Embrassades avant le départ au combat en Russie / Des manifestations de soutien aux femmes iraniennes
Embrassades avant le départ au combat en Russie / Des manifestations de soutien aux femmes iraniennes ©AFP
Embrassades avant le départ au combat en Russie / Des manifestations de soutien aux femmes iraniennes ©AFP
Embrassades avant le départ au combat en Russie / Des manifestations de soutien aux femmes iraniennes ©AFP
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Depuis l'annonce de la mobilisation partielle en Russie, des milliers de jeunes russes fuient le pays refusant de mourir pour une guerre "injuste". En Iran, depuis la mort de Mahsa Amani, des milliers d'Iraniens et d'Iraniennes manifestent contre le port du voile et contre le régime.

Avec
  • Sylvie Kauffmann Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • Bertrand Badie Politiste, spécialiste des relations internationales
  • Thomas Gomart Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Brice Couturier Journaliste, producteur jusqu'en juin 2021 de la chronique "Le Tour du monde des idées" sur France Culture

La révolte en Iran

L’Iran où le mouvement de protestation entre dans sa 3ème semaine. Rassemblements et manifestations hier encore dans plusieurs universités du pays, notamment à Téhéran et Ispahan, malgré les arrestations de masse – plus de 1200 personnes interpellées d’après les autorités. Et la répression sanglante, avec des tirs à balles réelles sur les manifestants. Amnesty International a compté au moins 52 morts.

Le mouvement, qui représente la plus importante expression de rejet des autorités religieuses depuis 2019, a débuté le 17 septembre, lors des funérailles de Mahsa Amini. Cette jeune Kurde iranienne de 22 ans est décédée peu après son arrestation par la police des mœurs, pour "infraction au code vestimentaire" qui oblige toutes les femmes à se couvrir les cheveux en public.

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Les manifestations se sont peu à peu propagées aux 31 provinces d’Iran. Avec des rassemblements nocturnes, dans les grandes villes, chaque soir, aux cris de "Femme, vie et liberté".

Et des vidéos postées sur les réseaux sociaux. Même si le régime a fortement restreint l’accès à internet pour contenir les fauteurs de troubles, qualifiés d’émeutiers ou de conspirateurs contre-révolutionnaires.

L’exode et la révolte anti-guerre dans la Russie de Poutine

L’armée ukrainienne vient donc d’entrer un peu plus avant dans l’une des régions annexées la veille par Vladimir Poutine. Terrible camouflet pour l’armée russe et son président. La ville de Lyman reprise hier, était utilisée par les Russes comme base logistique et de transports pour ses opérations militaires dans le nord de la région de Donetsk.

Moscou a confirmé hier que ses troupes s’étaient retirées "au profit de positions plus avantageuses".

Pendant ce temps, depuis l’annonce par Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle, censée concerner 300 000 réservistes, la guerre est entrée dans de nombreux foyers.

Elle a provoqué des scènes d’exode, plusieurs dizaines de milliers de Russes, au moins 260 000 selon certaines estimations, sont parvenus à fuir et à rejoindre des pays voisins comme la Géorgie ou le Kazakhstan.

Et de nombreuses vidéos montrent des scènes de contestation. Avec des recruteurs pris à partie par des mères de soldats. Des mobilisés qui refusent le combat. Des suicides ou des tentatives. Et des incendies, plusieurs dizaines d’après les médias d’opposition, contre des centres de recrutement militaires.

D’où cette question : Cette mobilisation pourrait-elle tourner à la révolte contre Poutine ?