Pénurie d'essence : grève reconduite chez TotalEnergies

La grève a été reconduite à la raffinerie Total Energies de Donges vendredi 14 octobre, même si un accord a été trouvé entre les syndicats majoritaires
La grève a été reconduite à la raffinerie Total Energies de Donges vendredi 14 octobre, même si un accord a été trouvé entre les syndicats majoritaires ©AFP - Estelle Ruiz/Hans Lucas
La grève a été reconduite à la raffinerie Total Energies de Donges vendredi 14 octobre, même si un accord a été trouvé entre les syndicats majoritaires ©AFP - Estelle Ruiz/Hans Lucas
La grève a été reconduite à la raffinerie Total Energies de Donges vendredi 14 octobre, même si un accord a été trouvé entre les syndicats majoritaires ©AFP - Estelle Ruiz/Hans Lucas
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Les salariés grévistes de TotalEnergies ont décidé de poursuivre leur mouvement ce matin. Et pourtant, hier soir, un projet d'accord sur des hausses de salaires a été proposé par la direction, sur le point d'être accepté par les deux syndicats majoritaires, mais rejeté par la CGT.

Avec
  • Carole Zerbib Proviseure adjointe du lycée Voltaire à Paris, membre de l'exécutif national SNPDEN-UNSA

Quand or noir rime aussi avec année noire. Déjà confronté à la grève de ses salariés, attaqué par ailleurs sur son mégaprojet pétrolier en Ouganda et en Tanzanie, voilà que TotalEnergies se retrouve à présent soupçonné de complicité de crimes de guerre. Hier, deux associations ont porté plainte à Paris contre le groupe français, l'accusant d'avoir continué à exploiter un gisement en Russie et permis de fabriquer du carburant utilisé par des avions russes dans le conflit en Ukraine. Sans surprise, la direction dénonce des accusations "diffamatoires" et "infondées".

En temps normal, l'addition salée d’un dîner organisé cet été par le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, au frais du contribuable (pas moins de 100 000 euros) aurait déjà paru indigeste. Mais en ces temps d'inflation où les Français sont invités non seulement à la sobriété, mais aussi la fin de l'abondance et de l'insouciance, c'est peu dire que l'opposition n'a pas tardé à réagir pour dénoncer l'indécence de telles dépenses excessives dans une opacité budgétaire totale.

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Matière décidément hautement inflammable, l’essence va-t-elle une fois de plus attiser l'étincelle de la contestation naissante en ce début de nouveau quinquennat ? Ou bien l'exécutif, face au risque de contagion du mouvement social et rattrapé par le souvenir de la crise des Gilets jaunes, réussira-t-il à éteindre la mèche avant que celle-ci n’atteigne le baril de poudre ? 48 heures avant la grande marche organisée contre la vie chère et quatre jours avant la journée de grève nationale interprofessionnelle lancée à l’appel de quatre syndicats et plusieurs organisations de jeunesse, la situation semble plus que jamais explosive.

Et c'est ainsi que, hier soir, sous pression du gouvernement, la direction de TotalEnergies avait convié les quatre organisations représentatives à négocier en urgence. Or, tandis que le groupe pétrolier et deux syndicats majoritaires (représentant 56 % des salariés) semblaient en voie de s'accorder sur une prime ainsi que sur une augmentation des salaires de 7 %, la CGT à l'origine de l'arrêt de travail a préféré, elle, claquer la porte tout en qualifiant ces négociations de "mascarade" et en promettant de continuer la grève.

Et de fait, ce matin, après les votes de relève, le mouvement a bien été reconduit sur les cinq sites de TotalEnergies. En revanche, il n'y a plus de grévistes ce matin sur les deux sites français d'Esso-ExxonMobil, chez qui un accord avait été trouvé mardi dernier entre la direction et deux syndicats majoritaires, mais pas avec la CGT.

Alors l'apaisement est-il possible désormais chez TotalEnergies ? Combien de temps encore la CGT pourra-t-elle maintenir ce bras de fer avec la direction ?

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C'était le 16 octobre 2020. Samuel Paty, enseignant d'histoire-géo de 47 ans, était décapité près de son collège du Bois-d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine par un réfugié russe d'origine tchétchène de 18 ans qui lui reprochait d'avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. L'événement avait bien entendu suscité une émotion considérable dans tout le pays. Et deux ans, donc, presque jour pour jour après ce drame, partout en France, enseignants et élèves sont appelés à honorer aujourd'hui la mémoire du professeur. Et ce dans un contexte de regain d'inquiétude sur le respect de la laïcité.

Invitée de ce journal : Carole Zerbib, secrétaire générale adjointe et référente laïcité au SNPDEN et proviseure adjointe du lycée Voltaire

Invitée du 12h30 : Carole Zerbib, secrétaire générale adjointe et référente laïcité au SNPDEN et proviseur adjointe du lycée Voltaire

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En pleine crise du coût de la vie, des milliers d'employés de l'entreprise postale britannique Royal Mail avaient commencé une grève dès la fin de l'été, pour réclamer de meilleurs salaires. Les salariés avaient, par la suite, reçu une proposition de la direction qu'ils ont refusée. Et ce matin, le couperet est tombé : l'entreprise envisagerait désormais jusqu'à 10 000 suppressions de postes qui pourraient se traduire par 6 000 licenciements.

L'Irak, pays à la fois multiconfessionnel et multiethnique où la polarisation n'aura fait que s'aggraver lors de cette dernière année émaillée de violences, va-t-il enfin sortir de l'impasse dans laquelle l'avaient jeté les barons de la politique depuis les dernières élections ? Hier et après trois tentatives infructueuses, les députés sont enfin parvenus à s'entendre pour élire un nouveau Président : Abdel Latif Rachid, 78 ans, un candidat de compromis (ancien ministre issu de la minorité kurde comme le veut la tradition), lequel a aussitôt désigné un chiite, Mohamed Chia al-Soudani, au Poste de Premier ministre. Pour autant, illustration de ces tensions et autres luttes d'influence toujours extrêmement fortes, neuf roquettes se sont abattues sur la Zone verte qui abrite notamment l'Assemblée, mais aussi le siège du gouvernement. Des tirs qui n'ont pas été revendiqués et ont fait dix blessées.

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