Manifestation devant le Parlement britannique le 20 février 2017 ©AFP - Justin Tallis
Manifestation devant le Parlement britannique le 20 février 2017 ©AFP - Justin Tallis
Manifestation devant le Parlement britannique le 20 février 2017 ©AFP - Justin Tallis
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Résumé

Avec Pauline Schnapper, professeur de civilisation britannique à l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle

avec :

Nicole Gnesotto (Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.), Michaela Wiegel (Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung), Pauline Schnapper (Professeure de civilisation britannique à l’université Sorbonne Nouvelle), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova).

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LE ROYAUME-UNI AVEC PAULINE SCHNAPPER

Pauline Schnapper, vous êtes normalienne, agrégée d’Anglais et docteur en Science Politique. Spécialiste du système britannique et de la vie politique au Royaume-Uni, vous êtes membre de l’Institut Universitaire de France et professeur de civilisation britannique à l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Avec vous, nous allons nous intéresser à la situation du Royaume-Uni alors qu’à l’heure où nous enregistrons cette émission le Parlement de Westminster vient d’adopter le projet de loi qui autorise la Première ministre Theresa May à activer le Brexit.

Le 23 juin dernier, les électeurs britanniques ont voté à 51,9% en faveur de la sortie de l’Union européenne. Le scrutin a révélé de profondes différences entre les différentes nations qui forment le Royaume-Uni : si l’Angleterre et le Pays de Galles ont respectivement voté à 53,4% et à 52,5% en faveur du Brexit, les électeurs écossais s’y sont opposés à 62% et les Irlandais du Nord à 55,8%. Le premier ministre David Cameron, initiateur du référendum, a présenté sa démission après l’annonce des résultats du scrutin. Theresa May lui a succédé au 10 Downing Street et à la tête du parti conservateur.

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La nouvelle cheffe du gouvernement s’est prononcée pour la mise en œuvre d’un Brexit «clair et net » sous la forme d’un nouveau partenariat équitable, et d’un « accès le plus large possible au marché commun » délié de la politique commerciale commune et des tarifs extérieurs communs qu’elle implique. Theresa May, qui avait affiché son intention de déclencher l’article 50 du TUE relatif à la sortie de l’Union européenne sans l’aval du Parlement, a dû attendre sous la contrainte de la Cour suprême le vote du parlement du 8 mars l’autorisant à lancer les négociations avec Bruxelles. Ces tractations devraient commencer avant le 31 mars et aboutir d’ici deux ans au plus tard.

Londres aborde cette période avec une situation économique solide : Le Royaume-Uni a connu une croissance de 2% en 2016 et anticipe un chiffre équivalent en 2017. Le chômage touche 4,8% de la population active (le plus bas depuis l’été 2005) et le déficit public est passé à 2,6% du PIB. La baisse de la livre a néanmoins conduit à une hausse des prix des produits importés et pourrait conduire à une baisse des investissements ainsi qu’à une remontée des taux d’intérêts. Ces éléments ont conduit le Chancelier de l’Echiquier Philip Hammond à « se garder de toute autosatisfaction » et à annoncer la poursuite d’une politique d’austérité budgétaire dans la perspective d’éventuelles mesures de relance. Londres est de surcroît confrontée au retour de la question de l’indépendance de l’Ecosse : La Première ministre écossaise et leader du parti indépendantiste SNP Nicola Sturgeon a annoncé qu’elle demanderai au parlement d’Edinbourg l’autorisation d’organiser un nouveau référendum avant la fin des négociations sur le Brexit. Cette nouvelle consultation doit « permettre à l’Ecosse de décider de son avenir avant qu’il ne soit trop tard ».

Pauline Schnapper, d’après vous, le Brexit est-il l’aboutissement logique des rapports ambigus qu’entretiennent Londres et Bruxelles ? Comment le parti travailliste peut-il se ressaisir face à cette situation et à la division des conservateurs sur les conditions de sortie de l’Union ? Quels enseignements tirer du Brexit sur l’état de la société outre-manche ? Le divorce avec l’Union Européenne est-il la première étape d’un mouvement qui, à terme, mènera à la désunion du Royaume ?

Philippe Meyer a recommandé le dernier album du Trio Wanderer : Antonín Dvořák (1841-1904) : Trios op. 90 et 65 chez Harmonia Mundi

Références

L'équipe

Philippe Meyer
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation