Bercy : qui contrôle les finances ?

Le ministère de l'économie et des finances, rue de Bercy, à Paris
Le ministère de l'économie et des finances, rue de Bercy, à Paris ©AFP - LOIC VENANCE
Le ministère de l'économie et des finances, rue de Bercy, à Paris ©AFP - LOIC VENANCE
Le ministère de l'économie et des finances, rue de Bercy, à Paris ©AFP - LOIC VENANCE
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On a coutume de dire qu'à Bercy les ministres passent, mais l'administration reste. Quelles relations de pouvoir existent au sein du Ministère de l'économie et des finances, entre les grands corps de l'Etat et les responsables politiques ?

Avec
  • Frédéric Says journaliste à la rédaction internationale de Radio France
  • Hans Stark Professeur de civilisation allemande contemporaine à la Sorbonne-Université et conseiller pour les relations franco-allemandes à l’IFRI
  • Mathieu Plane Economiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE

Dans la vie politique et de la haute-administration, Bercy concentre tous les fantasmes.

On lui prête le véritable pouvoir, soit pour le regretter et le dénoncer, soit pour se féliciter de la faculté de résistance de l’administration face aux incuries de la vie politique.

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Le ministère de l’économie et des finances, héritier d’une longue tradition qui remonte au surintendant des finances de l’époque monarchique, est le symbole de l’Etat profond.

Marche-pied indispensable pour un homme ou une femme politique parti à la conquête du pouvoir, il est un lieu d’influence et de réseaux multiples, dans lequel s’enchevêtre les intérêts de l’Etat et ceux d’une élite techno-administrative au prestige envié et au pouvoir parfois jugé excessif.

S’interroger sur le pouvoir de Bercy, c’est poser la question de son unité, alors que le ministère se découple en plusieurs administrations, l’économie et les finances, avec des directions puissantes – on pense notamment à la forteresse de la direction du Trésor.

C’est aussi réfléchir aux rapports complexes entre politique et technocratie, alors que plusieurs candidats assimilent ce ministère à un « système » verrouillé qui empêcherait les élus du peuple d’appliquer un programme différent du néo-libéralisme austéritaire qu’on prête aux fonctionnaires des finances.

De ce fait, il s’agit de réfléchir aux marges de manœuvre de l’Etat dans le système économique, alors que la politique de la France s’effectue aujourd’hui en lien étroit avec les institutions européennes.

De quel type de pouvoir dispose le ministère de l’économie et des finances ? Comment cette administration orchestre-t-elle ses relations avec le pouvoir politique ? Sommes-nous dans un système où un clivage s’exprime sur les politiques économiques où faut-il se résoudre à l’absence d’alternative dans ce domaine ?

Ce sont ces questions cruciales que nous posons aujourd’hui à nos invités dans ce nouvel Atelier du pouvoir qui s’aventure dans les entrailles de Bercy.

Mathieu Plane, Frédéric Says
Mathieu Plane, Frédéric Says
- AD

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