Octobre 1995. 500 étudiants bloquent la gare de Rouen ©Reuters - STR New
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Résumé

Les mouvements étudiants sont-ils une "école du vice" comme les appelait François Mitterrand, ou des acteurs incontournables d’une génération trop souvent oubliée par la politique ? Comment sont-ils organisés, comment évoluent-ils ?

avec :

Jean-Philippe Legois (Achiviste et historien, co-président de la Cité des mémoires étudiantes (ex-Mission CARME), vice-président du GERME & du Rn2a (Réseau national d'actions des archivistes)), Robi Morder (Politiste, président du Germe (Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants)), William Martinet (Président de l'Unef, premier syndicat étudiant en France).

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Ils sont l’angoisse de tous les gouvernements quelle que soit leur couleur politique, eux qui savent qu’une révolte étudiante est en général le signe avant-coureur d’une contestation plus générale pouvant les mener à leur perte. On se souvient parmi d’autres de l’épisode du CPE, le contrat Première embauche qui avait mené à la déroute le gouvernement de Dominique de Villepin au printemps 2006.

On ne saurait cependant limiter le rôle des mouvements étudiants à leur pouvoir de contestation : représentants des étudiants, ils animent la vie des universités, se mobilisent pour des causes qui englobent tout à la fois les conditions de travail et de vie des étudiants et des enjeux politiques plus globaux.

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Au-delà de la légende dorée ou noire qui les entoure, les mouvements étudiants connaissent depuis plusieurs années de profonds bouleversements. Ils se meuvent dans un paysage éclaté qui a vu leur multiplication et une perte d’influence des plus grands mouvements avec pour conséquence un amoindrissement de leurs capacités de mobilisation.

William Martinet et Alexandre Leroy, Président de la FAGE
William Martinet et Alexandre Leroy, Président de la FAGE
© Reuters - C.Platiau. Hôtel de Matignon, 14 mars 2016

Ils paient également le prix d’une distance globale des étudiants avec la politique et connaissent parfois des difficultés à recruter dans un contexte de méfiance vis-à-vis de tout ce qui s’apparente de près ou de loin à un parti.

Ce mouvement se double d’une concurrence progressive avec d’autres arènes de participation : les mouvements unitaires par exemple qui militent pour la convergence des luttes, ou encore des manifestations comme "Nuit Debout" en France ou "Podemos" en Espagne qui remettent en question les acteurs étudiants traditionnels, considérés comme des politiciens en herbe aux pratiques douteuses et non pas comme les porteurs d’idéaux novateurs.

Alors, les mouvements sont-ils une école du vice comme les appelait François Mitterrand ou des acteurs encore incontournables d’une génération trop souvent oubliée par la politique ? Comment sont-ils organisés, comment évoluent-ils ? Sont-ils à même de faire face aux modes plus directs de participation citoyenne qui séduisent tant de jeunes générations ?

On en parle aujourd’hui avec nos invités :

William Martinet, président de l'UNEF;

et Robi Morder, juriste du travail, politologue, spécialiste des mouvements lycéen et étudiant, président du GERME (Groupe d'études et de recherche sur les mouvements étudiants).

La séquence internationale portera sur les mouvements étudiants en Italie, avec Jean-Philippe Legois, chercheur associé à Sciences Po et Président de la Cité des mémoires étudiantes.

Références

L'équipe

Thomas Wieder
Production
Vincent Martigny
Production
Doria Zénine
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration