Giorgia Meloni, probable future Première ministre d'Italie.
Giorgia Meloni, probable future Première ministre d'Italie. ©AFP - Eliano Imperato / Controluce via AFP
Giorgia Meloni, probable future Première ministre d'Italie. ©AFP - Eliano Imperato / Controluce via AFP
Giorgia Meloni, probable future Première ministre d'Italie. ©AFP - Eliano Imperato / Controluce via AFP
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En Italie, la formation d'extrême droite Fratelli d'Italia est devenue hier le premier parti de la péninsule, en raflant plus d'un quart des voix.

Avec
  • Camille Bedock politiste, chargée de recherche au CNRS à Bordeaux

Comme attendu et au risque d'absoudre dans l'indifférence le fascisme historique, une page se tourne donc en Europe après que l'extrême droite a remporté hier les élections législatives en Italie, s'imposant ainsi comme la principale alternative décomplexée grâce à ses stéréotypes xénophobes. Jamais, depuis 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale, un parti d'inspiration fasciste ne s'était retrouvé de fait aux portes du pouvoir. Car non seulement la coalition des droites (forte de ses 43 % des voix) est assurée aujourd'hui d'une confortable majorité absolue à la Chambre des députés comme au Sénat. Mais celle qui a fait de son parti "Fratelli d'Italia" la première formation politique de la péninsule, Giorgia Meloni, revendique qui plus est aujourd'hui le poste de Première ministre.

On pourrait disserter longtemps sur les raisons de ce succès : tient-il au charisme de Giorgia Meloni qui avec le verbe haut et affûté est parvenue à rassembler sur son nom les peurs comme les colères de millions d'Italiens face à la flambée des prix, le chômage, les menaces de récession ou l'incurie des services publics ? Est-ce le vent de dégagisme qui partout en Europe souffle jusqu'à ce que des partis autrefois tabous et marginalisés (revendiquant des héritages nazis ou fascistes) entrent peu à peu dans le courant dominant ? Quoi qu'il en soit, les questions sont plus nombreuses, encore, s'agissant désormais de l'avenir du pays. Tout d'abord, si elle venait à être confirmée au poste de cheffe du gouvernement, Mme Meloni n’aura pas la partie facile, compte tenu des défis gigantesques auxquels l'Italie est actuellement confrontée. Et ensuite, parce que dans un pays à l'instabilité gouvernementale chronique, on sait combien le chemin peut s'avérer tortueux entre la victoire électorale et la mise en place d'un gouvernement.

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L'invitée de la rédaction : Camille Bedock, politiste et chargée de recherche au CNRS.

Camille Bedock : "Elle a réussi à avoir un socle électoral assez large, à récupérer au moins 40% des électeurs de la Ligue et une partie importante des soutiens de Berlusconi."

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