La bataille à droite

Eric Zemmour, Valérie Pécresse et Marine Le Pen : candidats à l'élection présidentielle
Eric Zemmour, Valérie Pécresse et Marine Le Pen : candidats à l'élection présidentielle ©AFP - LOIC VENANCE / Thomas SAMSON / STEPHANE DE SAKUTIN
Eric Zemmour, Valérie Pécresse et Marine Le Pen : candidats à l'élection présidentielle ©AFP - LOIC VENANCE / Thomas SAMSON / STEPHANE DE SAKUTIN
Eric Zemmour, Valérie Pécresse et Marine Le Pen : candidats à l'élection présidentielle ©AFP - LOIC VENANCE / Thomas SAMSON / STEPHANE DE SAKUTIN
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Alors que la gauche ne décolle pas dans les sondages, à droite trois candidats se font face: Eric Zemmour, Marine Le Pen et Valérie Pécresse. Ils s'affrontent sur le terrain sécuritaire, l'immigration, usant des mêmes expressions.

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Selon le dernier sondage Ifop pour Paris Match, LCI et Sud Radio, le candidat Reconquête! est crédité de 16,5% d'intentions de vote, devant ses adversaires, pour le Rassemblement National Marine Le Pen (16%) et pour Les Républicains Valérie Pécresse (15%). Donné à 25%, le président sortant, Emmanuel Macron, continue quant à lui de faire tranquillement la course en tête, loin devant ses futurs adversaires.

Valérie Pécresse ou le meeting qui lui porte préjudice

Son meeting de dimanche dernier, le 13 février semble bien lui avoir porté préjudice. Critiqué sur la forme et sur le fond, la candidate reconnait avoir des progrès oratoires à faire et avoue avoir été dominée par la salle au lieu de la dominer. Session de rattrapage cette semaine avec un meeting en Vendée et au Cannet vendredi. Fini les grands discours, la candidate et son équipe ont décidé de montrer une candidate plus naturelle et plus à l'aise dans des meetings resserrés.

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Les difficultés pour la candidate Les Républicains : récupérer les électeurs de droite partis chez Emmanuel Macron et ceux tentés par Eric Zemmour ou Marine Le Pen. C'est donc sur leur terrain qu'elle doit les combattre, l'immigration, le régalien et des expressions qui font réagir...

A peine désignée après le congrès Les Républicains, elle avait indiqué qu’elle ne reprendrait pas d’idées d'Eric Ciotti, le jugeant trop à droite. Quelques semaines plus tard, elle reprenait l'expression "le karcher" de Nicolas Sarkozy. Au fil des semaines, elle enchaîne les expressions chocs propres à l'extrême droite: "Français de papier", "grand remplacement", "zones de non France"...  Après un meeting qui a été critiqué dans son propre camp, la candidate s'adoucit et cherche à se montrer plus proche des français en se racontant dans des podcast. Longtemps, Valérie Pécresse s’est présentée comme "un homme politique comme un autre". Elle assure aujourd’hui qu’élire une femme "doit changer quelque chose dans la vie du pays, sinon cela ne sert à rien". Admiratrice de Simone Veil, elle se réclame de l'ancienne chancelière Angela Merkel et de l'ex-chef du gouvernement britannique Margaret Thatcher et se vante d'avoir fait émerger des femmes "dont certaines se font entendre au niveau national", comme Florence Portelli ou Agnès Evren.

Marine Le Pen, la martyre?

Jérôme Rivière, Stéphane Ravier, Gilbert Collard, Maxime Pirbakas et plus récemment Nicolas Bay : nombreux sont les politiques qui ont quitté le Rassemblement National pour se rallier à Eric Zemmour. La veille de son départ, Nicolas Bay, membre du bureau exécutif (direction), avait été suspendu de ses fonctions par le RN, accusé de "sabotage" par le parti au profit d'Eric Zemmour, ce qu'il réfute.

Lâchée par sa nièce, Marion Maréchal (qui hésite à rallier Eric Zemmour) la candidate du Rassemblement national poursuit son recentrage et fait le pari de la popularité pour mieux consolider son électorat. Ses proches pensent que le martyre de "sainte Marine" va renforcer sa relation avec les Français. Elle concentre ses efforts pour transformer le parti Front National dont elle a hérité de son père Jean-Marie Le Pen, tente de faire oublier son débat de 2017 face à Emmanuel Macron et tente de concurrencer cette inattendue et féroce candidature d'Eric Zemmour. Depuis des mois, elle essaye de se montrer comme la mère aimante au chevet de "la France des oubliés". Celle des classes populaires, des jeunes et de la ruralité à qui la gauche ne parlerait plus et à laquelle Zemmour ne sait pas parler. Elle s'érige en présidente de la "paix civile" alors qu'Eric Zemmour déclare que "la guerre civile est déjà là". Il l’humanise et la recentre. Son équipe s'attache à la rendre plus proche des Français. Et cela semble fonctionner. Selon l'institut kantar public, les Français la perçoivent comme la représentante d'une "droite patriote et attachée aux valeurs familiales" plutôt que celle d'une "extrême droite nationaliste et xénophobe". Enfin elle a enchaîné les émissions de télévision parlant de ses chats ou de sa colocataire.

Eric Zemmour, l'extrême droite assumée

Sa stratégie : les sorties musclées, les grandes phrases polémiques. Il répète que Marine ne peut pas gagner parlant de sa "candidature de routine" avant de la comparer à la figure emblématique de Lutte Ouvrière et six fois candidate à la présidentielle : "C'est un peu notre Arlette Laguiller de la droite nationale, Marine Le Pen." Dès son premier meeting de campagne, le candidat du parti Reconquête a clairement affiché ses positions radicales notamment sur l'islam et l'immigration, prônant une immigration zéro. La démarche d’Éric Zemmour est singulière. Il a choisi d’agir hors de partis politiques qui sont largement sclérosés. Il souhaite l'union des droites, celle du RN et des LR :"je me suis engagé pour faire ce que ni Valérie Pécresse ni Marine Le Pen ne peuvent faire, c'est-à-dire l'union des droites. Marine Le Pen ne peut pas le faire car aucun électeur de LR n'est prêt à voter pour elle. Valérie Pécresse ne veut pas le faire parce qu'elle est prise au piège par les vieilles lunes du cordon sanitaire." Propos sexistes, immigration zéro, critiques des médias: le candidat du parti Reconquête! semble s'inspirer de l'ancien chef d'état américain, Donald Trump. Il a d'ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale.

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