Pierre Henry en 2002 chez lui. ©Getty - Raphael Gaillarde/Gamma-Rapho
Pierre Henry en 2002 chez lui. ©Getty - Raphael Gaillarde/Gamma-Rapho
Pierre Henry en 2002 chez lui. ©Getty - Raphael Gaillarde/Gamma-Rapho
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Résumé

On a appris ce jeudi la mort du compositeur Pierre Henry, à 89 ans. Son histoire est intimement liée à celle de la musique électroacoustique, de la danse avec Maurice Béjart, et de Radio France, où il fonde en 1951 le Groupe de recherches musicales. Réécoutez-le à 85 ans en 2013, sur France Culture.

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Pierre Henry (Compositeur français, pionnier de la musique électroacoustique (Paris, 1927 - 2017)).

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Pierre Henry, co-père de la musique concrète, travaille. Chez lui, dans son studio maison. Rencontre avec quelqu'un qui a inventé son art, sa "planète" dit-il parfois. Et son langage, c'est sûr. Elève d'Olivier Messiaen et Nadia Boulanger, pianiste et percussionniste, il développe la musique concrète avec Pierre Schaeffer au sein du Groupe de recherche de musique concrète, qui deviendra plus tard le GRM. Il sera ensuite le premier à ouvrir un studio personnel, et travaillera notamment avec le chorégraphe Maurice Béjart, l'un renforçant le désir d'innovation de l'autre - et réciproquement.

A 85 ans, voici ce qu'il disait de la danse :

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La rencontre avec Béjart est venue très tôt, à la radio, quand il est venu visiter notre studio avec Schaeffer. Je lui ai fait entendre la "Symphonie pour un homme seul" et j'ai pensé que c'était idéal pour lui pour démarrer un nouveau style de chorégraphie. C'est ce qui s'est passé. Je suis très content encore que le style de Béjart ait pris naissance avec mes sons[...] Béjart m'a donné un sens de la dramaturgie, de la composition pour la scène, pour une efficacité de spectacle. Je racontais une histoire avec ma musique pendant que Béjart racontait la même ou une autre avec ses pas, avec ses gestes. Vous savez, l'écoute, ça se fait dans le studio ou chez soi, à petite intensité. L'écoute c'est vraiment l'analyse spectrale de ce que l'on fait, poussée très loin. Ca n'a rien à voir avec la vie, avec l'extérieur. c'est très en-dedans de nous-même [...] Je n'ai jamais écrit pour la danse à proprement parler puisque Béjart prenait mes oeuvres une fois terminées et faisait des chorégraphies avec.

Pierre Henry crée, il ne commente pas. Ce soir, il nous reçoit sans sa maison, où il y a encore peu de temps il organisait des concerts à domicile (le sien, donc).

Je ne pense pas que ma musique soit influencée, d'aucune façon, par rien. Je fais toujours la musique que j'ai en moi, dans ma tête. Mais il se trouve que ma maison donne une régularité à ma musique, plus importante qu'avant. Avant, je n'habitais pas dans le studio où je travaillais.

Il parle exceptionnellement, avant de retourner à sa console personnelle et sa création. On évoque son parcours et son inspiration, la nuit et le rêve, on parle des influences rares et du désir de solitude. Et du partage.

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Thomas Baumgartner (production), Véronique Lamendour (réalisation), Yann Fressy (prise de son), Sébastien Royer (mixage).

Précision. Le texte de cette page sur une émission de 2013 a été mis à jour le 6 juillet 2017, à la mort de Pierre Henry

Références

L'équipe

Inès de Bruyn
Collaboration
Anne de Biran
Collaboration