Emmanuel Macron avec des étudiants à lUniversité Paris-Saclay, le 21 janvier 2021
Emmanuel Macron avec des étudiants à lUniversité Paris-Saclay, le 21 janvier 2021  ©AFP - Yoan VALAT
Emmanuel Macron avec des étudiants à lUniversité Paris-Saclay, le 21 janvier 2021 ©AFP - Yoan VALAT
Emmanuel Macron avec des étudiants à lUniversité Paris-Saclay, le 21 janvier 2021 ©AFP - Yoan VALAT
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"66 millions de procureurs"… Le genre de petite phrase dont on se demande toujours après coup si elle a été pensée ou non pour susciter un débat, rappelant « les Amish », le « pognon de dingue » et autre « traverser la rue pour trouver un boulot »…

Avec
  • Monique Canto-Sperber Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Dominique Reynié Politologue. Professeur des Universités à Sciences Po.
  • Christine Ockrent Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • Julia Cagé Économiste, spécialiste de l’économie des médias

C’est l’histoire d’un déplacement présidentiel qui n’aurait dû donner lieu qu’à des commentaires autour des mesures importantes annoncées, un débat sur des faits : 1,8 milliard d’euros  pour installer la France sur le podium des nations à la pointe de la recherche quantique (et démontrer par là que l’Etat investit encore dans le temps long et les secteurs d’avenir, en dépit de la crise sanitaire) mais aussi 3 propositions pour répondre au malaise effarant d’une partie de la jeunesse française à l’heure du covid : l’accès à 2 repas par jour pour 1 euro dans les restaurants universitaires, la possibilité d’assister physiquement aux cours un jour par semaine et un « chèque-psy » pour les étudiants en détresse qui souhaiteraient consulter un psychothérapeute.

Sauf que vendredi matin, dans ce que l’on appelle «  le débat public », il n’était plus beaucoup question de l’épuisement des enseignants-chercheurs, d’une fragilisation économique, sociale et psychologique préoccupante d’une partie de la jeunesse française, et des moyens gouvernementaux apportés pour y remédier.  Car entre temps, l’une de ces petites phrases à la fois anecdotique et signifiante dont nos présidents semblent avoir le secret et dont nous autres médias nous emparons avec délectation avait soudain tout emporté sur son passage….

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"66 millions de procureurs"… Le genre de petite phrase dont on se demande toujours après coup si elle a été pensée ou non pour susciter un débat, rappelant « les Amish », le « pognon de dingue » et autre « traverser la rue pour trouver un boulot »…

Une petite phrase qui, selon les proches du Chef de l’Etat voulait souligner l’importance du « faire » sur le « commenter », valoriser ceux qui cherchent à faire progresser, plutôt que chercher l’erreur. Petite phrase jugée insupportable par tous ceux qui considèrent que les Français n’ont pas tant cherché l’erreur depuis le début de la crise sanitaire, que civiquement respecté les consignes et enduré les restrictions.

A la veille d’une semaine où nous pourrions revoir de nouveau le chef de l’Etat à la télévision nous annoncer un 3e reconfinement, un sondage d’opinion paru dans Les Echos semble indiquer pourtant une moindre acceptation : 72% s’attendent à être reconfinés mais 41% seulement le souhaitent et le JDD ce matin évoque la flambée du Hachtag  #JeNeMeConfineraiPas sur Twitter. Une nouvelle phase de l’esprit français.