Manifestation contre loi El Khomri. Marseille, avril 2016 ©Reuters - J-P Pelissier
Manifestation contre loi El Khomri. Marseille, avril 2016 ©Reuters - J-P Pelissier
Manifestation contre loi El Khomri. Marseille, avril 2016 ©Reuters - J-P Pelissier
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Résumé

Décevante, inutile, vile, inefficace : qui n’a entendu ces commentaires désespérés, sarcastiques ou en colère de nos concitoyens pour désigner la politique ? Mère de tous les vices, on lui préfère l’entreprise ou la société civile, et ses pratiques exaspèrent autant qu’elles fascinent.

avec :

Esther Benbassa (sénatrice EELV de Paris, directrice d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE)), Philippe Braud (Professeur de science politique, chercheur associé au Cevipof - Sciences Po), Marie-France Garaud (ancienne députée européenne, présidente de l'Institut international de géopolitique).

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Inefficace, elle est jugée incapable d’endiguer le pouvoir du marché et de protéger le citoyen des dérives du système économique dans un contexte où l’Etat est de plus en plus faible. Sans pouvoir réel, elle prétendrait détenir un pouvoir qu’elle ne peut tenir en réalité, à l’heure de la mondialisation et de la construction européenne, le vrai pouvoir étant ailleurs.

Sans pouvoir réel, elle prétendrait détenir un pouvoir qu’elle ne peut tenir en réalité, à l’heure de la mondialisation et de la construction européenne, le vrai pouvoir étant ailleurs.

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Décevante, elle privilégierait la stratégie sur la conviction, le buzz sur le débat d’idées, les oppositions factices et de mauvaise foi à la confrontation des visions politiques, le consensus mou là où nos concitoyens attendent des réformes parfois radicales.

Toutes ces remarques sont, si ce n’est totalement justifiées, en tous les cas largement répandues. Elles nourrissent tout à la fois un euroscepticisme de plus en plus banalisé, un populisme autoritaire que l’on voit fleurir partout en Europe, et une distance générale avec la démocratie représentative qui se caractérise par une participation électorale de plus en plus faible et une indifférence croissante à l’égard des politiques.

Pourtant, le désir d’engagement demeure fort et le goût la chose politique, toujours très marqué dans notre pays. Rejetant un système politique qu’elles jugent à bout de force, de nombreux citoyens rêvent d’un autre monde politique, et leur déception ou leur colère ne sont pas forcément synonyme d’apathie démocratique.

Rassemblement "Nuit Debout" place de la République à Paris, avril 2016
Rassemblement "Nuit Debout" place de la République à Paris, avril 2016
© Reuters - Benoit Tessier

De ce paradoxe entre un rejet de la politique et rêve d’une autre manière d’en faire, nous avons tiré plusieurs des questions que nous abordons aujourd’hui :

La politique a-t-elle encore un sens ? Est-elle condamnée à décevoir en démocratie ? Quels peuvent être ses horizons dans notre époque troublée ?

On en parle aujourd’hui avec nos invité-e-s:

Esther Benbassa, directrice d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes , spécialiste de l'histoire du judaïsme moderne, et depuis 2011 sénatrice EELV du Val-de-Marne;

Marie-France Garaud, juriste, ancienne conseillère de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, députée européenne de 1999 à 2004;

et Philippe Braud, politologue, spécialiste de sociologie politique, professeur émérite à Sciences Po.

Références

L'équipe

Thomas Wieder
Production
Vincent Martigny
Production
Doria Zénine
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration