Marine Le Pen / Emmanuel Macron
Marine Le Pen / Emmanuel Macron ©AFP - Ludovic MARIN, CLEMENT MAHOUDEAU
Marine Le Pen / Emmanuel Macron ©AFP - Ludovic MARIN, CLEMENT MAHOUDEAU
Marine Le Pen / Emmanuel Macron ©AFP - Ludovic MARIN, CLEMENT MAHOUDEAU
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Dans une semaine, les Français seront appelés aux urnes pour élire leur futur Président de la République. Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, à nouveau le choc de deux projets de société. Mais aussi de deux rejets. Avec les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en arbitres...

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Dimanche 10 avril, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle sont tombés. Avec respectivement 23.15% et 27.85%, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont qualifiés pour le second tour. La même affiche qu'en 2017...

Des Français désabusés par l'affiche électorale similaire à 2017

Jeudi, ils étaient environ 300 étudiants à occuper les locaux de Paris I La Sorbonne pour protester contre l'affiche du second tour. En fin d'après midi, l'entrée de Sciences Po Paris était également bloquée par des étudiants. Même son de cloche qu'à la Sorbonne. La jeunesse qui a massivement voté (entre 30,5% et 37,7%) pour Jean-Luc Mélenchon n'accepte pas de se retrouver face au même choix que cinq ans auparavant. Pour espérer l'emporter dimanche prochain, ce sont les électeurs du candidat la France Insoumise que les deux finalistes doivent convaincre. Et pour cela, les candidats multiplient les propositions sur le volet social et sur les retraites.

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Principale préoccupation de cette élection 2022, le pouvoir d'achat et la guerre en Ukraine a accentué la forte inflation. Pour aider les français, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures  : plafonnement du prix de l’électricité, gel des tarifs du gaz, chèque inflation de 100 euros ou encore réduction à la pompe de 15 centimes appliquée depuis le 1er avril. Mais pour séduire les électeurs de gauche, il propose de "réduire la pauvreté en versant automatiquement les aides (prime d’activité, allocations familiales, APL, RSA) à ceux qui y ont droit, pour éviter le non-recours et la fraude. Ce sera la solidarité à la source après le prélèvement à la source". Emmanuel Macron a notamment évoqué l'inflation et la revalorisation automatique du Smic : "dans les semaines qui viennent, le Smic va être revalorisé, sans doute autour de 2,4 - 2,6 %", a-t-il rappelé. Il s'est en outre engagé à rehausser le plafond de la "prime pouvoir d'achat" de 1.000 à 6.000 euros . "Je veux mettre en place le dividende salarié (...) c'est à dire faire que lorsqu'une entreprise marche, elle verse des dividendes à ses actionnaires" et à ses salariés. Il a également promis *d'*augmenter les retraites à partir du 1er juillet de 4% , c'est à dire qu'on permette d'absorber l'inflation, et pas attendre le 1er janvier 2023". Il souhaite également rehausser la pension minimum de carrière complète de 980 euros à 1.100 euros par mois.

Marine Le Pen, elle, se concentre sur la TVA, qu’elle promet d’abaisser de 20% à 5,5% sur les carburants, puis sur tous les produits énergétiques, pour un coût évalué à 12 milliards d’euros. Elle veut également supprimer cet impôt sur un panier de 100 produits quand l’inflation dépasse d’un point la croissance. Pour atteindre le plein emploi, le candidat promet de continuer de réformer le système d’indemnisation des demandeurs d’emploi. L'assurance chômage deviendrait ainsi " plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé" . La candidate du Rassemblement National souhaite la préférence nationale...

La chute des partis historiques : LR et PS et le jeu des alliances pour les législatives

Valérie Pécresse est encore à la tête de l’Ile-de-France, région dans laquelle elle a fait à peine 6,19 %, tout comme Anne Hidalgo, qui a fait un score cataclysmique à Paris (2,17 %). Pour les deux, le retour aux responsabilités locales risque d’être compliqué, avec des exécutifs qui ne vont pas leur faire de cadeaux. Déjà l’élection de 2017 avait laissé présager le début de la fin, avec François Fillon se faisant le troisième homme (20,01 %) et Benoît Hamon enregistrant le plus bas score du parti à la rose (6,36 %).

Pour Les Républicains, la claque est aussi terrible. La droite républicaine, sous différentes appellations, a tenu la présidence de la République de 1958 à 1974 et de 1995 à 2012. Ce parti, dont les héritiers ont fondé la 5e République, avait également toujours dépassé les 10%. Dans son communiqué appelant à faire barrage à l’extrême droite en votant pour son successeur, Nicolas Sarkozy explique que la "fidélité" de la droite "aux valeurs républicaines et à la culture de gouvernement" devrait l’inciter à rallier Emmanuel Macron. Et peut-être dès les législatives. Son meilleur ennemi à droite, Jean-François Copé, préconise la même stratégie. Mais nombre de dirigeants comme Eric Ciotti, Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau, refusent d’appeler à voter Macron le 24 avril et veulent perpétuer une opposition sans concession après la présidentielle. Au fond, c’est bien l’implosion qui menace LR entre deux familles, l’une modérée et réformiste, soluble dans le macronisme, et l’autre radicale, rongée par les sujets identitaires, qui a vocation à se rapprocher de l’extrême droite. Du côté du parti socialiste, la situation n'est guère meilleure...

La décomposition du parti socialiste remonte à 2017. Ce n’est pas la dislocation qui les menace aujourd’hui, c’est la disparition pure et simple . Surtout maintenant que Jean-Luc Mélenchon a affermi le leadership des Insoumis sur l’ensemble de la gauche. L’ex-Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis appelle le PS à se dissoudre et le Premier secrétaire actuel Olivier Faure à démissionner, pour permettre "la création d’un autre parti", après l’échec cuisant d’Anne Hidalgo à la présidentielle, dans une interview au Parisien. Il estime que le PS doit "annoncer, lors du prochain conseil national du 19 avril, qu’on changera tout » , et « annoncer la tenue, à l’automne, d’un congrès d’autodissolution pour la refondation".

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