Deux femmes s'éclairent à la bougie
Deux femmes s'éclairent à la bougie ©Getty
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Depuis quelques semaines, la France redoute des coupures d'électricité pour janvier 2023. Entreprises et citoyens sont incités à faire des efforts pour réduire leur consommation d'électricité. Une menace sérieuse puisque le gouvernement a envoyé une circulaire aux préfets.

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Samedi 3 décembre, Emmanuel Macron a appelé les Français à ne pas céder à la "panique" à propos d'éventuelles coupures d'électricité cet hiver, en soulignant que le gouvernement travaille sur un "scénario extrême" qu'il est, selon lui, tout à fait possible d'éviter si la consommation était baissée de 10 %. Il y a quelques jours, le gouvernement d'Élisabeth Borne a présenté une série de mesures pour faire face à d'éventuelles coupures d'électricité cet hiver. Mais pour Emmanuel Macron, "c'est la responsabilité du gouvernement, en lien avec les acteurs compétents, de préparer ces scénarios et pour permettre que le pays ne soit pas en désordre complet".

La panique énergétique

Matignon a envoyé ce mercredi aux préfets une circulaire qui doit organiser les coupures d’électricité cet hiver en cas de manque de production d’électricité. Trois jours avant la coupure, une alerte sera envoyée via les médias et l'application Ecowatt. "Mais ce n’est que la veille qu’on décidera de couper", insiste le gouvernement. Les coupures de courant seront programmées et ciblées (deux heures consécutives maximum avec des délestages confirmés la veille) en cas de surcharge du réseau électrique. Les écoles ne seront pas épargnées et dans ce cas fermées. Des trains, métros ou tramways pourront être annulés ou interrompus pour éviter d'avoir des passagers bloqués en pleine voie. Les gestionnaires de transport et de distribution de l'électricité vont tester un "plan de délestage électrique programmé" qui s'étale sur trois jours.

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Face à la panique énergétique qui s'est emparée de la France, le Président s'est voulu rassurant hier : "Mon message c'est responsabilité mais en aucun cas 'panique'".

Pourquoi ces coupures d'électricité ?

L'année 2022 est marquée par plusieurs évènements qui, mis bout à bout, créent des difficultés pour produire de l'électricité et répondre à la demande :

  • Les tensions sur le marché de l'énergie : entre la reprise économique à la sortie de la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine qui menace l'approvisionnement en gaz, les pays européens traversent une crise énergétique sans précédent. Les tensions sur l'approvisionnement provoquent une forte hausse des prix (notamment le prix de l'électricité) ;
  • La transition écologique : depuis 2017, des centrales de fuel et de charbon ont été fermées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, ce qui implique une demande plus importante en gaz et en nucléaire ;
  • Le retard des énergies renouvelables : en 2020, les énergies renouvelables constituaient 19,1 % de l'électricité produite alors que l'objectif était d'atteindre 23 % ;
  • Le déficit de production d'électricité d'origine nucléaire : du fait de travaux de maintenance, d'incidents de corrosion, de microfissures sur les circuits de refroidissement, la sécheresse des cours d'eaux, le vieillissement des infrastructures... Actuellement, sur les 56 réacteurs nucléaires d'EDF, 26 sont à l'arrêt. En temps normal, le parc nucléaire fournit 70 % de l’électricité du pays.

De très exportatrice d'électricité, la France est devenue "très légèrement importatrice" cette année.

Comment éviter ces coupures d'électricité ?

La France a activé plusieurs leviers pour assurer la continuité de l’approvisionnement en gaz cet hiver :

  • D’abord, RTE et Enedis peuvent débrancher des usines très consommatrices. Ensuite, la tension peut être abaissée de 5 %.
  • Le remplissage des stockages à 100 % au 1er novembre 2022,
  • La diversification des approvisionnements avec plus de GNL,
  • Dans un courrier envoyé le 4 novembre à EDF, la ministre de la Transition Agnès Pannier-Runacher a aussi demandé "de tout mettre en œuvre pour dégager de nouvelles marges de manœuvre pour le passage de l'hiver", notamment en boostant la production issue des barrages hydroélectriques et des éoliennes.
  • L’incitation forte à la sobriété.
  • Le plan de sobriété énergétique adopté en juillet 2022 recommande une baisse de 10 % de la consommation nationale d'énergie par rapport à l'année dernière.

À l'échelle domestique, il est recommandé d'adopter des "écogestes" comme baisser le chauffage d'un ou deux degrés, réduire les éclairages, généraliser l'éclairage LED, utiliser les appareils électriques les plus consommateurs (lave-vaisselle, machine à laver...) hors des heures de pointe, faire fonctionner le chauffe-eau pendant les heures creuses...

À l'échelle des entreprises, les dirigeants doivent anticiper la pénurie d'électricité en réduisant d'ores et déjà leur consommation d'énergie : réduire l'éclairage intérieur des bâtiments, réduire le chauffage d'un ou deux degrés, anticiper la montée en température des bureaux et commerces avant 8h, limiter la consommation en fin de journée dans les locaux inoccupés, encourager le télétravail…

Les Français semblent écouter ces alertes énergétiques. La France consomme aujourd'hui environ "moins 6 % par rapport à une année normale", car "la grande industrie a limité sa production". "Les particuliers commencent à baisser leur consommation", de 1 % selon Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE,

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