François Hollande face aux proches des victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, le 11 janvier 2015
François Hollande face aux proches des victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, le 11 janvier 2015 ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
François Hollande face aux proches des victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, le 11 janvier 2015 ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
François Hollande face aux proches des victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, le 11 janvier 2015 ©AFP - PHILIPPE WOJAZER
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Alors que le président de la République s’apprête à rendre hommage aux victimes du terrorisme, comment comprendre l'importance de cette figure de la victime, devenue centrale depuis une vingtaine d'années ?

Avec
  • Martin Hirsch directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
  • Marie Augendre géographe à l'Université Lyon II.
  • Caroline Eliacheff Pédopsychiatre et psychanalyste

Nous sommes entrés dans le temps des victimes.

Dans des sociétés démocratiques de plus en plus complexes, encore souvent violentes, la figure de la victime a émergé depuis une vingtaine d’années comme un acteur central de notre vie politique.

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Ce tournant requalifie comme victimes une grande partie de nos concitoyens : chômeurs, handicapés, accidentés, pauvres, malades, personnes âgées, minorités : nous sommes tous des victimes potentielles, de la société, de la vie, des brusques effractions de la violence ou de la maladie qui surviennent dans le courant de nos existences.

Ce bouleversement a des conséquences politiques essentielles. En France comme ailleurs, les politiques sont sommés de se porter au chevet des victimes. Ils doivent comprendre la douleur, annoncer des mesures qui traduisent la prise en compte des risques et proposer une indemnisation des pertes. Ils deviennent des instruments de consolation, comme le rappelle justement le philosophe Michael Foessel, que nous avions reçu dans une précédente émission sur le deuil.

Le temps des victimes transforme profondément le métier politique. Alors qu’il était pensé comme un intermédiaire des rapports de force et le moteur de l’intérêt général, le personnel politique devient de plus en plus exclusivement le médiateur de l’émotion collective.

Comment les victimes ont-elles changé la profession politique ? L’ère de la compassion est-elle incompatible d’une vision à long terme des enjeux politiques d’une société ? Cette situation est-elle inéluctable ?

Ce sont les enjeux que nous évoquons aujourd’hui avec nos invités pour ce nouvel Atelier du Pouvoir consacré à la question des victimes en politique.

En milieu d'émission, notre séquence internationale nous emmène au Japon, on reviendra sur les politiques publiques en direction des victimes mises en place après la catastrophe de Fukushima.

L'émission est présentée cette semaine par Vincent Martigny et Ariane Chemin.

Caroline Eliacheff et Martin Hirsch
Caroline Eliacheff et Martin Hirsch
© Radio France - AD

L'équipe

Ariane Chemin
Production
Thomas Wieder
Production
Vincent Martigny
Production
Doria Zénine
Réalisation
Antoine Dhulster
Collaboration