France Culture
France Culture
Publicité
En savoir plus

De Ludovic Chavarot et Céline Ters

Musique originale de Warren Ellis

Publicité

Avant-première à Longueur d’Ondes à Brest le dimanche 01er février 2015

Les proies 1
Les proies 1

Le 6 mai 1864, au cœur d'une des plus terribles batailles de la Guerre Sécession, l'effroi embrase de sang la forêt de la Wilderness et les flammes dévorent arbres, animaux et soldats blessés… Un jeune caporal nordiste grièvement blessé à la jambe parvient à survivre et est recueilli par une jeune fille confédérée qui l'emmène dans son pensionnat où huit femmes survivent quasi recluses aux lisières du front.

Tel est le point de départ du roman de Thomas Cullinan, du film éponyme de Don Siegel sorti en 1971 avec Clint Eastwood et de cet Atelier de la création qui au travers des entrelacs historiques et psychologiques à l'œuvre dans ce récit propose une re-visitation des arcanes du désir dans le champ du gothique sudiste.

Utilisant autant les armes du documentaire que celles de la fiction, cet atelier porté de part en part par la musique originale de Warren Ellis, interroge sensoriellement et poétiquement les frontières de brumes qui séparent les pulsions de guerre et les pulsions du désir, les demeures luxueuses et les champs de morts, l'ange qui sauve et l'ange qui tue.

L'atelier se déploie en deux parties :

Ce **1er volet ** "Dans la brume avec les morts" tourne en cercles concentriques autour de la scène initiale de l'intrigue, la rencontre du soldat blessé et de la jeune Amelia Dabney.

Avec la participation de

Morgane Saysana, Farid Ameur, Marc Amfreville, James Lee Burke, Théo Hakola, Maxime Lachaud et Bertrand Tavernier **Et ** les voix de Warren Ellis, Angélique Cavallari, Delphine Lemer, Jean François Neollier et Céline ters

Les proies 2
Les proies 2

La création radiophonique est souvent associée à une image de recherche particulièrement cérébrale et experte qui se déploie au travers du spectre infiniment mutant du son. L'enjeu des Proies s'inscrit dans une lignée beaucoup plus simple et brute, celle notamment initiée dans les deux précédents Ateliers cosignés L. Chavarot et C. Ters: "Casque d'encre" et "Il était une fois John C Holmes" qui se focalisaient directement sur la matière organique : la coupe de cheveux de Louise Brooks pour le 1er, le sexe surdimensionné et criminogène du second, pour interroger autant que faire vivre le mystère noir et inépuisable du fantasme.

Si les personnages des Proies sont, eux, de pure fiction, comme l'intrigue elle-même, le contexte historique extrêmement référencé et la finesse de l'exploration psychique de chacun des personnages donne à ce roman une dimension documentaire que nous explorons ici à travers la matière première de ce qui palpite encore dans un univers où pourtant tout est desséché: la forêt calcinée, le pensionnat baroque en décomposition, les insectes esclavagistes, des femmes elles-mêmes desséchées en demande de sève, un accent nordiste venu d'Europe, le soupir du vent qui lave, un portail qui grince, des pas, presque rien… Ainsi de même que nous nous avions recouru à une forme d'écriture fictionnelle pour suivre le parcours réel de Brooks ou Holmes, nous avons ici mobilisé le champ du réalisme documentaire au service de la vérité trouble qui se déploie dans l'engrenage psychique de ce drame. Rien n'est réel sinon le vent, les planches qui craquent, et les arbres qui pleurent, enregistrés dans un manoir abandonné du 17ème siècle, rien n'est réel sinon ces mouches collées à la vitre, rien n'est réel sinon ces quelques notes improvisées au violon et au piano par la silhouette fine et sombre de Warren Ellis.

Tout est fantasme, fantôme et renaissance.

Les proies 3
Les proies 3

Une vidéo de René Mayer Cohen :

Références

L'équipe

Inès de Bruyn
Collaboration
Alice Ramond
Collaboration