Les négociateurs européen et américain du TAFTA-TTIP
Les négociateurs européen et américain du TAFTA-TTIP ©Reuters - F.Lenoir
Les négociateurs européen et américain du TAFTA-TTIP ©Reuters - F.Lenoir
Les négociateurs européen et américain du TAFTA-TTIP ©Reuters - F.Lenoir
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Plus de 20 ans après l’exception culturelle, la culture est-elle devenue une marchandise comme les autres ? Que peuvent les Etats face à des industries culturelles surpuissantes pour garantir une forme de service public de la culture ? Dans ce contexte, comment aborder les négociations du TAFTA ?

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En 2014, l’Etat et les collectivités locales ont investi près de 16 milliards d’euros dans l’action publique culturelle. Notre pays a en outre su allier depuis longtemps la protection du secteur public et l’initiative privée pour promouvoir la culture nationale. Le secteur du cinéma n’est-il pas le modèle parfait d’un succès du partenariat public-privé, entre le Centre national du Cinéma et des groupes internationaux comme Pathé ou MK2 pour une production cinématographique diversifiée ?

Cependant, ce rapport de force entre l’action publique et des industries culturelles en pleine explosion pose aujourd'hui des questions nouvelles.

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Celle du rapport entre économie et culture à une époque où il est de bon ton de vanter les retombées économiques de l’investissement culturel, avec une tendance à oublier un peu vite qu’en France, on a longtemps dit que les biens culturels n’étaient pas des marchandises comme les autres.

Celle du rôle des Etats face à des groupes internationaux géants qui pèsent des dizaines de milliards d’euros – les fameux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), dictent des lois à un marché dont les enjeux sont tels que les moyens de l’État semblent en comparaison dérisoires.

Celle enfin des modes de régulations européens qui ont été mis en place au moment de ce qu’on a appelé "l’exception culturelle" en 1993 et qui doivent être revisités avec le nouveau  Traité de libre-échange transatlantique, TAFTA en anglais, toujours en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Union Européenne) dont la révolution numérique a bouleversé les enjeux.

Plus de 20 ans après l’exception culturelle, la culture est-elle devenue une marchandise comme les autres ? Que peuvent les Etats face à des industries culturelles surpuissantes pour garantir une forme de service public de la culture ? Comment aborder les négociations du TAFTA dont le silence politique assourdissant qui les entoure devrait nous alerter ? Voici les grandes questions que nous posons aujourd’hui à nos invités :

Jérôme Clément, fondateur d’Arte, ancien directeur du Centre National du Cinéma, de La Cinquième, auteur de L'urgence culturelle (Grasset, avril 2016)

et Matthias Fekl, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, chargé des négociations sur le TAFTA-TTIP

L'équipe

Thomas Wieder
Production
Vincent Martigny
Production
Doria Zénine
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration