et il n'y aura pas de saturation des services hospitaliers comme précédemment. (...)
Pour le port du masque, on doit maintenant rentrer dans une phase où il faudra qu'on fasse nos propres évaluations. On sait quand même tous comment se transmet ce virus après deux ans de pandémie. Et on sait que les lieux clos, fermés, où les gens parlent, sont des lieux à risque. Un studio de radio est donc typiquement un endroit où je garderai mon masque, parce que c'est facile de le faire, quand le virus circulera, comme c'est le cas aujourd'hui, puisqu'il circule beaucoup. Nous sommes quand même à des niveaux supérieurs à ceux des vagues précédentes.
Et après, il y a un choix personnel. Avec ces questions : "Suis-je personne à risques de formes graves ? Ai-je une vulnérabilité particulière ? Est-ce que je vis au côté de quelqu'un à risques de formes graves que je veux protéger ? Est-ce que simplement par sens civique je préfère porter le masque aussi parce qu'il peut y avoir autour de moi des personnes à risques de formes graves, que je ne connais pas mais que je veux protéger ? Tout cela intervient dans cette décision et il va falloir que l'on s'approprie ces raisonnements parce que maintenir éternellement le masque à des moments où l'épidémie va varier quand même beaucoup dans son intensité, ce sera extrêmement difficile à faire accepter.

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Les autres titres de l’actualité

Au 19ème jour de la guerre en Ukraine, aucune accalmie n'était perceptible ce matin sur le terrain, après que le conflit s'est encore étendu à la partie occidentale du pays, jusqu'alors épargnée. Ce matin, une frappe contre un immeuble résidentiel à Kiev a fait au moins un mort.   Les combats font rage aux abords de la capitale que les troupes russes cherchent à encercler. D'où l'appel réitéré hier soir du président Volodymyr Zelensky, exhortant l'Otan à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de son pays, tout en prévenant qu'à défaut l'organisation risquait de voir des "roquettes russes" tomber sur ses Etats membres.

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Sur le front diplomatique, une nouvelle session de pourparlers a lieu en ce moment même entre responsables russes et ukrainiens.  Et puis américains et chinois doivent, eux, se retrouver aujourd'hui à Rome, après des informations selon lesquelles Moscou aurait demandé l'aide économique et militaire de Pékin pour mener la guerre et contourner les sanctions occidentales.

Ce sont des documents confidentiels défense, dévoilés ce matin par le media d'investigation Disclose. Ou quand l'on apprend que la France aurait délivré des licences d'exportation de matériel de guerre à la Russie depuis 2015. Et ce malgré l'embargo sur les armes décidé après l'invasion de la Crimée en février 2014.  Les principaux bénéficiaires de ces marchés seraient les sociétés Thales et Safran, dont l'Etat est le premier actionnaire.

Cette semaine l'OIT (Organisation Internationale du Travail) élira son nouveau directeur général. Au total, 5 candidats sont en lice, dont l’ancienne ministre du travail Muriel Pénicaud, poussée par le gouvernement. Un choix qui en France suscite mécontentement et interrogations.

Références

L'équipe

Nicolas Pommé
Collaboration
Thomas Cluzel
Journaliste
Pauline Noël
Collaboration