La fondation Abbé Pierre demande un virage politique en faveur du logement

45% des SDF se sont retrouvés à la rue en sortant de prison, d'hôpital ou de dispositifs de protection de l'enfance, selon la Fondation Abbé Pierre
45% des SDF se sont retrouvés à la rue en sortant de prison, d'hôpital ou de dispositifs de protection de l'enfance, selon la Fondation Abbé Pierre ©AFP - Charlotte DURAND
45% des SDF se sont retrouvés à la rue en sortant de prison, d'hôpital ou de dispositifs de protection de l'enfance, selon la Fondation Abbé Pierre ©AFP - Charlotte DURAND
45% des SDF se sont retrouvés à la rue en sortant de prison, d'hôpital ou de dispositifs de protection de l'enfance, selon la Fondation Abbé Pierre ©AFP - Charlotte DURAND
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La fondation Abbé Pierre estime que douze millions de personnes sont touchées par la crise du logement. Elle appelle le gouvernement à protéger les plus faibles. Ce sont souvent d'anciens jeunes de l'aide sociale à l'enfance, d'anciens détenus ou de personnes qui sortent d'hôpital psychiatrique.

Le débat ouvert par les "gilets jaunes" sur les inégalités doit amener l'exécutif à changer de politique pour le logement, estime la Fondation Abbé Pierre dans son rapport 2018, année marquée par la persistance de quatre millions de mal-logés et les effondrements meurtriers de la rue d'Aubagne à Marseille.

Anciens détenus, enfants placés et malades psychiatriques sont les "abandonnés" de l’Etat, selon la fondation. Ils représentent près d’un tiers des SDF (un quart pour les jeunes). 18% des jeunes passés par l'aide sociale à l'enfance ont d'ailleurs connu la rue moins d'un an après leur sortie du dispositif et un tiers des sans abris souffrent de troubles psychiatriques sévères.

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Douze millions de personnes sont en situation de fragilité par rapport au logement en France (copropriétés en difficultés, impayés, surpeuplement, froid).  Signe que la question du pouvoir d'achat est intrinsèquement liée à celle du logement, 5,7 millions de ces personnes "fragiles" dépensent plus de 35% de leur revenu pour se loger, leur laissant un reste-à-vivre inférieur à 650 euros par mois et par unité de consommation.  La fondation appelle le gouvernement à ne pas réduire à un "filet de sécurité minimal" la politique sociale et de logement, au risque d'ignorer la perméabilité entre très pauvres et modestes et à remettre en cause la légitimité d'institutions déjà fragilisées par la contestation des "gilets jaunes".

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