Au ministère de l'économie, Olivier Dussopt, Bruno Le Maire et Gabriel Attal  / Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne
Au ministère de l'économie, Olivier Dussopt, Bruno Le Maire et Gabriel Attal / Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne
Au ministère de l'économie, Olivier Dussopt, Bruno Le Maire et Gabriel Attal  / Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©AFP - Eric Piermont / Christian Hartmann
Au ministère de l'économie, Olivier Dussopt, Bruno Le Maire et Gabriel Attal / Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©AFP - Eric Piermont / Christian Hartmann
Au ministère de l'économie, Olivier Dussopt, Bruno Le Maire et Gabriel Attal / Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©AFP - Eric Piermont / Christian Hartmann
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Résumé

Lundi 16 mai, Élisabeth Borne était nommée Première ministre. Vendredi 20 mai, le gouvernement était enfin dévoilé. Première femme Première ministre après Edith Cresson, un gouvernement qui respecte la parité mais nombre de commentateurs parlent d'un gouvernement de changement dans la continuité...

avec :

Gérard Courtois (journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde), Martial Foucault (Professeur de sciences politiques et directeur du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po), Aurélie Filippetti (Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls), Jean-Noël Jeanneney (Historien, ancien Président de la BNF, producteur de l'émission "Concordance des temps" sur France Culture).

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La composition du nouveau gouvernement a été dévoilée vendredi 20 mai dans l'après-midi : 15 membres de l’équipe Castex ont été reconduits et 13 nouveaux entrants sont arrivés. Le gouvernement d'Élisabeth Borne est le deuxième plus jeune de la Ve République, avec un âge moyen légèrement inférieur à 48 ans, devancé seulement par le gouvernement de Georges Pompidou en 1962.

Le nouveau gouvernement de la continuité ?

Vendredi 20 mai au soir, sur TF1, la Première ministre a d’abord défendu la composition de son gouvernement, estimant qu’il était "paritaire et équilibré entre ceux qui étaient déjà ministres et de nouvelles figures qui sont compétentes et engagées. Il y a des personnalités qui viennent de la gauche, de la droite et du centre, d’autres qui n’avaient pas d’activité politique. Mais ce sont toutes des personnes qui partagent la volonté de mettre en œuvre le programme pour lequel Emmanuel Macron a été réélu", a-t-elle expliqué, avant d’évoquer ses projets.

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Emmanuel Macron l’avait promis au soir de sa victoire, le 24 avril. Son nouveau mandat ne serait pas "la continuité" du précédent. La nouvelle équipe constituée avec la Première ministre, Élisabeth Borne, ex-ministre du premier quinquennat, et annoncée, vendredi 20 mai, par le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kolher, en place depuis 2017, est composée de 27 ministres et secrétaires d’État dont plus de la moitié étaient déjà membres du précédent gouvernement. Assez pour donner le sentiment d’un jeu de chaises musicales que l’on pensait dévolu au "monde d’avant". Les principales figures, mis à part l’historien Pap Ndiaye propulsé ministre de l’Éducation, sont des professionnels de la politique, là où 2017 avait fait émerger une abondance de personnalités de la société civile. Signe de l’émergence d’une "génération Macron" , fait-on valoir dans l’entourage du chef de l’État.

Pour relever le défi de l'urgence climatique, le couple exécutif a choisi de faire appel à une libérale, Amélie de Montchalin, ancienne ministre de la Fonction publique désormais chargée de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et à une pragmatique, Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de l’Industrie, aujourd’hui chargée de la transition énergétique. Toutes deux seront ministres de plein exercice et travailleront avec la locataire de Matignon désormais chargée de la planification écologique.

Soucieux de ne froisser personne au sein de sa majorité, Emmanuel Macron a aussi pris soin de respecter les équilibres politiques. Le MoDem, parti allié de François Bayrou, est représenté au ministère de l’Agriculture par Marc Fesneau, précédemment chargé des relations avec le Parlement, et par la secrétaire d’État à la mer, Justine Benin. Le service minimum a été accompli pour Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, incarné par Christophe Béchu. Et l’arrivée de Damien Abad, ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale, au ministère des Solidarités, vient renforcer l’aile droite de la Macronie déjà représentée par les poids lourds Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.

Une femme Première ministre

Emmanuel Macron a plusieurs fois, émis le souhait de nommer une femme à Matignon. C'est chose faite en nommant Elisabeth Borne Première ministre. Jusqu'à présent, seule une femme avait eu l'occasion de diriger un gouvernement dans l'histoire du pays : Edith Cresson, Première ministre de François Mitterrand entre 1991 et 1992. Autre raison de ce choix, donner des gages à l'électorat de gauche qui a voté pour lui le 24 avril. Car dans le passé, Elisabeth Borne a collaboré avec plusieurs figures socialistes, de Jack Lang et Lionel Jospin, à Ségolène Royal, en passant par Bertrand Delanoë.

Autre raison de ce choix, donner des gages à l'électorat de gauche qui a voté pour lui le 24 avril. Car dans le passé, Elisabeth Borne a collaboré avec plusieurs figures socialistes, de Jack Lang et Lionel Jospin, à Ségolène Royal, en passant par Bertrand Delanoë. Le Président a également souhaité une Première ministre écolo-compatible. Et Elisabeth Borne a pu s'illustrer plusieurs fois sur les questions environnementales : outre la loi climat, elle a décrété "l'urgence écologique et climatique" en 2019, a concrétisé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et l'abandon du projet EuropaCity, a instauré une écotaxe sur les billets d'avion, s'est prononcée pour la taxation de l'huile de palme ou pour un référendum sur les propositions de la Convention citoyenne pour le climat juste avant de quitter le ministère de la Transition écologique.

Emmanuel Macron avait annoncé qu'il souhaitait à ses côtés "quelqu'un de sensible sur les questions sociales, environnementales et productives". Est-ce le cas d'Elisabeth Borne ? La nomination de cette macroniste pur jus reste aussi une énigme dans l'actuelle problématique de "renouvellement dans la continuité" qui se pose au chef de l'État. Jamais élue, l'ancienne ministre, originaire de Normandie, a été elle-même investie dans la 6e circonscription du Calvados, qui avait placé nettement en tête Emmanuel Macron aux deux tours de la présidentielle. En cas de défaite individuelle ou collective en revanche, l'avenir d'Elisabeth Borne à Matignon serait immédiatement compromis. Du côté de sa personnalité, elle est décrite comme une technocrate qui maîtrise ses dossiers, une travailleuse qui de plus est passée par le public et le privé.

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