Adrien Quatennens, député LFI et coordinateur de La France Insoumise
Adrien Quatennens, député LFI et coordinateur de La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
Adrien Quatennens, député LFI et coordinateur de La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
Adrien Quatennens, député LFI et coordinateur de La France Insoumise ©AFP - JULIEN DE ROSA
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Bouhafs, Coquerel, Quatennens… Ces derniers mois, des membres de La France Insoumise ont été accusés de violences sexuelles et sexistes. Des accusations que l'on retrouve aussi dans les autres partis politiques.

Avec
  • Monique Canto-Sperber Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Aurélie Filippetti Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Thierry Pech directeur général de Terra Nova
  • Giuliano da Empoli Essayiste, romancier et ancien conseiller politique de Matteo Renzi

Adrien Quatennens a annoncé le 18 septembre se mettre en retrait de ses fonctions nationales après la main courante déposée par sa femme pour une gifle que son mari lui a donné. Le député LFI a avoué avoir "donné une gifle" à sa compagne, il y a un an, "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle."

Pour autant, Adrien Quatennens "n'est pas interdit d'hémicycle". "Il sera en retrait de son travail parlementaire" comme "de sa fonction de coordinateur du groupe", a précisé Danièle Obono sur le plateau de la chaîne d'information en continu, mais restera député.

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Une série noire pour LFI et pour d'autres partis

Cette année, c'est la troisième fois que La France insoumise est prise en étau sur la gestion difficile de cas de violences conjugales ou sexuelles. Taha Bouhafs qui devait porter les couleurs de la Nupes aux législatives, a été accusé de violences sexuelles . L’Insoumis Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée, est accusé de harcèlement. L’un a été écarté, l’autre est toujours en poste.

Du côté des Verts, Julien Bayou fait l'objet d'une enquête pour violences psychologiques sur son ex-compagne. En juillet, il avait lui-même révélé que la commission de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du parti avait été saisie contre lui. Le responsable écologiste reconnaissait alors "une rupture douloureuse et difficile". Mardi soir, Sandrine Rousseau sur le plateau de C à vous a affirmé que la victime avait "fait une tentative de suicide quelques semaines" après sa rencontre avec elle.

En février 2018, le magazine Ebdo révèle qu’une femme a porté plainte en 2008 contre le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, qu’elle accuse d’un viol qui serait survenu à la fin des années 1990. Le gouvernement fait bloc derrière le mis en cause. En août 2020, Emmanuel Macron promeut Gérald Darmanin, du Budget au ministère de l’Intérieur. Pourtant, il est alors visé par une plainte pour viol (il ne sera pas mis en examen à la fin des investigations). Dans la foulée de sa réélection en mai 2022, Emmanuel Macron nomme au gouvernement un autre venu de la droite, Damien Abad. Il faut seulement quelques jours pour que Mediapart révèle que le nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a été la cible de signalements pour des faits supposés de viols en 2010 et 2011. Borne obtiendra l’exfiltration d’Abad. Le premier flic de France, lui, reste en place.

Les cellules de lutte contre les violences sexuelles et sexistes au sein des partis

Dans le sillage du mouvement #Metoo, les partis politiques se sont dotés de cellules contre les violences sexistes et sexuelles, Europe Ecologie Les Verts en premier lieu, en 2017. La France insoumise possède également un "Comité de suivi contre les Violences Sexistes et Sexuelles" créé en 2018, formé de militants bénévoles, et chargé de traiter les enquêtes internes sur la question. Le Parti communiste français, de son côté, a créé le dispositif interne "Stop violences" en 2018. Quant au PS, il s'est muni en 2021 d'une Commission de Lutte contre le Harcèlement et les Discriminations. En 2020, Renaissance avait créé une structure de signalement anonyme sous l'impulsion de Marlène Schiappa. Elle a par la suite étendu ses pouvoirs pouvant aller jusqu'à la sanction. À droite et à l'extrême droite, aucune structure particulière n'existe. En février 2022, l'observatoire des violences sexistes et politiques en politique a également été créé par les initiatrices de la tribune #Metoo en politique.

Les partis politiques doivent ils se substituer à la justice ?