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Greco
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© Radio France

« Cueillez la fleur de mes visages, Buvez ma bouche et non ma voix ... » Juliette Greco aurait-elle plu à l'auteur de ces vers, Jules Laforgue ? Plus de 60 ans après avoir enregistré L’éternel féminin (en octobre 1954 sur une musique de Joseph Kosma) Juliette Greco démontre que ce n’est pas seulement sa voix (une voix qui forcément depuis a changée) mais sa bouche et par métonymie, elle-même toute entière que le public suit. **
Tandis qu’elle annonce par un MERCI en majuscules sa tournée d’adieux (elle sera sur scène à partir de la semaine prochaine partout en France) DECCA publie un nouveau coffret (de back catalogue comme on dit) Juliette Greco L’essentielle (13 CD ordonnés en chronologie et par auteurs) où vous trouverez aussi des chansons plus récentes comme Roméo et Juliette avec Abd Al Malik ou encore celle-ci, toujours d’actualité…

La chanson de Bernard Lavilliers et la métaphore du chanteur à travers l’ouvrier… Mains d’or et surtout un instinct très sûr chez Juliette Greco, à trouver de bonnes chansons, auprès des écrivains déjà, de Paul Eluard à Marguerite Duras en passant par Maeterlinck, Françoise Sagan, Aragon ou même François Mauriac (et oui) mais aussi auprès de tous les auteurs qu’elle croise (de Gainsbourg à Miossec). Avec toujours une sensualité, un attachement au corps, qu’on retrouve aussi dans les quelques chansons qu’elle a écrites avec Gérard Jouannest : « connais-tu ce pays qu’ils appellent ton corps ? » (Pays de déraison)

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En plus des orchestrations d’Alain Goraguer, Michel Legrand, André Popp comptez aussi Michel Colombier qui, alors qu’il vient de co-signer La Messe pour le temps présent orchestre en 1967 La Femme (de Guy Bontempelli) A se demander d’ailleurs si Greco ne s’était pas toute sa carrière adressée toujours (et peut-être indirectement) aux femmes, à contrepied quand elle chante « La cuisine » elle qui a incarné la femme qui n’y mettait pas les pieds, piquante l’air de rien quand elle parle des pingouins (et les pingouines), second ou troisième degré zéro chez une interprète qui peut tout chanter, au féminin comme au masculin « ca ouvre les yeux sur les choses, d’un seul regard ou du talon… » Et puisqu’on a commencé sur l’éternel féminin, on se quitte avec l’éphémère et ce qui est presque un memento mori…signé Raymond Queneau : Si tu t’imagines…

**Extraits diffusés ** :

L’Eternel féminin

Mains d’or

La Femme

Si tu t’imagines

Juliette Greco – L’essentielle coffret 13 CD (Decca)

Juliette Greco sera en concert à partir de la semaine prochaine à Tours, Limoges, Caen… trois salles à Paris en décembre 2015 : Théâtre du Chatelet, La Cigale et au Théâtre des Champs Elysées (avec Gérard Jouannest au piano et Jean Louis Matinier à l’accordéon)

Le 13 novembre un disque qui accompagne ce dernier tour de chant MERCI avec la chanson du même titre signée MIOSSEC

Références

L'équipe

Matthieu Conquet
Production
Benjamin Hû
Réalisation