L'entrée de la grotte de Font-de-Gaume aux Eyzies en Dordogne ©Getty - Wolfgang Kaehler
L'entrée de la grotte de Font-de-Gaume aux Eyzies en Dordogne ©Getty - Wolfgang Kaehler
L'entrée de la grotte de Font-de-Gaume aux Eyzies en Dordogne ©Getty - Wolfgang Kaehler
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Résumé

Départ pour une grotte ornée, notamment de peintures polychromes, et l'une des dernières à être accessibles au public en France : la grotte de Fond-de-Gaume, aux Eyzies, en Dordogne ...

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Oui, nous plongeons dans la grotte de Fond-de-Gaume, aux Eyzies, en Dordogne … L'une des dernières accessibles au public. On peut y admirer des œuvres qui mélangent les couleurs noires et rouges, qui les superposent pour obtenir des nuances : un peu comme les grottes Lascaux, ou Chauvet, qui sont elles interdites au public depuis longtemps …

La grotte a été occupée pendant tout le Paléolithique supérieur par plusieurs groupements successifs. On en a trouvé des traces jusqu’à - 40 000 ans !

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Des objets retrouvés sur place permettent d’affirmer que les Aurignaciens l’ont d’abord occupée. Ils y ont laissé des silex et des objets en bois de renne ... Ensuite ce sont les Solutréens, vers - 20 000, et enfin les Magdaléniens, à qui sont attribués les dessins et peintures qui ornent la grotte, vers - 15 000.

La grotte a été occupée de manière intermittente, mais constante, jusqu’au XIXème siècle : des graffitis de cette époque viennent même se superposer aux dessins du Paléolithique …

Mais ce sont bien les peintures, les dessins, qui émeuvent le plus en visitant la grotte, cette irruption de l’art dans la culture et dans la société préhistorique.

Alors il y avait la peinture certes, mais aussi la musique … Les historiens et archéologues ont réussi à démontrer que certains objets que nous prenions pour des objets utilitaires étaient en réalité des instruments de musique, comme par exemple un coquillage trouvé dans la grotte de Marsoulas que l’on avait d’abord pris pour une gourde !

Alors je ne peux pas garantir que dans la grotte de Font-de-Gaume en particulier la musique ait résonné, mais la musique et le dessin racontent tout un paysage artistique de la préhistoire fantastiquement émouvant.

A l’entrée, deux boyaux s’offrent à nous, c’est par celui de droite que nous entrerons dans un couloir étroit. Sur les parois, on découvrira les premiers dessins … Des bisons des steppes, des mammouths se succèdent, dessinés ou gravés - parfois un mélange des deux techniques - ils tracent l’anatomie de ces animaux de manière extrêmement détaillée.

Un peu plus loin, on trouvera le dessin peut-être le plus émouvant, ou en tout cas un dessin particulièrement rare dans l'art pariétal : une touchante interaction entre deux animaux ! Un renne mâle, dessiné en noir, penche son museau vers un autre renne, agenouillé. L’autre renne, probablement une femelle est dessinée quant à elle en rouge - une symbolique de la couleur se laisse entrevoir …

On avancera ensuite jusqu’à la cavité qu’on appelle le cabinet des bisons. Y sont représentés une douzaine de ces animaux, selon un code de couleurs précis de nouveau : ceux du haut sont dessinés en noir, ceux au milieu en brun, ceux du bas en nuances de noir et de rouge !

Après ce cabinet, un autre boyau encore plus étroit se discerne. Celui-ci, nous ne pourrons y aller qu’en visite virtuelle car l’espace est tellement serré que l’effleurement constant des peintures risquerait de les endommager. Sur l’une des parois, un auroch noir, entièrement colorié ; un peu plus loin, un rhinocéros, quant à lui uniquement délimité par un trait rouge qui trace ses contours …

Pénétrer dans la grotte de Font-de-Gaume serait peut-être presque comme pénétrer dans l’inconscient collectif des hommes de la Préhistoire !

Les dessins, les gravures, les symbolismes qu’il véhiculent, les codes de couleurs utilisés, permettent d’envisager une représentation de leur monde, de ses écheveaux symboliques - et c’est à nous, visiteurs du XXIème siècle non-spécialistes, n’ayant à notre disposition que notre imagination, d’inventer, de nous raconter une histoire - pour une superposition des imaginaires troublante et merveilleuse …

Et c’est d’ailleurs un essai qui a été fait dans l’émission L’Expérience, qui tente d'évoquer les sons qu'aurait pu retenir une grotte préhistorique ...

À réécouter : Fossile sonore
58 min