Kharkiv bombardée
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Kharkiv bombardée ©AFP
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Résumé

Cela fait 25 jours que la Russie a envahi l'Ukraine. Pour faire pression sur Vladimir Poutine, la communauté internationale lui a imposé des sanctions économiques drastiques. Mais cela ne semble pas l'arrêter...

avec :

Bertrand Badie (Politiste, spécialiste des relations internationales, professeur émérite des universités à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI)), Thomas Gomart (Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).), Jacques Rupnik (Historien, politologue, directeur de recherche émérite au CERI/Sciences Po), Marie Mendras (Politologue, chercheur au CNRS et au CERI).

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Jeudi 24 février, la Russie envahissait l'Ukraine pour la "dénazifier", selon les propos de Vladimir Poutine. 

Une condamnation de nombreux pays 

Ces derniers jours, les membres de l'OTAN et de l'UE n'ont cessé de se réunir pour faire pression sur Vladimir Poutine pour qu'il mette un terme à la guerre en Ukraine. Jamais les pays de l'UE et de l'OTAN n'avaient pris de telles décisions en si peu de temps. Des sanctions économiques contre des oligarques russes, l'interdiction d’accès des capitaux de la Russie aux marchés européens, l'exclusion de plusieurs banques du système de messagerie bancaire Swift, le gel des avoirs de la Banque centrale de la Russie dans l’UE ou encore la fermeture de l’espace aérien des Vingt-Sept aux avions russes, autant de sanctions parmi tant d'autres. L'Union Européenne s'est également mis d'accord sur une livraison d'armes militaires à hauteur d'un milliard d'euros à l'Ukraine. Une autre décision prise par les Occidentaux consiste à réduire les importations de gaz.

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Mais malgré l'inquiétude des Occidentaux et les milliers de morts, l'Ukraine combat seule l'envahisseur russe. Aujourd'hui elle ne peut que compter sur une aide militaire et matérielle. Pas de renforts humains. Face à une armée russe surpuissante, les militaires ukrainiens se battent héroïquement avec des moyens limités. Hier, l’armée russe a affirmé avoir tiré des missiles hypersoniques en Ukraine, un recours en combat qui semble être une première, en pleine course mondiale pour se doter de ces armes qualifiées d’"invincibles" par Vladimir Poutine.

La Cour Internationale de Justice a ordonné à Moscou de suspendre immédiatement ses opérations militaires. Une décision que le Kremlin a rejeté le lendemain. Le Kremlin a rappelé que les deux parties devaient être d’accord pour qu’une telle décision puisse être mise en œuvre et que ce n’était pas le cas. 

Les ministres des affaires étrangères du G7 ont prévenu que les auteurs de crimes de guerre perpétrés en Ukraine devraient "rendre des comptes", soulignant que la "collecte de preuves" était en cours. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a estimé jeudi que les attaques russes contre des civils en Ukraine constituaient des "crimes de guerre". Joe Biden qualifié Vladimir Poutine de "voyou" et de "dictateur sanguinaire" après l’avoir qualifié mercredi de "criminel de guerre".

La peur des pays voisins 

Après 25 jours de guerre, les pays voisins de la Russie s'inquiètent d'une propagation du conflit. La semaine dernière, une bombe a retenti à 50 kilomètres de la frontière polonaise. La peur de la guerre envahit les pays voisins de la Russie. Les états baltes sont les moins vulnérables. Ils font partie de l'OTAN, censé les protéger en cas d'attaque. Pourtant, nombreux sont les habitants à s'être rendus dans les armureries. En Moldavie et en Géorgie, des pays dirigés par des femmes pro-occidentales, mais où se trouvent des provinces séparatistes russes contrôlées par l'armée de Moscou, la peur est très forte. Au sein de l'Union européenne, la Suède et la Finlande, qui ne font pas partie de l'OTAN, se sentent également menacées. 

L'ambiguïté de la Chine 

Presque toute la communauté internationale semble condamner la guerre en Ukraine. Le président chinois lui laisse planer le doute. Le président américain Joe Biden a mis en garde vendredi Xi Jinping contre les "conséquences" pour la Chine d'une aide à la Russie, tandis que le président chinois a cultivé l'ambiguïté, se bornant à estimer que des conflits militaires n'étaient "dans l'intérêt de personne". Ce à quoi le président chinois a répondu : "la crise ukrainienne n'est pas quelque chose que nous souhaitions voir" arriver, selon des propos rapportés par la télévision chinoise alors que l'échange était encore en cours. La Chine appelle ainsi les Etats-Unis et l'Otan à avoir un "dialogue" avec la Russie sur les "préoccupations de sécurité" de Moscou comme de Kiev, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié à l'issue de l'échange. C'est là une thématique chère au président russe Vladimir Poutine, qui justifie l'invasion de l'Ukraine par la nécessité de protéger son pays contre les volontés selon lui expansionnistes de l'alliance militaire occidentale.

Ce même communiqué du ministère des Affaires étrangères chinois appelle aussi en termes vagues les "grands pays" à "se respecter les uns les autres". Et il met aussi en garde, de manière très générale, contre toute forme de "sanctions larges et sans distinction" qui pourraient "paralyser une économie mondiale déjà à la peine et causer des pertes irréparables."

Xi Jinping a également profité de l'appel pour lancer lui aussi une mise en garde à son homologue, en estimant qu'une "mauvaise gestion de la question de Taïwan aurait un impact négatif sur la relation bilatérale". Joe Biden a "répété que la politique des Etats-Unis concernant Taïwan n'avait pas changé", et "insisté sur le fait que les Etats-Unis continuent à s'opposer à tout changement unilatéral du statu quo". La Chine revendique l'île. Les Etats-Unis eux s'engagent à ne reconnaître qu'une seule Chine, tout en fournissant des armes à Taïwan pour son autodéfense.

Références

L'équipe

Patrick Cohen
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Anne-Claire Bazin
Collaboration