Portrait de Sophie Rostopchine, 1823
Portrait de Sophie Rostopchine, 1823 ©Getty - Oreste Kiprinsky
Portrait de Sophie Rostopchine, 1823 ©Getty - Oreste Kiprinsky
Portrait de Sophie Rostopchine, 1823 ©Getty - Oreste Kiprinsky
Publicité

Alors que paraît le roman historique "La Part des cendres" aux éditions Albin Michel. Mathias Enard s'entretient avec la romancière Emmanuelle Favier et aborde notamment la place des œuvres d'art et les héritages littéraires.

Avec
  • Emmanuelle Favier écrivaine

Roman historique, ou roman de l’histoire, La Part des cendres d'Emmanuelle Favier, paru aux éditions Albin Michel, prend pour objet le destin, entre 1812 et aujourd’hui, d’un coffret contenant un texte perdu -le journal de la Comtesse Sophie Rostopchine-. Ce roman mêle personnages historiques et fiction dans une langue somptueuse.

L'invitée du jour

Mathias Enard reçoit la romancière, poétesse et nouvelliste Emmanuelle Favier

Publicité
53 min

Trame historique et effet de résonance

Le point de départ du roman est la question des œuvres d'art spoliées et de leur restitution et plus largement le sujet de la transmission. 
En 1812, Fiodor Rostopchine, gouverneur de Moscou, a mis le feu à Moscou lors de l'arrivée des troupes napoléoniennes ; sa fille Sophie, future comtesse de Ségur, observe l'incendie puis quitte le pays. L'autrice se penche sur un manuscrit imaginaire de la comtesse de Ségur, sorte de journal intime.
Emmanuelle Favier interroge : "que fait le romancier avec la perte et avec la figure des écrivains ?". Elle propose de passer d'une vérité historique "objective" dans la première partie du livre à une fiction en fin de roman ; elle se réfère au personnage de Zénon de Marguerite Yourcenar. Emmanuelle Favier cherche une langue et un style qui ouvre une porte à double fond ; elle ajoute : "sortir du premier niveau du langage pour essayer de comprendre ce qu'il y a derrière. A cet endroit-là, on peut révéler sa propre vision du monde et fertiliser la pensée du lecteur et lui permettre d'accéder à sa propre vision du monde. C'est un peu ce que je cherche comme lectrice et comme écrivaine".

58 min