Election présidentielle dans trois mois
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Election présidentielle dans trois mois ©AFP - LOIC VENANCE
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Résumé

Dans 76 jours aura lieu le premier tour de l'élection présidentielle. Emmanuel Macron ne s'est toujours déclaré candidat, Christiane Taubira est rentrée dans la course le 15 janvier tandis qu'Arnaud Montebourg a jeté l'éponge mercredi soir. État des lieux de la campagne électorale.

avec :

Pascal Perrineau (Politologue et professeur des Universités à Sciences Po, ancien directeur du CEVIPOF), Dominique Schnapper (sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS), Gérard Courtois (journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde), Daniel Cohen (Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure, Président de l'Ecole d'Economie de Paris).

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A 76 jours de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron arrive toujours en tête avec 24% d'intentions de vote alors que Marine Le Pen et Valérie Pécresse sont créditées, toutes deux, de 18%. Eric Zemmour continue sa chute. Il est aujourd'hui crédité de 14% d'intentions de vote… Mais le chef d'état ne s'est toujours pas déclaré candidat.

Emmanuel Macron cherche le bon timing pour annoncer sa candidature

Certains prédisaient une annonce de candidature après son discours au parlement Européen mercredi 19 janvier stipulant qu'il ne voulait pas le prononcer dans le costume de candidat mais de chef d’État pour donner plus de poids à la parole de la France. D'autres pensent que le chef de l'état attend que la situation sanitaire s'améliore. Avec 425 000 cas supplémentaires ces dernières vingt quatre heures selon santé publique France, portant la moyenne sur sept jours à près de 340 000 nouveaux cas, un nouveau record, on peut se demander quand Emmanuel Macron se déclarera. Pour autant, il fait toujours figure de favori.

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Il ne s'est peut être pas encore déclaré mais à 76 jours du premier tour, les signaux en faveur d'une nouvelle candidature sont bel et bien là. "D'évidence, j'ai de l'ambition pour le pays au-delà d'avril prochain", reconnaissait le chef de l'état mi-décembre sur TF1. "J'ai envie", insistait-il au début du mois de janvier dans les colonnes du Parisien. Pour l'heure, Emmanuel Macron reste président à temps plein, sans se porter officiellement candidat. Il n'est pas le premier chef d'État en exercice à laisser trainer le suspense. Avant lui, tous, ou presque, ont attendu le dernier moment pour entrer dans la course à leur réélection. Seul François Hollande fait figure d'exception : il avait annoncé qu'il se représentait le 1er décembre 2016, à plus de quatre mois et demi du scrutin. Nicolas Sarkozy avait attendu le mois de février avant de se déclarer, à 67 jours du scrutin. Jacques Chirac s'était lui aussi porté candidat à sa réélection en février, à 69 jours du premier tour.

La gauche en peine

Si la droite et l'extrême droite se porte bien dans les sondages, la gauche ne décolle toujours pas. Mercredi, Arnaud Montebourg jetait l'éponge et annonçait qu'il ne soutiendrait aucun candidat. L'échec de ses appels à un rassemblement à gauche l'a incité à ne pas aller plus loin. Christiane Taubira, qui a annoncé sa candidature le 15 janvier, appelle au rassemblement. C'est la seule candidate à avoir accepté de se soumettre à la primaire populaire. A ce jour, plus de 250 000 personnes sont inscrites au vote d'investiture qui aura lieu du 27-30 janvier. Sept candidatures seront soumises au vote dont celle de Yannick Jadot, Christiane Taubira, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon. Mais à l'exception de Christiane Taubira, qui fait figure de favorite, les autres candidats refusent de se soumettre à cette primaire populaire. L'ancienne garde des sceaux a affirmé qu'elle se se soumettrait au résultat de cette investiture et retirerait sa candidature si elle ne l'emportait pas. Dans une tribune publiée jeudi 20 janvier dans les Inrocks,114 artistes appellent à voter à la Primaire Populaire et enjoignent les partis de gauche à proposer une candidature de rassemblement. Sans quoi, la gauche a peu de chances d'être au second tour de l'élection…

La majorité dans la tourmente

Édouard Philippe a assuré que « l’incident » de la fusion avortée entre son parti Horizons et Agir, source de tension avec Emmanuel Macron, était « clos », et a réactivé sa participation à la maison commune de la majorité mardi soir. Le rapprochement entre les deux composantes de l’aile droite de la majorité (Horizons et Agir) avait été empêché par Emmanuel Macron, créant des crispations dans le camp philippiste qui percevait cette manœuvre comme purement vexatoire. Afin de signifier son désaccord, Philippe avait suspendu sa participation à Ensemble citoyens !, la structure chapeautant la majorité en vue des campagnes présidentielle et législatives. Le parti de Philippe, qui a recruté mercredi sa première salariée, est en cours de structuration : 124 comités municipaux ont été lancés le week-end dernier, et une centaine d’autres devraient l’être d’ici la fin du mois.

Déjà sous le feu des critiques pour sa gestion du protocole sanitaire dans les écoles, Jean-Michel Blanquer a ajouté de l'huile sur le feu en partant en vacances à Ibiza. Nombre de politiques de gauche appellent à sa démission alors que les enseignants multiplient les grèves (deux jeudis consécutifs). Un troisième jeudi de mobilisation devrait avoir lieu le 27 janvier. Devant l'assemblée et au journal télévisé de TF1 mardi, il faisait son mea culpa admettant avoir commis « un peu une erreur », mais dénonce « un sujet pas important ». Le président lui est furieux mais la question de la démission du ministre de l'éducation nationale ne se pose pas. Le locataire de la rue de Grenelle n’en est pas à son premier mea culpa. Quelques jours plus tôt, il avait admis sur Franceinfo « des erreurs » liées au protocole sanitaire qui avait suscité la pagaille dans les écoles.

Références

L'équipe

Patrick Cohen
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Collaboration