Pieter Claesz, Nature morte au crâne et à la plume, 1628
Pieter Claesz, Nature morte au crâne et à la plume, 1628
Pieter Claesz, Nature morte au crâne et à la plume, 1628
Pieter Claesz, Nature morte au crâne et à la plume, 1628
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La relation de la nature morte avec les notions d'humain et de vie.

Avec
  • Gérard Wajcman écrivain, psychanalyste, dirige le Centre d’Etude d’Histoire et de Théorie du Regard

Envahis par les marchandises, soumis et complices que nous sommes tous de l’inflation des objets dans nos vies, maintenus en dépendance, en addiction d’une consommation infinie et consumante, voici que l’objet, à nouveau, jusqu’en cet ultime refuge qu’est l’art, dirai-je, fait encore effraction. Paru simultanément à une considérable exposition du musée du Louvre sur ce sujet ( Une histoire de la nature morte), un livre intitulé Ni nature, ni morte : les vies de la nature morte (ed Nous) est consacré à l’histoire de l’empire de ce genre sur nos sens.

Adriaen Coorte, Nature morte avec asperges, 1697
Adriaen Coorte, Nature morte avec asperges, 1697

Certes, le charme de ces natures mortes, même si cette appellation française parait regrettable, nous atteint et depuis plusieurs siècles nous leur vouons une considération intime. Cependant ce genre mineur par rapport à la peinture d’histoire, ou à la peinture religieuse dit sans doute, beaucoup sur nous et beaucoup sur le miracle transfigurant de la peinture elle-même.

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Balthasar van der Ast, Nature morte avec fruits et fleurs, 1620-1621
Balthasar van der Ast, Nature morte avec fruits et fleurs, 1620-1621

Gérard Wajcman, l’érudit-auteur de ce passionnant ouvrage, nous entraîne dans cette histoire qui n’est pas seulement une histoire d’un art, mais aussi une histoire des ressorts que les artistes mettent en œuvre pour explorer ce que coquilles vides, bouquets, cadavres d'animaux, bougies vacillantes, casseroles, pipes, verres brisés, asperges ou autres choux, disent de nous et de ce qui nous y retient. On pourrait dire autrement cette énumération et sans en trahir l’ordre, y substituer les noms suivants, désir, plaisir, fugacité, virtuosité, le toucher, la lumière, et surtout l’interminable désir de voir du désir de vivre, c’est-à-dire, ainsi que ce livre le prononce, voir dans ces théâtres d’objets, le récit du corps vivant...

Explorons donc avec l’auteur Gérard Wajcman ce lien aussi ancien que l’homme avec les objets et surtout avec l’étrange pouvoir que leur représentation donne à la peinture.

Lecture des textes : Emmanuel Lemire

Musiques diffusées :

  • John Zorn, Memento mori
  • Locatelli, sinfonia funebre
  • A.Honegger, Nature morte

Chargée de recherche : Maurine Roy

En partenariat avec BeauxArts Magazine.