Chiemi Eri, indispensable réédition

Chiemi Eri (Akuphone)
Chiemi Eri (Akuphone)
Chiemi Eri (Akuphone)
Chiemi Eri (Akuphone)
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Une star du cinéma et de la chanson japonaise fait l’objet d’une réédition somptueuse consacrée à ses chansons latin jazz enregistrées entre 1958 et 1962. Orchestrations et arrangements à la hauteur d’une comédienne lyrique.

Mambo ce matin et voyage dans le temps par la voix de Chiemi Eri. C’est par une lettre d’auditrice (et collaboratrice du label avouons-le) que nous recevions il y a peu cet album de la chanteuse japonaise Chiemi Eri, dont on ne savait rien. Wikipedia vous apprendra qu’elle a tourné dans une cinquantaine de films au Japon, pendant l'ère Shōwa. Qu’elle est née en 1937 et morte en 1982, quasi rien de plus.

Heureusement le nouveau label Akuphone, qui publie coup sur coup deux rééditions venues d’Asie, fait bien les choses et vous apprendrez dans les notes du livret que ces chansons, enregistrées entre 1958 et 1962 racontent indirectement toute une histoire du Japon depuis la seconde Guerre Mondiale : l’occupation militaire américaine et l’influence des musiques qu’elle importe avec elle : le jazz, be-bop, swing, mambo, etc. La chanson que vous entendiez « Okosa-Bushi » raconte la plainte d’un homme défait dans l’après-guerre, lamentation qu’il poursuit dans les bars de la préfecture d’Akita (au nord de l'île de Honshū).

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Et le plus troublant à l’écoute de ces musiques populaires (très sophistiquées, arrangées avec soin) tient à sans doute à cette impression de mélancolie orientale… un peu de Levant dans l’Empire du Soleil Levant. « Sano-Sa », la chanson que l’on vient d’entendre, date du début du XXème siècle, elle évoque le peuple Japonais. Devenue un air très populaire dans tout le pays, Chiemi Eri l’a sans doute interprété dans différentes versions, en fonction des modes. Fabrice Géry qui a conçu cette réédition a choisi de se concentrer sur 4 disques de 25 cm (ancêtre du 33 tours) précisément de cette période latin jazz, à l’époque où Chiemi Eri travaille surtout avec les Tokyo Cuban Boys et leur chef d’orchestre.

Et tout l’intérêt de ces chansons (qui viennent parfois de mélodies populaires, souvent très encrées dans une région, un quartier ou une ville) tient au résultat hybride entre musique étrangère et tradition, avec des techniques de chant et d’arrangements mixtes. Il faut aller écouter « Fukagawa Kuzushi » chanson populaire du quartier du même nom (Fukagawa dans le district de Tokyo Prefecture) qui raconte l’avenir d’une jeune Geisha à la fin du XIXème siècle, ou encore le final très élégant de « Saitara-Bushi ».

On se quitte avec « Yakko San » (le serviteur du guerrier) un classique du Music Hall, chanté au cinéma par Chiémi Eri elle-même, un canotier sur la tête si vous allez voir les images

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Extraits diffusés :

Okosa-Bushi

Sano-Sa

Yakko-San

Chiemi Eri ( Akuphone)

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