La réforme des retraites est-elle nécessaire ? Pourquoi suscite-t-elle autant de rejet chez les Français ?

Elisabeth Borne présente la réforme des retraites lors d'une conférence de presse le 10 janvier
Elisabeth Borne présente la réforme des retraites lors d'une conférence de presse le 10 janvier ©AFP - Bertrand GUAY
Elisabeth Borne présente la réforme des retraites lors d'une conférence de presse le 10 janvier ©AFP - Bertrand GUAY
Elisabeth Borne présente la réforme des retraites lors d'une conférence de presse le 10 janvier ©AFP - Bertrand GUAY
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Mardi 10 janvier, Elisabeth Borne a présenté la réforme des retraites. Une réforme qui, depuis des années, fait réagir aussi bien les politiques que les citoyens. La réforme des retraites est-elle juste et équilibrée ? Comment accepter de travailler plus quand le travail ne fait plus sens ?

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Augmenter la durée de vie au travail pour assurer l’équilibre du système, sans réduire les prestations, ni augmenter les cotisations. Voilà la façon dont la Première ministre Elisabeth Borne a présenté une réforme qui sera soumise au Parlement début février et à la colère de la rue dès la semaine prochaine, puisque tous les syndicats ont appelé à une première journée de mobilisation jeudi prochain.

Le projet de l’exécutif comporte un relèvement de l’âge légal minimum de 62 à 64 ans. Alors que le programme présidentiel prévoyait 65, avec un rythme de hausse plus rapide. L’âge légal serait ainsi porté à 63 ans et 3 mois à la fin du quinquennat actuel en 2027.

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A la même date, la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein atteindrait 43 ans. Durée votée dans le cadre de la loi Touraine de 2014, mais avec huit ans d’avance sur le calendrier initial.

Pour défendre ce qu’il qualifie de « projet de justice », le gouvernement met en avant les aménagements censés amoindrir l’effet du report de l’âge légal : le maintien à 67 ans de l’âge d’annulation de la décote, pour tous ceux qui ont une carrière incomplète. Le départ anticipé à 62 ans pour invalidité. La prise en compte des périodes de congé parental. Et la hausse de 100 € des pensions minimums, pour une carrière complète, soit environ 1200 € brut par mois.

Ceux qui ont commencé tôt pourraient partir plus tôt que les autres. Mais après avoir tout de même travaillé plus longtemps. Ainsi, la réforme devrait obliger tous ceux qui ont débuté avant 21 ans à travailler un ou deux ans de plus qu’aujourd’hui. Ce qui ne sera pas forcément le cas de ceux qui ont commencé plus tard.

Néanmoins, le gouvernement affirme que 40 % des assurés bénéficieront d’une anticipation de départ et d’une retraite avant 64 ans.

D’après les projections du gouvernement, cette réforme permettrait de maintenir à flot nos régimes de retraites en 2030, mais tout juste.

Les mesures paramétriques rapporteraient un peu moins de 18 milliards. Les mesures d’accompagnement coûteraient un peu moins de 5. Pour un déficit prévisionnel de 13 milliards et demi.

Thierry Pech, vous étiez de notre premier Esprit public sur cette réforme, émission diffusée le jour de Noël, au moment où le projet était de reculer l’âge légal de 65 ans.

Est-ce que cet adoucissement apparent change les données du problème ?

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