la pochette du premier album de Leonard Cohen, sorti en 1967
la pochette du premier album de Leonard Cohen, sorti en 1967
la pochette du premier album de Leonard Cohen, sorti en 1967 - Columbia
la pochette du premier album de Leonard Cohen, sorti en 1967 - Columbia
la pochette du premier album de Leonard Cohen, sorti en 1967 - Columbia
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Résumé

Leonard Cohen 1934 -2016 : l'auteur de "So long Marianne", "I'm your man" s'est éteint à 82 ans, non sans avoir laissé quelques disques qui sans doute nous accompagnerons encore un moment. Quelques pistes pour retracer brièvement sa riche carrière.

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"Hey That’s no way to say Goodbye" a-t-on envie de dire, comme cette chanson de son premier album paru en 1967. A ce moment là Cohen est un « late bloomer » puisqu’il se lance dans la musique à trente ans passés, s’étant déjà fait connaître à Montréal et au-delà comme poète et romancier. Son œuvre la plus remarquée c’est sans doute le roman Beautiful Loosers - Les Perdants magnifiques - en 1966, mais dans un recueil de poèmes plus récent Book Of Longing – Le Livre du Désir il y a avait ce poème de circonstance (traduction par Jean Dominique Brieree et Jacques Vassal ) Sur le Sentier.

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  • _Sur le sentier de solitude _
  • _je suis venu au lieu-dit de la chanson _
  • _et là je me suis attardé _
  • _la moitié de ma vie _
  • _Aujourd'hui je quitte ma guitare
  • et mes claviers _
  • _mes amis et mes complices en s-xe _
  • _et de nouveau je trébuche _
  • _sur les sentiers de solitude _
  • _Je suis vieux mais je n'ai aucun regret _
  • _pas un _
  • _bien que courroucé et solitaire _
  • _et rempli de peur et de désir (...) _

I’m Your Man : une version de concert. L'album I’m Your Man paru en 1988 est un des sommets de sa carrière (et un succès commercial), la forme change : avec synthétiseurs et boite à rythme mais les textes sont toujours aussi puissants et drôles à la fois : c’est une déclaration de dévotion éternelle que Cohen fait ici, entrecoupée d’allusions plus triviales « si tu veux un docteur, j’examinerai chaque pouce de ton corps ».

Celui qu’on considère comme le cousin canadien de Bob Dylan –et ils garderont chacun l’un pour l’autre une grande estime – va quand même se différencier avec notamment Songs of Love & Hate (1971) avec des arrangements de cordes des harmonies de chœurs féminin très réussis et surtout une écriture aussi naturelle que tendue, les chansons sont comme des blessures où la frontière entre l’amour et la haine apparaît comme très étroite, passant de la fièvre au cynisme froid.

ils faudrait évoquer son impact sur plusieurs générations de musiciens : U2, R.E.M, Nick Cave ou encore Jeff Buckley... ou encore la chanson The Partisan (adaptation de la chanson écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d'Astier de La Vigerie) chantée en partie en français qui a sans doute contribué à nouer un lien très fort entre le public de l’hexagone et Leonard Cohen.

Enfin il faut aussi évoquer son dernier album « You Want it Darker » crépusculaire au possible : Cohen chantait « Hineni My Lord » : me voici Seigneur. Après avoir avait adressé cet été une lettre d'adieu bouleversante à celle qui lui inspira So Long Marianne et Bird On A Wire : sa muse Marianne Ilhen, alors mourante : « Nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux, nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. Sache que je suis si près derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. Et tu sais que j’ai toujours aimé ta beauté et ta sagesse et je n’ai pas besoin d’en dire plus parce que tu sais tout cela. Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin.»

Les textes encore une fois étaient traversés de références religieuses – les premiers mots du kaddish dans l’ouverture de You Want it Darker. Pourtant comme il le confiait lors de la conférence de presse donnée à son domicile (et captée par France Inter) « Je ne me suis jamais considéré comme une personne religieuse... Je n'ai pas de stratégie spirituelle, je gambade occasionnellement comme beaucoup dans ces différents royaumes. Dans ma vie j'ai parfois senti la grâce d'une présence autre... mais je suis incapable de bâtir une structure spirituelle uniquement sur ça. C'est un vocabulaire avec lequel j'ai grandi. Ce paysage biblique m'est très familier, il est donc naturel que j'utilise ces points de repères comme références. Mais à part ça, je n'ose rien réclamer pour moi à ce royaume spirituel »

Une culture religieuse liée à son histoire, raison pour laquelle sans doute il avait fait appel au Cantor Gideon Zelermyer et la chorale de la synagogue Shaar Hashomayim, celle bâtie par son arrière grand-père à Montréal.

« J’ai tourné le dos au démon, et aux anges aussi »

Références

L'équipe

Matthieu Conquet
Production
Benjamin Hû
Réalisation