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LE VOYAGE DU PAPE À CUBA ET AUX ÉTATS-UNIS

Barack et Michelle Obama
Barack et Michelle Obama
© Radio France - DR

Dimanche dernier, le pape François rentrait à Rome après un voyage apostolique d’une semaine à Cuba et aux Etats-Unis. A Cuba d’abord, un peu plus de deux mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, auquel le pontife argentin avait œuvré et après lequel il a voulu commencer son voyage par cette île. Jean-Paul II et Benoît XVI s’étaient eux aussi rendu à Cuba, mais seul François a pu le faire dans un contexte favorable. Raul Castro n’avait-il pas déclaré, après sa visite au Vatican en mai dernier, qu’il « retournerait à l’Église catholique si le pape continuait à parler ainsi » . Un pape qui l’exhorte à favoriser une libéralisation politique et qui a naguère condamné l’embargo économique imposé par les Etats-Unis.

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L’arrivée sur le sol de la première puissance mondiale du pape François était précédée, en juin dernier, par la publication de l’encyclique *Laudato si, * dans laquelleil réclame un changement radical « de style de vie, de production et de consommation » . Sa condamnation du capitalisme vise de fait la politique économique menée par les Etats-Unis. Pourtant, journalistes et élus du Parti républicain le qualifient d’allié de Barack Obama, avec lequel il s’est entretenu dès son arrivée à Washington. Le pape François salue l’accord trouvé sur le nucléaire iranien et insiste fortement sur la mise en place d’une politique écologique. Ce thème a occupé une place importante dans son discours prononcé devant les deux Chambres du Congrès, le 24 septembre. Dans cette première allocution d’un pape au Congrès américain, il a en outre défendu l’immigration, provoquant la crispation d’une partie des républicains, et appelé à l’abolition de la peine de mort qui est encore appliquée dans trente-et-un États. Le lendemain, lors de son discours à l’ONU, le pape a mentionné un « droit de l’environnement » et exhorté les chefs d’État à prendre des décisions lors de la COP21 qui devra « aboutir à des accords fondamentaux et efficaces ».

Mais le pape François a rassuré le parti républicain par ses prises de position réitérées sur les sujets de société, comme la condamnation de l’avortement et du mariage entre personnes de même sexe, légalisé en juin par la Cour suprême sur l’ensemble du territoire. Il a martelé l’importance des familles alors que s’ouvre aujourd’hui à Rome la deuxième partie du synode consacré à cette question.

La venue de François aux États-Unis a attiré des millions de personnes et sa visite a été décrite quasi-unanimement par la presse comme un succès.

SYRIE : L'ÉVOLUTION DES ÉQUILIBRES MILITAIRES ET DIPLOMATIQUES
L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), qui s’est déroulée cette semaine à New York, a été centrée sur la question du conflit syrien et marquée par la montée en puissance diplomatique de la Russie sur ce dossier. Le président russe Vladimir Poutine, dont c’était la première visite à l’ONU depuis dix ans, a proposé à la tribune la formation d’une large coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI), qui inclurait des Etats occidentaux, des Etats arabes, l’Iran, la Russie ainsi que les forces armées du président syrien Bachar Al-Assad.

Cette démarche, qui fait suite à plusieurs semaines de renforcement militaire russe en Syrie, a été accueillie de façon mitigée par les puissances occidentales. Les dirigeants français et américain se sont montrés ouverts à certaines propositions de Moscou. Ils se sont notamment dits prêts à faire front commun avec la Russie et l’Iran et à accepter que Bachar Al-Assad reste au pouvoir le temps d’une « transition politique ». En outre, au cours d’un tête-à-tête de quatre-vingt-dix minutes, Barack Obama et Vladimir Poutine ont convenu d’un accord de coopération tactique afin d’éviter les incidents entre leurs armées respectives.

Toutefois, d’importantes divergences ont persisté entre Moscou et les capitales occidentales quant au rôle que devrait tenir le régime de Bachar Al-Assad dans la résolution du conflit. S’exprimant à la tribune des Nations-Unies deux heures après son homologue du Kremlin, Barack Obama a exclu toute solution qui impliquerait le maintien au pouvoir d’Assad, qu’il a qualifié de « tyran ». François Hollande a lui aussi insisté sur la nécessité du départ du président syrien à terme, pointant l’impossibilité de « faire travailler ensemble les victimes et le bourreau.»

Or, la Russie a intensifié son soutien militaire à Damas en lançant mercredi 30 septembre ses premières frappes aériennes en Syrie, invoquant une demande d’aide militaire de la part de Bachar Al-Assad. Bien que le Kremlin ait affirmé cibler des positions de l’EI, les observateurs internationaux se sont montrés dubitatifs, car les bombardements ont eu lieu dans les provinces de Homs, de Hama et d’Idlib, qui ne sont pas sous le contrôle de Daech.

Ashton Carter, le secrétaire d’Etat américain à la défense, a ainsi indiqué que les avions russes avaient visé des zones où il n’y avait « probablement » pas de forces de l’EI, tandis que le ministre de la défense français Jean-Yves Le Drian a déclaré que « les forces russes n’avaient curieusement pas frappé Daech ». La perspective d’une alliance entre la Russie et les puissances occidentales semble par conséquent s’éloigner, et ce d’autant plus que le parquet de Paris a annoncé dans le même temps l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « crime contre l’humanité » visant Bachar Al-Assad.

Brèves

Michaela WIEGEL : Opération César , photographe de la police militaire syrienne (Stock, parution le 7 octobre 2015)

François BUJON DE L'ESTANG : Le Désert , Félicien David, Orchestre de chambre de Paris sous la direction de Laurence Equilbey (Naïve, 2015)

Thierry PECH a voulu "rendre hommage" à Nicolas Sarkozy pour sa décision concernant le retrait de l'investiture de Nadine Morano aux régionales des Républicains...

... et Jean-Louis BOURLANGES a rebondi en commentant l'usage du mot "race".

Philippe MEYER a parlé de l'opération "Journée sans voitures" à Paris qui avait lieu le dimanche 27 septembre.