De la fumée noire s'élève après une frappe aérienne dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 18 avril 2022.
De la fumée noire s'élève après une frappe aérienne dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 18 avril 2022. ©AFP - Yuriy Dyachyshyn
De la fumée noire s'élève après une frappe aérienne dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 18 avril 2022. ©AFP - Yuriy Dyachyshyn
De la fumée noire s'élève après une frappe aérienne dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 18 avril 2022. ©AFP - Yuriy Dyachyshyn
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Au moins sept personnes ont été tuées dans de "puissantes" frappes russes sur Lviv, la grande ville de l'ouest de l'Ukraine d'ordinaire relativement épargnée par les combats.

Avec
  • Stéphanie Balme professeure à Sciences Po / PSIA (Paris School of International Affairs), directrice de recherche au CERI et doyenne du Collège universitaire

Située loin du front, près de la frontière polonaise, la municipalité de Lviv s'était convertie depuis le début de la guerre en ville-refuge pour les milliers de déplacées ukrainiens. Or, ce matin, la grande cité de l'Ouest du pays d'ordinaire relativement épargnée par les combats a été la cible de puissantes frappes russes qui ont fait au moins 7 morts. Plus au nord à Kharkiv la deuxième ville du pays, là-bas, ce sont au moins 5 personnes qui ont péri hier dans une série de bombardements. Et si l'on ajoute à cela qu'aujourd'hui et pour la deuxième journée consécutive, aucun couloir humanitaire ne sera mis en place pour l'évacuation des civils des zones de combats (les autorités ukrainiennes accusant la Russie de viser les convois de population) on comprend que cette nouvelle semaine qui s'ouvre s'annonce encore particulièrement difficile.

Dans ce contexte de la poursuite des combats et tandis que les pourparlers entre Russes et Ukrainiens restent toujours au point mort, le seul espoir de voir la guerre stoppée repose essentiellement sur les représailles occidentales.  Sauf que rien ne dit que ces mesures seront de nature à faire reculer le maître du Kremlin. Sans compter les stratagèmes imaginés pour contourner ces pénalités.

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Quelles sont les conséquences de cette guerre pour la diplomatie académique ? Invitée de la rédaction : Stéphanie Balme, politiste, doyenne et directrice de recherche à Sciences Po.

Stéphanie Balme : "Il manque aux Nations unies une forme de secrétariat scientifique"

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"La science doit être soumise à une forme d'humanisme pour éviter sa politisation, parce qu'il faut préserver la science fondamentale, le développement des connaissances qui n'ont pas un but défini préalablement. Et la démocratie est aussi un régime politique qui souhaite accorder une place au point de vue scientifique lui reconnaissant précisément son indépendance et qui cherche aussi à ce que les grandes orientations scientifiques fassent l'objet de décisions démocratiques, d'une forme de dialogue; on le voit bien sur les questions du climat, des données, de l'éthique, de l'intelligence artificielle. Sinon, c'est ce que Rabelais nous disait : c'est la science sans conscience. En tout cas, l'objectif de l'Europe est de créer une europuissance démocratique de la science et de la recherche et ceci est bien mis à mal dans le contexte de la guerre en Ukraine."

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La Suède a vécu hier son quatrième jour d’émeute, après qu'un mouvement d'extrême-droite anti-immigration et anti-Islam, connu notamment pour brûler des Corans a obtenu du gouvernement l'autorisation d'organiser des manifestations à travers le pays.

Dans une semaine les électeurs auront choisi à qui confier les clés de l'Elysée pour cinq ans. Et d'ici là les dossiers ne devraient pas manquer de resurgir. Selon un rapport de l'office européen de lutte antifraude, reçu mi-mars mais révélé samedi, la candidate d’extrême droite et plusieurs de ses proches sont accusés d’avoir détourné environ 600 000 euros d’argent public européen au cours de leurs mandatures d’eurodéputés.

De nouvelles violences ont éclaté hier sur l’esplanade des Mosquées. Un peu plus tôt, le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait donné “carte blanche” aux forces de sécurité pour continuer à agir contre les émeutiers. Et c'est ainsi qu'après plusieurs jours de valse-hésitation et d’appels au calme, le chef du parti indépendant arabe israélien Raam a finalement annoncé hier qu’il suspendait son soutien à la coalition, menaçant même de la quitter si le gouvernement continuait à appliquer ses mesures arbitraires sur l’esplanade des Mosquées. Ce qui, le cas échéant, aurait des conséquences dévastatrices. D'autant que le gouvernement actuel n’a déjà plus la majorité à la Knessett.

En Chine, la municipalité de Shanghai a enregistré ce matin ses trois premiers morts du Covid, depuis le début d'un confinement strict fin mars. Une annonce qui vient non seulement jeter le doute sur la réussite sanitaire attribuée à la stratégie zéro-Covid de la Chine, mais plus encore alimenter la colère d'une population déjà las des discours triomphalistes de Pékin et exaspérée par les excès de zèle des autorités. C’est le cas en particulier dans une ville du centre du pays, où les habitants n’ont plus le droit de sortir de chez eux alors même qu’aucun cas positif n’a été enregistré sur place.

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Eleonora Farade
Collaboration
Nicolas Pommé
Collaboration
Thomas Cluzel
Thomas Cluzel
Thomas Cluzel
Journaliste