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**L’Islam et l’Occident : **

Mardi 11 septembre, les attaques contre les représentations diplomatiques des Etats-Unis en Egypte et en Libye ont provoqué dans ce dernier pays la mort de l’ambassadeur américain et de trois fonctionnaires, après la diffusion sur internet d’un extrait d’un quart d’heure de L’innocence des musulmans, film dans lequel Mahomet est présenté comme un bâtard obsédé sexuel, pédophile, et sanguinaire. L’auteur présumé de ce film est un citoyen américain, Nakoula Basseley-Nakoula, chrétien originaire d’Egypte. Le président Obama a rappelé la tradition étatsunienne de respect de toutes les religions avant de condamner les actes de violence commis contre les diplomates. Le président tunisien Moncef Marzouki a affirmé : « Nous ne faisons pas l'amalgame entre ce qu’a fait (l'auteur du film) et l'administration et le peuple américains », tandis que le président égyptien Mohammed Morsi a rappelé que « tuer des innocents n'[était] pas accepté par l'Islam ». Plusieurs milliers de protestataires se sont rassemblés le 13 septembre en Irak, en Iran, au Bangladesh et au Yémen, puis les jours suivants au Maroc, en Tunisie, au Soudan, au Liban, dans la bande de Gaza, ainsi qu’en Inde, en Afghanistan et en Indonésie. Des ambassades américaines ont été prises d’assaut à Tunis, Islamabad, au Caire et à Sanaa, tandis que celle d'Allemagne à Khartoum a été incendiée. « Les peuples d’Egypte, de Libye, du Yémen et de Tunisie n’ont pas troqué la tyrannie d’un dictateur pour la tyrannie des foules », a déclaré Hillary Clinton vendredi.

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A Paris, le 15 septembre, une manifestation anti-américaine non déclarée a réuni 200 personnes aux abords de l'Ambassade des États-Unis. Elle a abouti à 152 interpellations. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré « Il n’y a pas de raison qu’on laisse dans notre pays venir des conflits qui ne concernent pas la France », avant d’annoncer le rejet d’une demande d’autorisation de manifester hier à Paris contre L’Innocence des musulmans . Le même jour, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé que, dans le « contexte » actuel, la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo « jetait de l’huile sur le feu ». Lors de la cérémonie annuelle d’hommage aux victimes du terrorisme, François Hollande a rejeté « la tentation de céder aux chantages, (…) pressions [et] menaces», affirmant que « la liberté, la laïcité, la dignité ne se négoci[ai]ent pas ». Par mesure de précaution, les ambassades et écoles françaises ont été fermées vendredi dans une vingtaine de pays au Maghreb, au Proche-Orient, en Inde, en Afghanistan, au Pakistan et en Indonésie.

Lors de sa visite au Liban du 14 au 16 septembre, le Pape Benoît XVI a rappelé le rôle des croyants et des responsables religieux dans la construction et le maintien de la paix, tout en refusant « une stratégie communautariste qui tendrait vers un Proche-Orient monochrome ». Il a demandé que « cesse l’importation des armes » en Syrie, et souhaité « des solutions pour que chacun soit accepté dans sa différence ». En 18 mois, les violences en Syrie ont causé la mort de 27.379 personnes, dont plus de 70% de civils désarmés ou ayant pris les armes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés recense plus de 250.000 réfugiés à l'étranger, la plupart dans des camps dans les pays voisins de la Syrie, dont 70.000 au Liban.

**L’état de la droite et du centre : **

Le 4ème congrès de l’UMP se tiendra le 18 novembre prochain. Les quelques 264.000 adhérents y seront pour la première fois appelés à élire leur président. François Fillon et Jean-François Copé seront les seuls candidats en lice, après l’annonce du retrait de Nathalie Kosciusko-Morizet, de Bruno Le Maire et d’Henri Guaino, qui ne sont pas parvenus à réunir les 7.924 parrainages de militants nécessaires pour concourir. Jean-François Copé a annoncé hier avoir recueilli 46.103 parrainages, selon un document établi par un huissier requis par ses soins. François Fillon en avait quant à lui revendiqué 45.000 mardi, dont 35.000 remis à l’UMP. Dimanche, Xavier Bertrand avait lui aussi annoncé son retrait. Jeudi, Alain Juppé a déclaré craindre que « l’affrontement » entre les deux candidats ne « fragilise l’UMP » et que la « personnalisation » ne « durcisse les positions ».

Lors du congrès, les adhérents seront également appelés à apporter leur voix à des motions qui, à condition de réunir 10% des suffrages, seront instituées en « mouvements », dotés de moyens et de représentants au sein de l’équipe dirigeante du parti. Sept motions ont été déposées : la « France moderne et humaniste » constituée autour de Jean-Pierre Raffarin, Luc Chatel et Jean Leonetti ; la « droite sociale » de Laurent Wauquiez le « Rassemblement gaulliste » fondé par Michèle Alliot-Marie et rallié par Henri Guaino et Roger Karoutchi la « droite populaire » de Thierry Mariani la « droite forte » de Geoffroy Didier et Guillaume Peltier la « boîte à idées » co-signée par les anciens ministres Chantal Jouanno, Bruno Le Maire, Hervé Gaymard et Benoist Apparu et enfin « Demain la droite », motion fondée par Franck Allisio.

Mardi, le président du parti radical valoisien Jean-Louis Borloo a annoncé la création d’une nouvelle formation, l’Union des démocrates et indépendants (UDI), qui a « vocation à construire une coalition du centre et de la droite républicaine ». M. Borloo, déjà président du groupe UDI à l’Assemblée, a indiqué que ce nouveau parti se situait « clairement dans l'opposition » et sera « un centre indépendant mais clair dans ses alliances et dans une coalition avec la droite. Plus de 200 parlementaires, personnalités et élus ont signé le pacte fondateur du mouvement, parmi lesquels les radicaux Yves Jégo et Rama Yade, le président du Nouveau Centre Hervé Morin, le président de l'Union centriste et républicaine du Sénat François Zocchetto, Jean Arthuis de l’Alliance centriste, Jean-Marie Bockel de la Gauche moderne, l’ancien garde des sceaux Michel Mercier, mais aussi le sénateur MoDem du Pas-de-Calais Jean-Marie Vanlerenberghe. François Bayrou s’est dit « ouvert à tout ce qui peut être signe de rassemblement, tout en étant intransigeant sur les principes. Le centre ne peut accepter de se situer d'un seul côté. Il n'y a rassemblement que si toutes les tendances du centre sont rassemblées ». Le premier congrès statutaire du parti aura lieu au printemps 2013, tandis qu’un meeting de lancement est prévu le 21 octobre à Paris.

**Invités : **

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

**Brèves : **

- Antigone , de Jean Anouilh au Théâtre du Vieux-Colombier, mise en scène de Marc Paquien, jusqu’au 25 octobre 2012. Réservations au 0825 10 1680 ou sur le site internet de la Comédie-Française.

  • Jisheng Yang, Stèles. Grande famine en Chine (1958-1961)(Seuil, 2012)
  • Robert Conquest, La grande terreur. Sanglantes moissons (Robert Laffont, coll. Bouquins, 2011)
  • Jacques Andréani, Identité française (Odile Jacob, 2012)
  • Revue Le débat n° 171, septembre-octobre 2012 (contient notamment : un dossier « L’année présidentielle » Bruno Le Maire, « Pour un renouveau de la droite républicaine » Robert Badinter, « Fin des lois mémorielles »; Gilles Keppel, « Journal de Libye »)
  • Thierry Gadault, *Areva mon amour. Enquête sur un pouvoir qui les rend fous * (François Bourin Editeur, 2012)
  • Lettre de François Miron, prévôt des marchands, au roi Henri IV, suite à la demande de ce dernier d’aménager la place Dauphine en réservant les habitations à des bourgeois et commerçants, à l’exclusion des artisans : « Cher Sire, Permettez que je me retire. En jurant fidélité au roi, j’ai promis de soutenir la royauté. Or, Votre Majesté me commande un acte pernicieux à la royauté. Je refuse. Je le répète à mon cher Maître et Souverain bien-aimé. C’est une malheureuse idée que de bâtir des quartiers à usage exclusif d’artisans et ouvriers. Dans une capitale ou se trouve le souverain, il ne faut pas que les petits soient d’un côté et les gros et dodus de l’autre. C’est beaucoup mieux et sûrement, quant tout est mélangé. Nos quartiers pauvres deviendront des citadelles qui bloqueraient nos quartiers riches. Or, comme le Louvre est la partie belle, il pourrait se faire que les balles vinssent ricocher sur votre couronne. Je ne veux pas, Sire, être le complice de cette mesure. ». Réponse de Henri IV : « Compère, vous êtes vif comme un hanneton, mais à la fin du compte un brave et loyal sujet. Soyez content, on fera vos volontés, et le Roi de France ira longtemps à votre belle école de sagesse et de prud’homie. Je vous attends à souper, et vous embrasse. ».