Le référendum sur l'autonomie en Nouvelle-Calédonie / le président Ukrainien visite ses troupes
Le référendum sur l'autonomie en Nouvelle-Calédonie / le président Ukrainien visite ses troupes ©AFP
Le référendum sur l'autonomie en Nouvelle-Calédonie / le président Ukrainien visite ses troupes ©AFP
Le référendum sur l'autonomie en Nouvelle-Calédonie / le président Ukrainien visite ses troupes ©AFP
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Dimanche 12 décembre, les Calédoniens sont appelés aux urnes pour la 3e fois pour voter sur l'indépendance du Caillou. Depuis plusieurs mois, de nombreux soldats russes se massent à la frontière avec l'Ukraine.

Avec
  • Thomas Gomart Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Gérard Courtois Journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Thierry Pech Directeur général de Terra Nova
  • Sylvie Kauffmann Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.

La position officielle du gouvernement sur la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie est claire : neutralité et respect de la décision des Calédoniens, quelle qu’elle soit dimanche 12 décembre. Mais malgré ce devoir de réserve, il est facile de lire entre les lignes. "La France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie", a ainsi déclaré le président de la République, Emmanuel Macron, en visite à Nouméa en mai 2018 avant le premier référendum.

Les richesses de la Nouvelle Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, deux référendums ont déjà eu lieu en 2018 et 2020, remportés par les pro-France avec 56,7% puis 53,3%. Pour la troisième et dernière fois, les Calédoniens sont donc appelés aux urnes dimanche 12 décembre. Mais quel que soit le résultat, de nouvelles relations entre la Nouvelle-Calédonie et la France devront nécessairement être tissées au cours d’une période de transition de dix-huit mois, du 13 décembre 2021 au 30 juin 2023. L’État français sera alors tenu par une obligation constitutionnelle d’ouvrir une négociation politique.

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Les territoires d'Outre-Mer représentent 10,2 millions de kilomètres carrés d’espaces maritimes, répartis sur tous les océans. Ils permettent à la France d’être la deuxième puissance maritime mondiale. 1,4 millions de kilomètres carrés reviennent directement à la Nouvelle-Calédonie. Perdre ce territoire d'Outre-Mer pour la France, ce serait faire une croix sur sa présence et son influence dans toute la zone du Pacifique Sud. La Nouvelle Calédonie, c'est aussi de nombreuses ressources minérales, comme le nickel, dont l'économie calédonienne est le berceau mondial.

La crise aux Antilles

Entre mi-novembre et début décembre, la Guadeloupe et la Martinique ont été secouées par des contestations sociales et politiques. A l'origine: l'obligation vaccinale pour les pompiers et les médecins. Mais en réalité, la population manifestait sa colère face à une crise sociale et politique. Le ministre de l'Outre-Mer Sébastien Lecornu s'est rendu sur place, et fin novembre il a évoqué la question de l'autonomie de la Guadeloupe...

Les tensions entre l'Ukraine et la Russie

Depuis plusieurs semaines, les États-Unis, l'OTAN et de nombreux pays européens reprochent à Moscou de vouloir préparer une opération militaire en Ukraine. Actuellement, 175 000 soldats russes sont massés à la frontière entre la Russie et l'Ukraine, prêts à mener une possible invasion.

La situation dans la région est très tendue depuis l'annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée. Depuis plus de sept ans, l'est de l'Ukraine, la région du Donbass, est en proie à une guerre avec des séparatistes pro-russes, dont Moscou est largement considéré comme le parrain militaire. Une guerre qui a fait plus de 130 000 morts.

La Russie dément tout projet d'invasion, mais se dit obligée de procéder à des déploiements "préventifs" car Kiev fomenterait une reconquête du Donbass où vivent 600 000 citoyens ukrainiens, dotés ces dernières années d'un passeport russe. Pour Vladimir Poutine, qui a lancé un avertissement à ceux qui franchiraient ses "lignes rouges", l'Otan menace sa sécurité en menant des exercices à la frontière ukrainienne et en mer Noire, ou en déployant des unités à l'intérieur même de l'Ukraine, ce que l'Alliance dément. Par ailleurs, Moscou veut une garantie que l'Ukraine ne rejoindra pas l'Otan, comme tant de pays de l'ex-bloc soviétique l'ont fait.

Et les réactions de la communauté internationale

Pour trouver une solution à cette escalade de violences, Joe Biden et Vladimir Poutine se sont entretenus virtuellement pendant deux heures. Mais à l'issue de la réunion, aucune solution n'a été trouvée. Washington a parlé des sanctions économiques et militaires que prendraient les Etats-Unis si la Russie envahissait l'Ukraine. Des sanctions comme, par exemple, couper la Russie de la messagerie "SWIFT", un système de paiement international utilisé par les banques du monde entier, ou encore utiliser le gazoduc Nord Stream, par lequel la Russie veut fournir l'Europe en gaz naturel, comme "levier".

A l'issue de l'entretien, Washington a parlé avec les dirigeants français, allemand, italien et britannique pour "les informer" de la conversation avec Vladimir Poutine, "et se consulter sur la marche à suivre". "Les cinq leaders ont réaffirmé leur détermination à œuvrer ensemble pour garantir la souveraineté de l'Ukraine et veiller à ce que sa stabilité et sécurité soient assurées", a indiqué l'Élysée dans un communiqué émis à la suite de l'échange avec Joe Biden.

L’Élysée a annoncé mardi 7 décembre qu'Emmanuel Macron s’entretiendra "dans les prochains jours" avec son homologue russe Vladimir Poutine. Il devrait également discuter avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

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