Le président réélu Emmanuel Macron prononce un discours après l'annonce de sa victoire.
Le président réélu Emmanuel Macron prononce un discours après l'annonce de sa victoire.
Le président réélu Emmanuel Macron prononce un discours après l'annonce de sa victoire. ©AFP - Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le président réélu Emmanuel Macron prononce un discours après l'annonce de sa victoire. ©AFP - Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le président réélu Emmanuel Macron prononce un discours après l'annonce de sa victoire. ©AFP - Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Résumé

Réélu avec 58,54 % des voix, Emmanuel Macron a obtenu certes une reconduction hier mais sans triomphe, marquée tout à la fois par le score inédit de l’extrême droite comme celui de l'abstention.

avec :

Benjamin Morel (Politiste, lauréat du prix de la Thèse du Sénat 2017.).

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Dans un pays fracturé par les colères et secoué par un fort vent de dégagisme, Emmanuel Macron n'aurait sans doute pas été réélu hier s'il n'avait su convaincre sur ses idées une majorité d'électeurs sinon de rejeter, à tout le moins, d'éloigner (avec près de 10 points d'avance) un avenir synonyme de repli nationaliste. Mais précisément parce qu'Emmanuel Macron a sans conteste largement bénéficié aussi d’un vote par défaut, avant tout destiné à faire barrage justement à l’extrême droite, cette victoire a décidément un goût d'inachevé. En d'autres termes, bien qu'auréolé de sa victoire, qu'il semble difficile ce matin pour l’actuel locataire de l’Elysée de se satisfaire de son score : un peu plus de 58% des voix, face à deux autres résultats marquants : 41,5% d’électeurs qui ont porté leurs voix sur la candidate d'extrême-droite d'une part et 28% d’abstentionnistes d'autre part. Nous reviendrons sur le double visage de cette victoire au goût amer.

Par ailleurs, si à peine réélu le président a certes promis d’entendre les colères des électeurs, son discours de victoire a minima n’aura pas pour autant brossé de pistes claires pour ces cinq prochaines années. Comment va-t-il marquer le changement ? Emmanuel Macron est-il en capacité de rompre réellement avec le quinquennat qui s’achève, telle qu'il l'a lui-même déclaré hier ?

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Et puis, bien entendu, la grande question est maintenant celle du lien entre ce scrutin présidentiel et les élections législatives à venir. Forte de sa défaite en forme de victoire, Marine Le Pen réussira-t-elle à prendre le leadership de l’opposition ? Quand sera-t-il, également, de l’électorat populaire de gauche qui, résigné, a choisi de faire barrage hier à l’extrême droite avec un espoir, celui de taper du poing sur la table au troisième tour.

Enfin, pour répondre à toutes ces questions mais aussi dessiner le portrait de cette France plus polarisée que jamais et en pleine recomposition, invité de la rédaction : Benjamin Morel, politologue, maître de conférences à l'Université Paris-Panthéon-Assas.

Analyse par Benjamin Morel de la scène politique au lendemain de la réélection d'Emmanuel Macron

9 min

"C'est un grand défi pour Emmanuel Macron. Car, si l'on en croit les enquêtes publiées hier, 4 Français sur 6 qui ont voté Emmanuel Macron l'ont fait pour faire barrage. Le reste l'a fait sur un logiciel d'adhésion relativement limité. Par ailleurs, deuxième élément de clivage, plus vous montez dans l'échelle des revenus, plus vous avez de probabilités de voter Emmanuel Macron; plus vous descendez, plus vous avez de probabilités de voter Marine Le Pen. Même aux beaux jours du Parti communiste, on a jamais eu un vote "de classes" aussi fort."

À lire aussi : Âge, vote au premier tour, profession... qui a voté quoi au second tour de la présidentielle ?

Les autres titres de l'actualité

Si l'actualité de ces derniers jours aura été assez largement monopolisée par l'élection présidentielle en France, le bruit de la guerre en Ukraine n'en reste pas moins assourdissant. Les combats se poursuivent, essentiellement dans l'Est et le Sud du pays. Et puis hier, soit deux mois jour pour jour après le début de la guerre lancée par la Russie, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, ainsi que son homologue à la défense sont arrivés discrètement à Kiev pour y rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui exprimer leur solidarité mais plus encore lui proposer une nouvelle tranche d’aide.

En Slovénie, à l'issue d'un mandat houleux entaché d’atteintes à la démocratie, le Premier ministre conservateur sortant, Janez Jansa, admirateur assumé de l’ex-président américain Donald Trump et allié du dirigeant ultra-conservateur hongrois Viktor Orban a été sèchement battu hier aux législatives. Avec 34.5% des voix, soit 10 points de plus que son adversaire, c'est le libéral, Robert Golob, un homme d'affaires récemment converti à la politique qui est arrivé largement en tête. Une victoire d'autant plus éclatante, d'ailleurs, que le taux de participation a frôlé les 70%, au plus haut depuis deux décennies.