France Culture
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Claude Nori
Claude Nori
© Radio France

L’Atelier intérieur s’ouvre au vigile, à la vigie. Au guetteur. A l’endroit où l’on n’a pas l’habitude de regarder. Et à une nouvelle durée : on colle ses yeux et ils vont y rester. Le travail de l’historien, écrit Philippe Artières, « *vous déprend de l’endroit que vous occupez, vous arrache à votre lieu * ». On peut s’arracher debout, s’arracher immobile - sans rien bouger. On peut rester debout et autour de soi faire tourner. L’image de départ ce soir sera celle-là : le vigile. Pantalon noir, veste noire, cravate noire, chemise blanche ou noire, un emploi du temps avec des heures et des lieux de travail. Rester debout toute la journée, répéter cet ennuyeux exploit de l’ennui tous les jours, * écrit Gauz. L’ennui mais aussi : l’attention. Le vigile est vigilant, à chaque geste, chaque mine, chaque main et chaque sac. Il ne dort pas debout , il élabore dans son esprit, une fiction à partir de tous les corps. Il s’invente des codes. Il voit ce derrière quoi on court. On paye donc : des gens à regarder. On appelle ça la surveillance la sécurité. Mais si on se concentre sur les yeux : on créé, on implante : un point de vue. Chacun peut faire la même chose gratuitement, rester debout, aller au-delà de l’ennui. Et faire naître des pensées comme celles de Gauz : Un code barre est tatoué sur le cou d’une jeune fille. Grande tentation de lui passer le pistolet à infra rouges de la caisse pour voir combien elle coûte. * Ou qui elle est. Il y a des choses plus bavardes qu’on ne le croit. Philippe Artières est un historien debout, prêt à s’émouvoir, et prêt à voir. Il rêve alors d’une histoire de l’à côté, une histoiredu ratage, de la rature, une histoire de l’effacement, une histoire de ce à quoi l’on ne pense pas immédiatement. On pourrait imaginer : une histoire du regard du vigile, qui voit, qui observe tout et qui donc, sait plus que nous. Il voit sans être vu, il a l’interdiction de faire autre chose que de regarder. Il y a cette phrase de Russel Banks : « Est-ce donc tout ce que je suis capable de faire de ce lieu et de ces gens ? » Demandons-nous à la fin d’une journée : est ce donc/ tout ce dont je suis capable ? Ce sera une émission debout. Une ronde de nuit. La vigie. Chargé de surveiller le large et de faire des signaux. Nous sommes tous chargés de surveiller le large, on fera des signaux à chaque mot, à chaque posture, chaque détail qui est en devenir : une histoire, on va voir de quoi on est capable, nous debout / avec nos yeux collés à la vie

Philippe Artières, ** historien "guetteur", auteur deRêves d’histoires** ** (Editions Verticales)**

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Au téléphone, Thibault de Chateauvieux, cinéaste, qui a littéralement été "guetteur" en été sur la côte bleue au dessus de Marseille.

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5 min

GauZ', ** ancien vigile et auteur deDebou** t Payé ** (Editions Le Nouvel Attila)**

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4 min

Lectures : la comédienne Camille Japy

LIVE : NOEMI WAYSFELD + son group BLIK (BLIK = regard en yiddish)

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4 min

Amélie Bonnin fait le guet : elle dessine l'émission en studio

Amélie 1 bis
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Amélie 2
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Amélie 3
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Amélie 4
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Amélie 5
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Amélie 6
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Références

L'équipe

Aurélie Charon
Aurélie Charon
Aurélie Charon
Production
Delphine Lemer
Réalisation
Lionel Quantin
Réalisation
Alice Ramond
Collaboration