La dette publique s'envole
La dette publique s'envole ©Getty
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Au premier trimestre, la dette publique a dépassé les 2 900 milliards d’euros soit 114,5 % du PIB. En cause, la politique du quoi qu'il en coûte du gouvernement. Mais est ce la seule raison ? Comment réduire la dette et aider les français dont le pouvoir d'achat diminue...

Avec
  • Brice Couturier Journaliste, producteur jusqu'en juin 2021 de la chronique "Le Tour du monde des idées" sur France Culture
  • Thierry Pech directeur général de Terra Nova
  • Gérard Le Gall analyste politique, ancien conseiller auprès de Lionel Jospin de 1997 à 2002, ancien responsable des études d’opinion au PS.
  • Monique Canto-Sperber Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine

Les recettes de l’état dépassent de 55 milliards d’euros les prévisions du budget. À titre de comparaison, cela représente le budget de l'Éducation Nationale. "Sur les 55 milliards, autour de 30 sont liés à 'activité économique de l’an dernier et 25 à celle de cette année" a affirmé Gabriel Attal, ministres des Comptes publics sur France Inter. La bonne surprise vient en effet des recettes, puisque grâce à de meilleures rentrées fiscales et sociales attendues (TVA, impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, cotisations). Les 55 milliards pourraient donc être utilisés pour combler en partie ce déficit, pour financer les mesures pouvoir d'achat ou encore rembourser notre dette.

Le dette publique s'envole

"Nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques", a asséné Bruno Le Maire, lundi 27 juin, sur RMC et BFM-TV. "Les conditions de financement ont changé. Nous pouvions emprunter à des taux négatifs et, aujourd’hui, nous empruntons à plus de 2 %. Quand l’inflation augmente, la charge de la dette augmente aussi de plusieurs milliards d’euros", a justifié le ministre de l’économie. "Il est impératif de réduire notre endettement public, qui est une atteinte à l’indépendance de notre souveraineté", a encore insisté M. Le Maire, alors que la dette publique a dépassé les 2 900 milliards d’euros au premier trimestre, soit 114,5 % du PIB.

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Pourtant, le gouvernement s’apprête à présenter, mercredi 6 juillet, un projet de loi sur le pouvoir d’achat assorti d’un budget rectificatif qui devraient singulièrement alourdir la facture des dépenses publiques. Prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité, instauration d’un "bouclier loyer", remise de 18 centimes à la pompe au moins jusqu’en août, revalorisation des retraites, mesure "gros rouleurs" encore à préciser, chèque inflation, triplement de la prime Macron jusqu’à 6000 euros, dégel du point d’indice des fonctionnaires, suppression de la redevance télé… Un inventaire à la Prévert, qui se chiffre vraisemblablement déjà en dizaines de milliards d’euros. Ainsi, la seule revalorisation des minima sociaux de 4 % à partir de juillet devrait coûter au total quelque 8 milliards d’euros.

Une expression immédiatement reprise par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, selon qui la cote d’alerte ne serait pas seulement atteinte, mais "déjà largement dépassée".

La présentation du paquet pourvoir d'achat mercredi 6 juillet

Malgré cette envolée de la dette, Elisabeth Borne présentera le paquet de loi sur le pouvoir d’achat mercredi 6 juillet en conseil des ministres avant d’être examinée par l’assemblée nationale le 18 juillet. Au programme : revalorisation des prestations sociales et des pensions de retraites, "prime de transport" élargie, doublement de la "prime Macron" ou encore indemnité inflation...Voici sept mesures qui devraient composer le paquet pouvoir d'achat du gouvernement. Mais il faudra trouver un consensus avec les députés de l’Assemblée Nationale. Le coût estimé de ce paquet est de 25 milliard d'euros.