Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron ©AFP
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Résumé

Alors que la loi sur le passe vaccinal était en débat à l'assemblée, le chef de l'état a montré son agacement envers les non-vaccinés, en déclarant qu'il "avait très envie de les emmerder". Dans cette même interview au Parisien, il a annoncé qu'il avait "très envie de se présenter en 2022".

avec :

Monique Canto-Sperber (Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine), Gérard Courtois (journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde), Aurélie Filippetti (Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls), Jean-Noël Jeanneney (Historien, ancien Président de la BNF, producteur de l'émission "Concordance des temps" sur France Culture).

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Selon un dernier sondage, le chef de l'Etat est crédité de 26% des intentions de vote au premier tour selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour "Le Parisien" et France Info. Et ce malgré ses propos sur les non vaccinés. Marine Le Pen et Valérie Pécresse arrivent derrière avec respectivement 17% et 16%, bien au-dessus de tous les autres candidats. Eric Zemmour continue de baisser dans les intentions de vote. Il est maintenant crédité de 12%. Sa reconduction relèverait de l'exploit : il deviendrait le premier président de la République réélu au suffrage universel hors cohabitation.

"J'ai envie" de me lancer dans la campagne 

Dans le Parisien Aujourd’hui en France du mardi 4 janvier, Emmanuel Macron a déclaré au sujet d'une candidature à l'élection présidentielle : "Il n'y a pas de faux suspens. J'ai envie. D_ès qu'il y aura les conditions sanitaires qui le permettent et que j'aurai clarifié ce sujet, en moi-même et par rapport à l'équation politique, je dirai ce qu'il en est avec la même liberté car je ne veux rien m’interdire". "Est-ce que je continue à avoir des ambitions, des rêves et des volontés pour notre pays ? Oui. Est-ce le temps des choix personnels alors que j’ai des décisions importantes à prendre à très court terme face à la pandémie ? Non. Est-ce que ce moment va venir, plutôt tôt que tard compte tenu du calendrier ? Oui. Cette décision se consolide en mon for intérieur. J’ai besoin d’être sûr d’être en capacité d’aller aussi loin que ce que je veux"._

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... et "très envie d'emmerder les non-vaccinés"

Alors que le nombre de contaminations explose en France (plus de 300 000 quotidiennement), le président de la république s'est emporté contre les personnes non vaccinées. Dans le Parisien-Aujourd'hui en France, le chef de l'état a déclaré : "Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout." Mais cette formule pourrait-elle lui porter préjudice s'il se lançait dans la campagne présidentielle ? Et pourquoi cette formule ? La formule employée par Emmanuel Macron peut se lire comme une référence à une formule attribuée à Georges Pompidou qui sermonnait, en 1966, un chargé de mission nommé Jacques Chirac : _« Mais arrêtez donc d’emmerder les Français ! Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux ! Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays ! ».  _Depuis la formule est devenue un classique et a été utilisée à de nombreuses reprises ces dernières années. En 2013, Jean-François Copé, alors chef de file de l’opposition à François Hollande, avait fait sienne la formule pompidolienne à l’Assemblée nationale lors d’un débat de censure en invectivant Jean-François de Rugy, alors au perchoir. En 2015, le présidentiable Alain Juppé s’était lui aussi approprié les mots de la figure tutélaire de la droite française. Il l’interprète alors comme une injonction à ranimer le goût de la chose publique chez les concitoyens. « Le président Pompidou disait N’emmerdez pas les Français. Il faut donner cette envie de politique aux Français », affirmait-t-il lors d'un débat à l'université Paris Dauphine.

Des déclarations précédentes où le chef de l'état laissait subsister le doute

Sans le dire clairement, Emmanuel Macron fait de moins en moins mystère de ses intentions. Ce fut également le cas lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre dernier, lorsqu’il a évoqué les «choix majeurs à faire pour notre nation» en 2022 tout en se revendiquant de «l’esprit de résistance» et de l’«esprit de tolérance». Ou lorsqu’il a promis : «Quelles que soient ma place et les circonstances, je continuerai à vous servir.» Ou encore lors de sa conférence de presse sur la présidence de l'Union Européenne le 9 décembre. Il a souhaité utiliser sa position pro-européenne comme un instrument de clivage politique dans la course à la présidentielle 2022. Emmanuel Macron en a fait la « part non négociable » de sa pensée politique, son « combat idéologique ». La voici maintenant érigée en argument de campagne.

Au-delà de la présidence française de l’Union européenne, et du tapis rouge qu’elle déroule au chef de l’État pour y tenir son discours pro-européen, une série de déplacements est en préparation. Objectif, réinstaller Emmanuel Macron dans le rôle de président réformateur. En la matière, le plan France 2030 se pose là avec ses usines à inaugurer, ses investissements verts à vanter ou ses investissements dans les technologies du futur à présenter. D’autres déplacements de «suivi d’engagements» sont à l’étude, comme à Marseille ou dans les Hauts-de-France.

La question qui est sur toutes les lèvres : quand se déclarera t'il ? De l'avis de tous, ce ne sera pas avant le 19 janvier, date à laquelle l'hôte de l'Elysée s'adressera aux eurodéputés dans le cadre de la présidence française du conseil de l'Union Européenne. La fenêtre de tir souvent évoquée se situe entre fin janvier et début février.

En coulisse, LREM s'active pour trouver les parrainages 

La République en marche s'active déjà pour lancer la campagne du président sortant Emmanuel Macron. Notamment pour la collecte des parrainages. De plus, des dizaines de nouveaux salariés ont rejoint le QG de campagne de La République En Marche. Des équipes censées tout préparer pour le jour où Emmanuel Macron sera candidat. Il faut mobiliser les soutiens, les élus, pré-réserver des salles ou encore organiser les ripostes de communication, même si le président n’est pas encore dans l’arène. Mi-décembre, Jean-Baptiste Lemoyne accompagné de nombreux parlementaires des Français de l’étranger a lancé le début de la campagne (de soutien) d’Emmanuel Macron pour la présidentielle 2022. Les marcheurs du monde entier le scandent, ils veulent 5 ans de plus avec le président. Enfin, le 29 novembre, le mouvement "ensemble citoyens" a été lancé. Une maison commune qui rassemble En Marche, le Modem, Agir et Horizons, Territoires de progrès et En Commun. 

Références

L'équipe

Patrick Cohen
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Collaboration