France Culture
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286 jours Frédéric Boilet
286 jours Frédéric Boilet
© Radio France

L'Atelier intérieur s'ouvre à l’impudeur. A l’exhibition. A la multiplication des façons que l’on a de se voir, de se regarder. Nus. Habillés. Partout, tout le temps. A cette pudeur à laquelle on fait outrage parce qu’aujourd’hui il y a des yeux partout : même ici en studio on est cernés : des téléphones, des webcams, un ordinateur. Alors mieux vaut travailler son regard. Mieux vaut avancer soi même à la manière d’une caméra subjective : et se demander ce que l’on veut enregistrer. L’image de départ ce soir est impudique, elle ne vous regarde pas et pourtant on vous la montrera. On vous montre un amour. Deux corps. On vous montre la fusion, les sexes et puis l’abandon. Frédéric Boilet a réalisé un livre comme un journal filmé. Ca s’appelle 286 jours comme le temps d’une histoire amoureuse et érotique entre lui et Laia. On pense alors : ça ne nous regarde pas . Mais là au sens propre : ça nous regarde. Les images elles nous regardent. Le corps de Laia il nous regarde, ses seins, son sexe. Tout nous regarde. Et si on ferme l’œil on avoue notre effroi devant quelque chose de vivant, en réfléchissant on ne voit pas pourquoi. Catherine Millet a écrit à propos de 286 jours : *Les mauvais coucheurs (je sais ce que j’écris) vont geindre comme d’habitude contre le narcissisme, l’indécence, l’exhibitionnisme. On s’en fiche, mais éclairons-les quand même. -le charme de leurs photos les plus anecdotiques, la petite culotte accrochée à l’essuie glace, le canapé vide, à la fin, de celle qui l’occupait, nous fait faire l’économie de l’obscénité sentimentale dans laquelle tombent bien des romans d’amour. * Pendant 286 jours on a la réalité. Impudique mais jamais obscène. C’est la caméra qui plonge dans la vie, qui la provoque parfois. La caméra fait corps. Un autre homme ce soir, vit de l’image : HPG acteur de films pornographiques a inventé pour un de ses films un beau titre : les mouvements du bassin . Parce qu’en fait il est chorégraphe. Il avance caméra à la main, nu face à deux autres corps et il les guide, il fait le mouvement et il fait la vie. Et il pose la question du jeu. Est-ce que l’on joue ce que l’on vit ? Est-ce que c’est possible de simuler la vie ? Ca existe d’exister sans le regard de l’autre ? Ca existe de n’avoir pas peur du sexe de l’autre ? Ce serait donc, au delà de l’impudeur, une histoire du regard. Si on multipliait les façons de se voir, si l’on considérait que ça nous regarde que ça nous observe, le corps de l’autre face à nous et si on décidait qu’en contrepartie, face à lui, on ne fermera pas l’œil de la nuit.

**Frédéric Boilet ** pour son livre 286 jours – 286 photos de sa compagne, au quotidien, journal intime de leur relation.

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**HPG, ** acteur, producteur, réalisateur de films (pornographiques) : exhibition du corps / son prochain film, Fils de , est un documentaire-réalité sur sa paternité.

La comédienne** Laetitia Dosch**

LIVE : MICHAEL WOOKEY

**Amélie Bonnin dessine l'émission **

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