Ursula Von der Leyen et Volodymyr Zelensky ©AFP
Ursula Von der Leyen et Volodymyr Zelensky ©AFP
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Résumé

En mars, Kiev déposait son dossier de candidature pour adhérer à l'UE. Vendredi, Ursula von der Leyen, a annoncé que la Commission européenne recommandait d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat. Pour autant, le processus est long avant d'intégrer l'UE et des règles doivent être respectées...

avec :

Bertrand Badie (Politiste, spécialiste des relations internationales), Thomas Gomart (Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).), Dominique Schnapper (sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS), Aurélie Filippetti (Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls).

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Dans une semaine, les dirigeants des pays de l'UE devront se prononcer sur le statut de candidat à l'UE de l'Ukraine et de la Moldavie. Vladimir Poutine a moqué la "pseudo-unité" affichée par les partenaires européens. "En réalité, ils ont totalement perdu leur souveraineté", a-t-il jugé. Le président de la Fédération de Russie estimant que les membres de l'UE "sont soumis à ce que leur disent les Américains".

L'Ukraine et la Moldavie candidates à l'UE ?

La Commission européenne recommande d'accorder à l'Ukraine et la Moldavie le statut de candidats à l'Union européenne, a annoncé vendredi 17 juin la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen. Un avis qui sera discuté lors du sommet européen des 23-24 juin, et les dirigeants des 27 pays de l'UE devront donner leur feu vert à l'unanimité. La Moldavie, petite république roumanophone voisine de l'Ukraine, bénéficie du même soutien, à la condition de mener à bien d'« importantes réformes ». La Géorgie, pays du Caucase également envahi par la Russie en 2008, devra attendre. La Commission «recommande que la Géorgie se voie offrir la perspective de devenir membre de l'Union européenne». «Le statut de candidat devrait lui être accordé une fois qu'un certain nombre de priorités auront été traitées», indique l'exécutif européen, estimant notamment que «de nouvelles réformes sont nécessaires pour améliorer le fonctionnement de l'économie de marché» de ce pays.

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Dans ce contexte, plusieurs États membres insistent sur la nécessité de donner des signaux clairs pour les Balkans occidentaux. C'est le cas des Pays Bas, du Danemark et du Portugal qui ont émis des réserves sur l’entrée de l’Ukraine dans l’UE. Car l’Ukraine ne respecte pas les standards européens notamment en matière de corruption. Et d’autres pays attendent déjà leur tour notamment les pays des Balkans Occidentaux (Monténégro, Serbie, Kosovo, Albanie, Macédoine du Nord, Bosnie-Herzégovine) à qui la présidente de la commission européenne a envoyé des signaux positifs : "l’UE n’est pas complète sans les pays des Balkans occidentaux". En ce qui concerne l’opinion publique, selon un sondage Euroskopia publié au mois de mars 2022, 57 % des Européens pensent que l’Ukraine devrait adhérer à l’Union immédiatement ou dans quelques années.

Le 9 mai 2022, le président français a proposé la création d’une communauté politique européenne​, une sorte de cercle à l’extérieur de l’UE pour arrimer à la famille européenne des pays qui n’en font pas encore partie. E

Des règles à respecter pour intégrer l'UE

Mais la candidature n’induit pas forcément l’adhésion. Pour adhérer à l'UE, il faut qu’un pays candidat remplisse les critères politiques et économiques définis en 1993 lors du sommet de Copenhague, 35 chapitres​, des documents contenant des milliers de questions, ​pour faire intégrer au candidat toutes les normes européennes sur la justice, le marché intérieur… Le processus d'adhésion à l'UE, comprend donc une mise à niveau économique et démocratique. Et cela peut prendre des années. A titre d'exemple, celui de la Croatie, dernier pays intégré en 2013, a duré huit ans.

Mais Ursula Von der Loyen estime, à propos de la lutte anticorruption, que "des progrès" avaient été effectués, et insisté sur l'importance de la "numérisation des procédures" administratives pour combattre ce fléau. Elle a souligné que le peuple ukrainien avait élu le président Volodymyr Zelensky «parce qu'il voulait lutter contre la corruption». Elle a aussi rappelé que l'Ukraine avait adopté une loi contre le pouvoir des oligarques, souhaitant qu'elle «donne des résultats concrets». Une analyse quelques peu contradictoire avec l'ONG Transparency International qui, dans son rapport 2021 sur la corruption, classe l'Ukraine 122e sur 180. C'est mieux qu'en 2014 (142e), mais encore très loin derrière ses voisins de l'UE (le moins bien placé, la Bulgarie, est au 78e rang).

Références

L'équipe

Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Collaboration