Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors de sa conférence de presse de ce mardi 26 janvier 2021 au 10 Downing Street
Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors de sa conférence de presse de ce mardi 26 janvier 2021 au 10 Downing Street ©AFP - JUSTIN TALLIS / POOL
Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors de sa conférence de presse de ce mardi 26 janvier 2021 au 10 Downing Street ©AFP - JUSTIN TALLIS / POOL
Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors de sa conférence de presse de ce mardi 26 janvier 2021 au 10 Downing Street ©AFP - JUSTIN TALLIS / POOL
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Avec 100 162 morts depuis le début de la pandémie, le Royaume-Uni est de loin le pays européen le plus endeuillé par la pandémie. 1631 décès supplémentaires ont été enregistrés aujourd'hui. Le variant anglais du virus a considérablement augmenté la mortalité outre-Manche.

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Le Royaume-Uni est devenu aujourd'hui le premier pays européen à franchir la barre des cent mille morts du Covid. Et pourtant, les Britanniques vivent sous confinement depuis trois semaines. Mais la mesure ne suffit pas à enrayer la course meurtrière du variant anglais du virus. Le système hospitalier est au bord de la saturation.

En France, le bilan est moins lourd avec 74 000 morts pour une population comparable à celle du Royaume-Uni. Mais l'inquiétude grandit dans les hôpitaux qui accueillent désormais plus de 27 000 patients Covid, dont plus de 3000 en réanimation. La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France où le variant anglais représente déjà près de 10% des nouvelles contaminations.

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Si Emmanuel Macron envisage un reconfinement, la décision ne devrait pas intervenir avant plusieurs jours. Le temps pour l'exécutif de mesurer l'effet du couvre-feu à 18h, mesure entrée en vigueur le 16 janvier dernier sur tout le territoire. Par ailleurs, le gouvernement attend les résultats d'une enquête épidémiologique sur la proportion des variants anglais et sud-africains dans les nouvelles contaminations en France.

Le gouvernement qui doit aussi prendre en compte la colère d'une partie du monde l'éducation : 11% de grévistes aujourd'hui dans les établissements scolaires, entre 30 et 40% selon les syndicats. A Paris, 4500 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé contre la gestion gouvernementale de la crise sanitaire. A Lyon, ils étaient 1800 de source policière, 2400 d'après les syndicats. Plusieurs centaines d'étudiants avaient rejoint le cortège des enseignants. 

Génération identitaire dans le collimateur de Gérald Darmanin

Une nouvelle fois, le gouvernement annonce son intention de dissoudre Génération Identitaire. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est dit "scandalisé" ce matin par le dernier coup d'éclat du groupe classé à l'extrême droite, une opération anti-migrants à la frontière franco-espagnole dans les Pyrénées.  Au printemps 2019, son prédécesseur Christophe Castaner avait lui aussi affiché sa volonté de dissoudre Génération Identitaire qui venait d'occuper le toit de la Caisse d'allocations familiales de Bobigny. Sans succès, puisque Génération Identitaire a poursuivi ses actions. Quelques heures après la déclaration de Gérald Darmanin aujourd'hui, la justice ouvrait une enquête préliminaire pour provocation à la haine. 

Gaële Joly revient sur la dernière opération de Génération identitaire, des patrouilles anti-migrants dans les Pyrénées

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Génération identitaire prétend défendre la civilisation européenne qui serait menacée par l'immigration, l'islamisme et le multiculturalisme. Au printemps 2018, le groupe avait déjà mené une opération anti-migrants dans les Alpes à la frontière franco-italienne. Action pour laquelle trois de ses cadres ont été relaxés par la cour d'appel de Grenoble en décembre dernier.

Col de l'Echelle (Hautes-Alpes) le 21 avril 2018 : des militants de Génération identitaire ont installé une barrière lors d'une opération anti-migrants baptisée "Defend Europe"
Col de l'Echelle (Hautes-Alpes) le 21 avril 2018 : des militants de Génération identitaire ont installé une barrière lors d'une opération anti-migrants baptisée "Defend Europe"
© AFP - ROMAIN LAFABREGUE

Invité de ce journal, le chercheur Nicolas Lebourg, spécialiste de l'extrême droite à l'université de Montpellier. Nicolas Lebourg estime que le gouvernement devra prouver la provocation à la haine pour espérer dissoudre Génération identitaire, car le mouvement se garde bien d'utiliser la violence : il préfère l'agit-prop en s'inspirant des méthodes de Greenpeace. 

Nicolas Lebourg : "Génération identitaire est devenue une vraie boussole dans l'extrême droite européenne"

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