1967, les blindés entrent dans Athènes
1967, les blindés entrent dans Athènes ©Getty - Bettmann
1967, les blindés entrent dans Athènes ©Getty - Bettmann
1967, les blindés entrent dans Athènes ©Getty - Bettmann
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En 1967 une junte militaire prend le pouvoir à Athènes et inaugure 7 années de dictature : arrestations massives des opposants de gauche, tortures et censure généralisées n'empêchent pas les chants contestataires de Míkis Theodorákis, l’élégance de Melína Mercoúri ou l’émergence du rock.

Libérée en 1944 de l’occupation nazie, la Grèce s'était ensuite entredéchirée jusqu'en 1949 dans une guerre civile opposant communistes - qui avaient fourni le gros des résistants pendant la deuxième guerre - et monarchistes, soutenus par les occidentaux. Sur fond de guerre froide, les communistes sont défaits mais le pays reste, les décennies suivantes, écartelé entre une droite nationaliste et autoritaire, et des forces de gauche qui s'allient à l'Union du centre de Geórgios Papandréou. C'est dans ce contexte d'extrêmes tensions que, la nuit du 20 au 21 avril 67, une junte de colonels conduite par Geórgios Papadópoulos passe à l’action : des blindés entrent dans Athènes, l'armée lance des campagnes d'arrestations massives. La torture se généralise. 

La censure s'abat. Intellectuels et artistes de gauche sont envoyés à l'ombre et torturés. Parmi eux, le compositeur Míkis Theodorákis. Arrêté l'été 1967, il compose en prison Etat de siège,et devient l'une des figures majeures de l'opposition à la junte. Il s'exile finalement en France en 1970, imitant d'autres artistes comme l'actrice et chanteuse Melína Mercoúri ou les membres de jeunes groupes de rock (Aphrodite's child...) 

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L’opprobre internationale encourage l'opposition qui se structure à travers des organisations clandestines. En 1973, les étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes se soulèvent mais le mouvement est maté dans le sang. La chute de la junte viendra finalement de Chypre où, en 1974, les colonels tentent un coup de force qui tourne au fiasco. Le 24 juillet 74, la démocratie est restaurée en Grèce.

L'œillet rouge, Melina Mercouri, 1972
L'œillet rouge, Melina Mercouri, 1972

Extrait du film Z réalisé par Costa-Gavras (1969), au sujet de l'assassinat du député Grigóris Lambrákis en 1963. 

1974, les rues d'Athènes après la chute du régime des colonels
1974, les rues d'Athènes après la chute du régime des colonels
© Getty - Gilbert Uzan/Gamma-Rapho

Programmation musicale et archives 

  • Archive pré-générique : Melína Mercoúri dans le film Phaedra (réalisation Jules Dassin, 1962)
  • Alpha Beta : Astral abuse, de l'album Astral abuse (1971) - fond sonore -
  • Mpourmpoulia (Bourboulia) : O ntamis o skliros (1972), repris sur la bande originale du film O Asymvivastos (réalisé par Andreas Thomopoulos, 1979)
  • Iannis Xenakis : Procession aux eaux claires (Anastenaria, 1952), interprété par l'Orchestre symphonique et le choeur de la radio bavaroise sous la direction de Charles Zacharie Bornstein (1980) - fond sonore -
  • Markos Vamvakaris : O isovitis (1935), repris sur la compilation Markos Vamvakaris : Master of Rembetika vol. 5 (2010)
  • Ioannis Halikias : Minore tou deke (1932), repris sur la compilation Rembetica - Historic urban folk songs from Greece (1992) - fond sonore -
  • Vassílis Tsitsánis et Eléni Lambíri : Volta mesa stin ellada (1952), repris sur la compilation Vassílis Tsitsánis : The postwar years 1946-1954 (2009)
  • Vassílis Tsitsánis : Neo minore (date inconnue) repris pour la bande originale du film Maudite Aphrodite (Woody Allen, 1995) - fond sonore -
  • Extrait du film Z (réalisation Costa-Gavras, 1969), au sujet de l'assassinat du député Grigóris Lambrákis
  • Míkis Theodorákis : Love theme interprété par Melína Mercoúri pour la bande originale de Phaedra (Jules Dassin, 1962)
  • The Forminx : Ah! say yeah, paru sur le 45 tours Ah! say yeah / Elephant twist (1965) - fond sonore -
  • The Idols : Sou dosa tin agapi mou (1969)
  • Míkis Theodorákis : Epitafios n°2, interprété à la guitare par John Williams, album Songs and guitar pieces by Theodorakis (1972) - fond sonore - 
  • Archive : La crise politique (ORTF, Cinq colonnes à la une, 10/09/1965)
  • Archive : La situation à Athènes après le coup d'État (France inter, 25/04/1967)
  • Míkis Theodorákis : Comme a changé cette enfant, chanté par María Farantoúri, paru sur l'album État de siège (1969)
  • Iannis Xenakis : Charisma (1971), repris sur l'album Iannis Xenakis : Alpha et Omega (2012) - fond sonore -
  • Archive : Melína Mercoúri déchue de sa nationalité (France Inter, 12/07/1967)
  • Georges Moustaki : Nous sommes deux, album Moustaki (1971)
  • Míkis Theodorákis : Imaste dio (version instrumentale), paru sur l'album My Holidays In Rodos (1976) - fond sonore - 
  • Kyriakos Sfetsas : Gypsy pattern (1977), repris sur l'album Greek fusion orchestra, vol. 1 (2018) - fond sonore - 
  • Aphrodite's Child : The four horsemen, de l'album 666 (1971) 
  • Vangelis : Watch out, de l'album Earth (1973) - fond sonore - 
  • Archive : Le soulèvement des étudiants de Polytechnique le 17 novembre 1973
  • Angélique Ionatos : Asteron Panton, de l'album Sappho de Mytilène (1991) - fond sonore -
  • Damon and Phintias : To xespasma (1971) repris sur la bande originale du film O Asymvivastos (déjà cité)