France Culture
France Culture
Publicité
Gaza la plage
Gaza la plage
© Radio France

**La nuit à Gaza entre étoiles, obscurité, manque d’électricité et son des drônes. **

L’Atelier intérieur s'ouvre à Gaza et à sa nuit. Là bas il est déjà minuit et une heure ça compte. Une minute ça compte. Une seconde aussi. Parce que tout peut changer d’un moment à un autre. Du silence on passe au bruit. De la lumière au noir. Du calme aux frappes. Gaza c’est une terre étroite. 40 kilomètres du nord au sud. D’un côté il y a la mer de l’autre les frontières, et elles sont fermées. Dans un si petit espace, quand la nuit tombe et qu’elle réduit encore un peu plus la visibilité, les yeux fermés, que voit-on ? A quoi pense t on ? La nuit à Gaza c’est d’abord une question : l’électricité ou pas ? Il faut calculer. Normalement c’est 8h par jour et ça change chaque fois. Si aujourd’hui c’est le matin demain / on l’aura la nuit. Donc on calcule : pour sa douche, pour l’ascenseur, pour la vaisselle, pour ses mails, on attend la lumière. L’interrupteur. Le corps adopte le rythme. A Gaza on peut être en train de parler le soir dans un café et puis d’un coup se retrouver dans le noir et l’air de rien continuer à parler sans se voir, parce qu’on est habitué et qu’on ne va pas interrompre sa vie au gré des jour/nuit / jour/nuit/ jour/ nuit imposés. A Gaza on connaît la vraie obscurité que nos villes à nous ont perdu. La nuit est noire. Parfois les pensées vont avec. Mais les gazaouis ont l’art de regarder au dessus des drones et des f16 qui les survolent. La terre nous est étroite disait Mahmoud Darwich. La nuit alors, agrandit un peu l’espace. La nuit c’est le bruit de l’eau qui claque dans le port. Les motos qui passent à toute vitesse. Gaza a du mal à dormir même sans bruits. Gaza tire parfois le reste du monde du sommeil, parce qu’on n’attend pas en silence mais avec fracas. L’image de départ ce soir est celle qui n’existe pas encore dans nos esprits, parce que nous ne savons pas grand-chose de la nuit là bas. L’image va se faire d’ici à minuit grâce à la voix de trois gazaouis. Vous le savez vous l’avez entendu sûrement, depuis quelques jours, depuis la disparition de trois jeunes israéliens en Cisjordanie, la situation se tend. En ce moment tous les accès à Gaza sont bloqués, y compris dans le sud avec l’Egypte. Plus de circulation : car plus de carburant depuis 5 jours. Des roquettes ont été lancées. Des bombardements israéliens ont commencé, dans le nord, le sud, et la nuit dernière quelques frappes ont eu lieu sur la ville de Gaza. Donc une heure ça compte une minute une seconde. On fera tout pour que le temps ce soir ne soit pas un décompte, mais au contraire un départ

Publicité

Avec moi en studio ce soir à Paris, Camille Japy pour lire les poèmes de Mahmoud Darwich. Avec moi à Gaza il y a quelques jours, il y avait Rami, Zeinab et Alla. Je leur ai demandé de parler de leurs nuits. Et de commencer par se présenter. A la fin de l’émission juste avant minuit nous serons en direct au téléphone avec Zeinab depuis son salon de Khan Younes

Avec Rami, Zeinab et Alla.

En direct à la fin de l'émission : Zeinab depuis Gaza.

A la lecture des poèmes de** Mahmoud Darwich : ** la comédienne** Camille Japy. **

Qu'est le rêve ?

Je ne dors pas pour rêver

**Que restera-t-il ? **

**Réalisation : Lionel Quantin **

Le port
Le port
© Radio France
Gaza vue
Gaza vue
© Radio France
Gaza tombée du jour
Gaza tombée du jour
© Radio France

L'équipe