Le Premier ministre français Jean Castex
Le Premier ministre français Jean Castex ©AFP - Thomas COEX
Le Premier ministre français Jean Castex ©AFP - Thomas COEX
Le Premier ministre français Jean Castex ©AFP - Thomas COEX
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À l'approche de la présidentielle, l'exécutif tente de prendre la main sur la question du pouvoir d'achat, sans véritablement convaincre les oppositions de gauche comme de droite.

Avec
  • Sabina Issehnane Économiste, maître de conférences en économie à l’université Rennes-2 et chercheure associée au Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET), membre des Économistes atterrés

Quoi de mieux qu'un gel pour éteindre l'incendie ? Face à la flambée des prix de l'énergie qualifiée d'historique, que ce soit celle du gaz (+12% à partir d'aujourd'hui) ou celle à venir de l'électricité, le gouvernement a annoncé hier soir la mise en place d'un bouclier tarifaire. Concrètement, les tarifs réglementés d'Engie seront bloqués à leur niveau actuel jusqu'à la fin du mois de mai, c'est-à-dire lorsque les cours sur le marché international seront censés baissés une fois passé l’hiver et ses besoins en chauffage. Et puis s'agissant de l'électricité, la hausse sera plafonnée à 4 % pour le consommateur jusqu'en février 2023, via une forte baisse d'impôt (en l'occurrence celle de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité).  

Moins de quinze jours après l'annonce d'une revalorisation exceptionnelle de 100 euros du chèque énergie pour les quelques 6 millions de ménages modestes, le gouvernement a donc été obligé de dégainer de nouvelles mesures. Mais pas question cette fois-ci d'abonder le pouvoir d'achat des consommateurs avec de l'argent sonnant et trébuchant, puisque la nouvelle réponse apportée par le gouvernement revient à lisser la progression des prix en la répartissant sur une période plus longue.  

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Le gouvernement assure que ce dispositif ne pénalisera pas les finances publiques. Elle devrait, pourtant, représenter un manque à gagner d'environ 4 milliards d'euros pour le budget de l'Etat. Et puis restera évidemment un problème de trésorerie à régler pour les fournisseurs de gaz.

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L'invitée de la rédaction : Sabina Issehnane, économiste, maîtresse de conférences à l’Université de Paris et chercheuse associée au Centre d'études de l'emploi et du travail.

Sabina Issehnane : "Cette réforme vise massivement à augmenter la pauvreté des chômeurs et de leurs familles."

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L'équipe

Eleonora Farade
Collaboration
Nicolas Pommé
Collaboration
Thomas Cluzel
Thomas Cluzel
Thomas Cluzel
Journaliste