La découverte de cadavres à Izioum
La découverte de cadavres à Izioum ©AFP - SERGEY BOBOK
La découverte de cadavres à Izioum ©AFP - SERGEY BOBOK
La découverte de cadavres à Izioum ©AFP - SERGEY BOBOK
Publicité

Lundi 12 septembre, Volodymyr Zelensky affirmait que l'Ukraine avait repris 6000 km2 de territoire occupé par les Russes. Avec ces reconquêtes territoriales apparaissent les massacres perpétrés par l'armée Russe soit 440 corps retrouvés dans une fosse commune à Izioum.

Avec
  • Hubert Védrine diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
  • Anna Colin Lebedev Maîtresse de conférences à Paris Nanterre, spécialiste de l'Ukraine et de la Russie post-soviétique
  • Thomas Gomart Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Bruno Tertrais Politologue

En quelques jours, l’armée ukrainienne a réussi à bouleverser une ligne de front qui était gelée depuis des mois. Et à dessiner l’hypothèse — jusqu’alors invraisemblable — d’un effondrement de l’armée russe.

Lors d’une contre-attaque surprise menée avec 15 000 à 20 000 hommes au nord-est du pays, dans la région de Kharkiv, les troupes de Kiev ont donc repris des dizaines de villes et de villages occupés depuis 6 mois, en avançant de plus de 70 kilomètres dans les lignes ennemies. Dans leur retraite, les Russes ont abandonné un équipement considérable : chars, blindés, lance-roquettes, munitions…

Publicité
38 min

Ils ont aussi laissé derrière eux les preuves de leurs possibles exactions. Plus de 400 tombes et une fosse commune ont été découvertes jeudi près d’Izioum, ville stratégique de 50 000 habitants avant-guerre reprise aux forces russes. Avec sur certains cadavres déjà exhumés, des traces de torture ou de mort violente.

Le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a prévu d’enquêter. La présidence tchèque de l’Union Européenne appelle à la création d’un tribunal international spécial. Et malgré les dénégations de Moscou, 5 mois après les massacres de Boutcha, une nouvelle vague d’indignation s’est élevée d’Europe et des Etats-Unis.

Au moment précis où Vladimir Poutine recevait à Samarcande un soutien mesuré ou nuancé de deux grandes puissances jusqu’ici très bienveillantes : la Chine et l’Inde. Xi Jinping et Narendra Modi — de façon plus marquée encore chez le Premier ministre indien — ont fait part au leader russe de leur inquiétude ou de leur préoccupation face à la situation en Ukraine.

Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken en a déduit que Vladimir Poutine était désormais sous pression.

Que nous dit la débandade de l’armée russe sur le front est ? Comment Vladimir Poutine peut-il réagir à une telle humiliation ? Et à un tel opprobre international, face aux accusations de crimes de guerre ? Quel effet sur la société russe, où les revers de son armée ont été médiatisés ?

58 min