1966 : "La Religieuse" de Rivette, censurée par "la gestapo de l’esprit" ?

Anna Karina dans "La Religieuse" de Jacques Rivette
Anna Karina dans "La Religieuse" de Jacques Rivette ©AFP - : PIERRE ZUCCA / COLLECTION CHRISTOPHEL
Anna Karina dans "La Religieuse" de Jacques Rivette ©AFP - : PIERRE ZUCCA / COLLECTION CHRISTOPHEL
Anna Karina dans "La Religieuse" de Jacques Rivette ©AFP - : PIERRE ZUCCA / COLLECTION CHRISTOPHEL
Publicité

Mathilde Serrell est envoyée spéciale dans le passé pour nous faire revivre en direct les grands chocs esthétiques de l’histoire des arts et de la culture comme si nous y étions. On atterrit en 1966, où la censure d'un film mobilise le cinéma français.

Personne ou presque ne l’a encore vue… Depuis l’annonce du tournage, les religieuses ne décolèrent pas, et la très influente Association de parents d’élèves de l’enseignement libre a engagé une campagne de lobbying intense. 

La Commission de contrôle des films a bien rendu un avis favorable par deux fois, pourtant, stupeur et tremblements, en ce 31 mars 1966 le jeune ministre de l’information Yvon Bourges annonce l’interdiction de La Religieuse de Jacques Rivette.

Publicité

Le film est adapté du philosophe et père de l’encyclopédie Denis Diderot. Deux siècles plus tard, La religieuse continue donc de déranger. Mais en France pays des Lumières, pourquoi diable reparle-t-on de blasphème ?

Pourquoi cet excès de zèle du ministre pour qui le film doit être interdit car il est je cite propre à "heurter gravement les sentiments et les consciences d’une très large partie de la population".

 Soyons clair cette "population" c’est l’électorat catholique…  A qui il serait bon, semble-t-il, de donner des gages avant les prochaines législatives. 

Mais n’est-ce pas la censure de trop ? La trahison ultime d’un gouvernement qui a pour ministre de la culture… André Malraux. C’est ce que nous explique Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma.

Ce que l’on peut dire un demi-siècle plus tard c’est que l’on aurait voulu organiser Mai 68 que l’on ne s’y serait pas mieux pris !

Pour aller plus loin

Godard : biographie Antoine de Baecque (Grasset, Paris, 2010)

L'équipe