Découpe de cerveau d'un(e) anonyme - © Michel Sapanet
Découpe de cerveau d'un(e) anonyme - © Michel Sapanet
Découpe de cerveau d'un(e) anonyme - © Michel Sapanet
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Résumé

Le corps sans vie d'un cadavre n'est ni vraiment objet ni vraiment sujet. Froid, lourd, en décomposition, il est notre fin inéluctable et naturelle et pourtant la vue d'un corps mort inquiète et dégoûte. Que se passe-t-il après la mort pour un cadavre ?

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Une Expérience signée Tony Hayère et Gilles Mardirossian

Michel, d'abord, raconte sa première rencontre avec la mort. A la montagne, alors qu'il était enfant au collège, il tombe sur un cadavre d'animal dans la neige boueuse. Une scène naturelle et pourtant marquante, notamment sensoriellement. On dit souvent que l'odeur de la mort marque tant que les personnes qui croisent un cadavre au cours de leur vie n'arrivent pas à s'en débarrasser. Michel rappelle l'analogie entre la décomposition des protéines du corps, qui entraîne des fermentations dites butiriques, et la fermentation du lait, qui donne simplement l'odeur aux fromages.

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Un mélange de sentiments un peu bizarre me parcourt entre la vue de ces poils gluants dont sortent quelques os et ces odeurs. On dirait comme du beurre qu'on aurait oublié dans la frigo, ou certains fromages. [...] C'est pas quelque chose de violent, c'est la nature. Comme les petits oiseaux morts de froid sur la neige ou d'autres choses comme ça. Il n'y a que les hommes pour penser qu'on y échappe. - Michel Sapanet

En médecine légale, il y a deux moments. Celui de l'action, et l'après. En réalité, dans l'action, au moment de l'autopsie, la volonté de trouver la vérité occulte tout le reste et permet de découper le cadavre en plein de morceaux sans souci. C'est l'après qui peut être plus compliqué : chaque autopsie, chaque corps, laisse des images, des odeurs, des goûts, des ambiances.

La mort est-elle un état, un instant, ou un processus, un passage lent du vivant au néant ? Interrogé par Tony Hayère, Michel répond à cette question.

Qu'est-ce que la mort ? Un moment, un instant, un temps, un état. Ou est-ce que c'est tout à la fois ? C'est vraisemblablement tout à la fois. [...] Du point de vue technique, la mort est un processus qui, s'il ne vous détruit pas instantanément, prend un peu de temps. - Maxime Bouriat

Tony Hayère assiste ensuite à une autopsie dans une salle d'autopsie, en compagnie de Margaux, Maxime, Michel et Gilles. Après l'inquiétude et la peur de l'inconnu, la curiosité scientifique prend le dessus pour Tony et la dissection devient découverte, apprentissage, analyse. Pour l'autopsie, le corps a été manipulé et décomposé, il devient un objet d'analyse médicale. Chantal et Hanitra décrivent la façon dont il est ensuite refermé, restauré et protégé pour que la famille puisse revoir le corps. Un rappel, encore une fois, de la dualité objet-sujet du corps mort.

Pour aller plus loin

Générique de Tony Hayère

Avec : Michel Sapanet, Margaux Vacheret, Maxime Bouriat, Chantal Vansteen et Hanitra Randrianarimanana. 

Mixage : Régis Nicolas

Réalisation : Gilles Mardirossian

Une création sonore de Tony Hayère et Gilles Mardirossian

Remerciements

Merci à la société de chasse des Pâtureaux et au CHU de Poitiers.

Références

L'équipe

Aurélie Charon
Aurélie Charon
Aurélie Charon
Production
Aurélie Marsset
Collaboration
Gilles Mardirossian
Réalisation
Inès Dupeyron
Collaboration
Tony Hayère
Production déléguée