Nicolas Sarkozy sur le plateau du JT de 20h de TF1 ce mercredi 3 mars 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN /
Nicolas Sarkozy sur le plateau du JT de 20h de TF1 ce mercredi 3 mars 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN /
Nicolas Sarkozy sur le plateau du JT de 20h de TF1 ce mercredi 3 mars 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN /
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Résumé

L'Etat de droit a beaucoup été invoqué cette semaine dans le débat autour de l'Affaire Sarkozy. Il y a ceux pour qui l’Etat de droit sort renforcé après une décision de justice qui traiterait enfin les politiques en justiciables ordinaires, et ceux qui dénoncent une justice politique et idéologique.

avec :

Bertrand Badie (Politiste, spécialiste des relations internationales), Dominique Schnapper (sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS), Brice Couturier (Journaliste, producteur jusqu'en juin 2021 de la chronique "Le Tour du monde des idées" sur France Culture), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova).

En savoir plus

Lundi 1er mars, Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison, dont un ferme,  dans l’affaire dite des « écoutes » pour corruption et trafic d’influence. Son avocate a, par la suite, annoncé qu’elle ferait appel de cette condamnation. 

L’affaire date de 2014. L’ancien président est suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat, Gilbert Azibert, des informations confidentielles le concernant, dans l’affaire Bettencourt. Gilbert Azibert, avocat général dans une chambre civile, n’intervenait pas directement dans ce dossier mais il aurait pu jouer de ses relations. En échange des éventuelles informations obtenues, Nicolas Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste à Monaco. 

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L’accusation se fonde sur des conversations interceptées par la justice entre l’ancien président et son avocat Maître Thierry Herzog via deux téléphones prépayés achetés sous le nom de « Paul Bismuth ».

Durant les trois semaines du procès, le camp Sarkozy a dénoncé un « procès d’intention » fondé sur des écoutes « illégales » et a plaidé la relaxe face à un « désert de preuve », dès lors que Nicolas Sarkozy n’a pas obtenu les informations qu’il recherchait, et que Gilbert Azibert n’a pas non plus obtenu la promotion qu’il espérait.

Toute la semaine, cette nouvelle étape dans les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy a secoué le monde politique, la droite LR dénonçant presque unanimement un acharnement infondé juridiquement. Nicolas Sarkozy a également reçu le soutien singulier du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

Voilà pour le rappel des faits. Mais nous ce matin nous allons nous arrêter sur un concept : l’Etat de droit, qui n’a cessé d’être invoqué toute la semaine dans le débat public, par les deux camps. D’un côté ceux pour qui l’ancien président Sarkozy a abîmé l’Etat de droit, lequel sort donc renforcé après une décision de justice qui traiterait enfin les politiques en justiciables ordinaires. De l’autre ceux qui estiment après cette affaire que «l’État de Droit» cache de plus en plus un gouvernement des juges, une justice politique et idéologique.

Enfin et avant de laisser la place au débat, donnons la parole aux Français : selon la dernière enquête du Cevipof sur la confiance dans les institutions, 48% d’entre eux assurent avoir confiance dans la justice. Certes c’est un peu moins d’un Français sur deux, mais cela place la Justice en tête du classement, à égalité avec les grandes entreprises publiques, et surtout, loin très loin devant les partis politiques, tombés à 16% seulement de confiance… 

Références

L'équipe

Emilie Aubry
Emilie Aubry
Emilie Aubry
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration