Jacques Mistral, auteur de "La troisième révolution américaine" et lauréat du prix du livre d’économie avec Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, en 2008
Jacques Mistral, auteur de "La troisième révolution américaine" et lauréat du prix du livre d’économie avec Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, en 2008
Jacques Mistral, auteur de "La troisième révolution américaine" et lauréat du prix du livre d’économie avec Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, en 2008 ©Sipa - MEIGNEUX
Jacques Mistral, auteur de "La troisième révolution américaine" et lauréat du prix du livre d’économie avec Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, en 2008 ©Sipa - MEIGNEUX
Jacques Mistral, auteur de "La troisième révolution américaine" et lauréat du prix du livre d’économie avec Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, en 2008 ©Sipa - MEIGNEUX
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Résumé

Dans un article intitulé « La France en faillite ? » publié en 2010 dans la revue Le Débat, Jacques Mistral évoquait les difficultés historiques de la France à trouver sa place dans tout processus de mondialisation. Quel diagnostic six ans plus tard ?

avec :

François Bujon de l'Estang (diplomate), Nicole Gnesotto (Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.), Jacques Mistral (Directeur de recherches à la Brookings Institution à Washington et conseiller spécial à l'IFRi), Jean-Louis Bourlanges (Député Modem des Hauts de Seine, président de la commission des affaires étrangères et ancien député européen, essayiste).

En savoir plus

Économiste, conseiller spécial à l’IFRI, et professeur à l’université Harvard et de Nankin, vous avez mené, Jacques Mistral, une carrière allant du professorat à la haute fonction publique et à l’entreprise. Merci d’avoir accepté notre invitation à réfléchir sur la gouvernance mondiale.

La situation de l’économie mondiale pourrait sans doute être décrite comme un désordre globalisé : volatilité des taux et des changes, instabilité du système financier et bancaire, déséquilibres entre les balances des paiements, croissance en berne, crise des approvisionnements en énergie et en matières premières, aggravation spectaculaire des inégalités : autant de facteurs de tension, d’incertitudes.

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La mondialisation n’est pas une expérience nouvelle, aimez-vous à rappeler, Jacques Mistral, mais elle pourrait bien échapper désormais à toute forme de régulation. Dans votre livre Guerre et paix entre les monnaies, paru il y a deux ans, vous soutenez que le XXIe siècle verra s’établir un système post-hégémonique qui devra faire face à trois enjeux majeurs:

- la place qu’occuperont les Etats-Unis dans le monde ;

- l’organisation d’un monde multipolaire dominé par quelques grands acteurs qui cherchent chacun à maximiser leurs intérêts ;

- l’hétérogénéité d’un monde qui remet en cause la modernité occidentale. Leaderships affaiblis, choc des intérêts nationaux et concurrence des systèmes et des valeurs sont les données incontournables de l’élaboration d’un système nouveau, multilatéraliste et ambitieux.

Qui dit gouvernance mondiale dit système monétaire international. dans A vos yeux, les défauts majeurs de l’actuel système sont notamment l’excès de liquidité venant des États-Unis, la volatilité des taux de change, ou l’incapacité à contenir le chômage et l’exclusion des classes populaires. Vous nous direz comment, à votre avis, ce système monétaire international peut être réformé, voire refondé.

Dans un article intitulé « La France en faillite ? » publié en 2010 dans la revue Le Débat, vous évoquiez les difficultés historiques de la France à trouver sa place dans tout processus de mondialisation (les difficultés et les réticences). Vous en tiriez des conclusions inquiètes quant à la capacité de notre pays à repartir dans un cycle de croissance durable dans les années à venir après la fragilité persistante de notre économie constatée lors de la décennie écoulée. Nous vous interrogerons sur votre diagnostic six ans plus tard, mais peut-être voudrez-vous commencer par revenir sur l’ancienneté de ce phénomène que nous appelons aujourd’hui « mondialisation ».