Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, son fief électoral, le 20 juin 2022 ©AFP - DENIS CHARLET
Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, son fief électoral, le 20 juin 2022 ©AFP - DENIS CHARLET
Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, son fief électoral, le 20 juin 2022 ©AFP - DENIS CHARLET
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Résumé

Le Rassemblement national entre en force à l'Assemblée en faisant élire 89 députés, du jamais vu dans l'histoire du parti lepéniste. Emmanuel Macron, lui, n'a pas réussi à décrocher la majorité absolue. Il va recevoir à l'Elysée les chefs des partis représentés au Palais Bourbon.

avec :

Dominique Rousseau (professeur de droit constitutionnel à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien membre du Conseil Supérieur de la Magistrature de 2002 à 2006.).

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Ils étaient 8 dans l'Assemblée sortante, ils seront 89 dans la nouvelle Assemblée issue des élections législatives. Jamais le Rassemblement national, et avant lui le Front national, n'avaient réussi à faire élire autant de députés au Palais-Bourbon. Le record de 1986 est pulvérisé : le parti de Jean-Marie Le Pen avait alors obtenu 35 députés grâce au scrutin proportionnel. Cette fois, c'est au scrutin uninominal à deux tours que le RN décroche un résultat historique. Avec 89 députés, il devient le premier parti d'opposition devant La France Insoumise qui n'obtient que 72 élus. De très nombreux nouveaux visages vont apparaître dans l'hémicycle autour de Marine Le Pen : policiers, journalistes, enseignants, et même éleveuse de chat comme la nouvelle députée RN de Gironde Edwige Diaz.

A gauche, la Nupes de Jean-Luc Mélenchon a enregistré un score décevant hier soir. Certes, l'alliance obtient 131 députés, mais elle espérait un bien meilleur résultat comte tenu des sondages et de la dynamique du premier tour. Alors, pour éviter de voir le RN devenir le premier parti d'opposition à l'Assemblée, Jean-Luc Mélenchon a proposé à ses partenaires de former un seul et même groupe dans l'hémicycle. Mais la proposition du chef des Insoumis a été balayée par ses alliés communistes, socialistes et écologistes qui veulent garder leur propre groupe.

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Quant à Emmanuel Macron, il n'a toujours pas commenté les résultats du 2e tour des législatives qui le prive d'une majorité absolue à l'Assemblée. Le chef de l'Etat invite demain et mercredi à l'Elysée les chefs des partis représentés à l'Assemblée. Selon son entourage, il veut "bâtir des solutions au service des Français dans l'intérêt supérieur de la Nation". Six leaders seront successivement reçus demain à l'Elysée: Christian Jacob (LR), Olivier Faure (PS), François Bayrou (Modem), Stanislas Guerini (LREM), Marine Le Pen (RN) et Fabien Roussel (PCF). Les autres chefs de parti sont attendus mercredi.

C'est la deuxième fois dans l'histoire de la Ve République qu'un président réélu rate la majorité absolue à l'Assemblée. En 1988, François Mitterrand n'avait obtenu que 275 députés sur les 289 requis. Pour Emmanuel Macron, l'échec est encore plus cinglant, puisque sa coalition Ensemble n'a décroché que 245 sièges hier. Mathilde Panot, pour La France Insoumise, réclame la démission de la Première ministre Elisabeth Borne, et annonce le dépôt d'une motion de censure contre son gouvernement. Invité de ce journal, le constitutionnaliste Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Dominique Rousseau rappelle qu'à tout moment Emmanuel Macron peut dissoudre l'Assemblée pour espérer retrouver une majorité absolue. Mais il peut aussi gouverner avec une majorité relative tant que les oppositions de droite et de gauche ne se liguent pas contre lui pour faire tomber le gouvernement.

Dominique Rousseau : "Même l'improbable peut arriver"

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La répartition des sièges dans la nouvelle Assemblée selon le ministère de l'Intérieur
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Si la dissolution n'est qu'une hypothèse en France, elle sera bientôt une réalité en Israël. Le gouvernement de coalition est devenu minoritaire à la Knesset, le Parlement israélien. Et le Premier ministre Naftali Bennett veut sortir de l'impasse en convoquant de nouvelles élections en octobre, les cinquièmes en trois ans et demi dans l'Etat hébreu