L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats, le 22 mars 2022
L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats, le 22 mars 2022
L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats, le 22 mars 2022 ©AFP - MINISTERE DE L'INTERIEUR
L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats, le 22 mars 2022 ©AFP - MINISTERE DE L'INTERIEUR
L'indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, est mort, annoncent ses avocats, le 22 mars 2022 ©AFP - MINISTERE DE L'INTERIEUR
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Résumé

L'heure était au recueillement ce matin, après la mort la nuit dernière d' Yvan Colonna, le tout sur fond d'appels "au calme" pour éviter une nouvelle flambée de colère.

avec :

Céline Schmitt (porte-parole du HCR en France).

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L'annonce de son décès hier soir aura vite faite de balayer sur l'île toutes les autres conversations. Après trois semaines de coma, suite à son agression en prison par un extrémiste islamiste, Yvan Colonna n'aura donc pas survécu à ses blessures. Et si jusqu'à présent l'annonce de ce décès n'a pas bouleversé, c'est vrai, le calme relatif sur l'île de Beauté, eh bien nombreux sont ceux à s'inquiéter aujourd'hui d'une possible explosion de colère, notamment, au regard des récentes manifestations parfois violentes qui avaient encore enflammé la Corse au début de mois. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal a d'ailleurs aussitôt appelé "au calme et au dialogue", assurant que "toute la lumière sera faite" sur l'agression fatale dont Yvan Colonna a été victime.

Tôt ce matin, quelques dizaines de personnes se sont réunies tôt à Bastia, devant les grilles du palais de justice, où elles ont accroché deux banderoles frappées du slogan "Etat français assassin". Un autre rassemblement a eu lieu à Ajaccio, devant la cathédrale, dans le silence. Précisons par ailleurs que dès la confirmation du décès, la famille d'Yvan Colonna a immédiatement demandé que son deuil soit respecté. Ou dit autrement, face à la douleur des proches il semble que l'heure n'est pas venue de raviver les plaies d'une manière ou d'une autre.

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Toujours est-il que depuis ce matin, deux photos ont notamment réapparues à la Une de la presse. Tout d'abord, celle de la fameuse affiche placardée partout durant les quatre longues années qu'aura duré la cavale d'Yvan Colonna (entre 1999 et 2003) un portrait issu d'une interview que l'homme, cheveux ras et joues roses avait donné à une chaîne de télé la veille de sa fuite dans le maquis. Et puis sur l'autre photo, Yvan Colonna apparaît cette fois-ci les cheveux mi-longs, boucle d'oreille et tee-shirt blanc. Ce cliché aura longtemps nourrit l'image du militant indépendantiste, devenu un symbole et même une icône du nationalisme corse après sa condamnation à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, un homme dont la vie n'aura surtout jamais cessé jusqu'à sa mort de se cogner dans l’histoire à la fois judiciaire et politique française.

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A moins de trois semaines du premier tour, la présidentielle ne semble toujours pas passionner les Français. Les sondages nous promettent une abstention très importante. Selon le dernier en date, celui de l'institut BVA publié hier, seulement 71% des personnes interrogées se disent sûres de se déplacer les 10 et 24 avril, ce qui porterait l'abstention à 29%, soit au même niveau qu'un certain 21 avril 2002. Reste qu'un tiers quasiment des inscrits susceptibles de ne pas se déplacer dans les bureaux ce sont, aussi, autant d'électeurs potentiels que les candidats ne manqueront certainement pas de vouloir convaincre jusqu'au tout dernier moment.

Depuis bientôt un mois que les forces russes pilonnent inlassablement et indistinctement l'Ukraine, le dilemme de Volodymyr Zelensky s'avère chaque jour un peu plus cruel. Le président est-il en mesure aujourd'hui d'épargner à son pays de nouvelles souffrances en acceptant des concessions majeures sur la souveraineté de son pays, sans pour autant risquer d'être accusé de trahison par les milieux ultranationalistes et avec la garantie, par ailleurs, que Vladimir Poutine renoncera, le cas échéant, à son ambition d’étrangler une Ukraine indépendante ? Dans une interview à plusieurs médias diffusée la nuit dernière, Volodymyr Zelensky s'est déclaré prêt à tout discuter avec son homologue russe, s'il accepte de négocier directement avec lui, y compris de la Crimée et du Donbass. Depuis le déclenchement de la guerre, on le sait, plusieurs sessions de tractations entre Kiev et Moscou se sont déroulées en présentiel et par visioconférence sans jamais parvenir à de quelconques avancées. Alors est-ce que la paix peut passer par un face-à-face direct Zelensky-Poutine ? Il apparaît assez évident que des concessions de taille seront nécessaires des deux côtés pour qu'une telle issue soit envisageable. Ce qui signifie que dans les deux cas, les coups portés à l'amour propre seront probablement difficiles à encaisser. Et c'est aussi, sans doute, la raison pour laquelle le président ukrainien se retranche à présent derrière l'idée que son peuple devra, quoi qu'il en soit, se prononcer par référendum sur les potentiels compromis conclus avec la Russie.

Au vu de l'évolution du conflit, l'occupation de l'Ukraine est une option a priori difficilement envisageable. Par ailleurs, l'effet des sanctions occidentales contre l'économie russe plaiderait, là encore, davantage pour une solution négociée. Enfin, à cela s'ajoute encore les soldats russes déjà tombés au combat. Et ce même si le Kremlin fait tout pour masquer les chiffres des pertes subies.

Une parole rare, celle des Français qui vivent à Moscou et qui n'ont pour l'instant aucune intention de quitter le pays. Ils se sont très peu exprimés jusqu'à présent. Et pour cause, même s'ils se disent très choqués par cette guerre, cette agression n'est pas de nature à remettre en question leur présence en Russie, un pays qui selon eux a toujours été mal compris par les Occidentaux.

Dans ce conflit qui relève, aussi, de la guerre de communication le président ukrainien a prévu de s'adresser demain devant les parlementaires français, comme il l'a déjà fait avec les élus à la fois américains, canadiens, britanniques, allemands, israéliens. Et puis ce matin même, il s'est s’est connecté avec le parlement italien. L’Italie a déjà recueilli de très nombreux réfugiés d’Ukraine. Le pays se veut aux côtés du président et du peuple ukrainien. Pour autant, les sanctions contre les Russes ne sont pas partagés par tous et ce matin d'ailleurs, tous les parlementaires n’étaient pas présent dans l’hémicycle.

Depuis le déclenchement de la guerre, ils sont des millions aujourd'hui sur les routes de l'exode. Plus d'un quart de la population dans les territoires contrôlés par Kiev avant le conflit a désormais fui en raison de la guerre "dévastatrice" menée par la Russie.  Parmi eux, 90% sont des femmes et des enfants.

Invitée aujourd'hui de la rédaction : Céline Schmitt, porte-parole en France du HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Invitée du journal : Céline Schmitt, porte-parole en France du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

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La situation humanitaire sur place est terrible. Les informations que nous avons de certaines zones sont terrifiantes, avec des personnes qui n'ont plus accès à des vivres, à de l'eau, à de l'électricité. On estime à plus de 12 millions de personnes celles qui sont dans les zones les plus touchées par les opérations militaires et qui ont absolument besoin d'aide humanitaire. On estime aussi à 6,5 millions le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de l'Ukraine, dans différentes zones, vers le centre, vers l'Ouest du pays, en essayant de trouver des endroits où être en sécurité et où avoir accès à de l'aide. Mais elles fuient très souvent sans rien, avec leurs habits. Et avec beaucoup de femmes, beaucoup d'enfants, et des besoins spécifiques.

Selon les Nations unies, au 21 mars, près de 3,5 millions de personnes ont quitté l'Ukraine.
Selon les Nations unies, au 21 mars, près de 3,5 millions de personnes ont quitté l'Ukraine.
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